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15 décembre 2007 6 15 /12 /décembre /2007 10:34
seven-swords1.jpgSeven Swords est un wuxiapian du talentueux réalisateur Hong Kongais Tsui Hark, d'après un roman populaire en Chine du nom de 七剑下天山 "Qijian xia Tianshan" (les 7 épées du Mont Céleste) écrit dans les années 1970 par Liang Yu Sheng. Inspiré par Kurosawa et ses 7 samourais, le romancier a créé leurs pendants chinois : Les septs épées du Mont Céleste (parfois aussi appelé "swordmen" par les chinois... si l'on parle des personnages qui les portent). Mais à la place d'hommes, ce sont 7 armes qui tiennent lieu et place de héros. 

Redemption.jpgTsui Hark est un réalisateur aux nombreux box-office, à Hong Kong comme à l'International. Mais au début des années 2000, dans le monde du Wuxiapian, c'est Zhang Yimou qui impressionne l'Occident avec tout d'abord "Héro", puis l'année suivante avec "Le Secret des Poignards Volants". Tsui Hark c'est alors un peu laissé aller, se reposant sur des triad movies, d'autres succès, d'autres genres... 
Pour autant, Tsui Hark est alors lassé des wuxiapian aux multiples pirouettes dans les airs relevant plus du funambulisme, aux effets spéciaux qui enlèvent tout effort physique aux acteurs et rend l'image encore moins crédible. Et là, je ne peux que le comprendre!! Merci monsieur Tsui Hark...

Infini.jpgLe projet est grand, ambitieux, mais Tsui Hark est le grand réalisateur et producteur de la Film Workshop Company!! Il faudra des mois de tournages dans des conditions climatiques extrêmes, loin des studios, tout sera fait dans les décors naturellement magnifiques du Xingjiang (où se trouve la chaîne montagneuse des Tian Shan).
Tsui Hark voulait revenir aux vrais efforts physiques, alors il le fait...
Pour cela il s'entoure du mieux qu'il le peut, embauchant jusqu'à Liu Chia Liang ("la 36eme chambre de Shaolin", acteur et chorégraphe), Donnie Yen ("Hero"), Leon Lai ("Infernal Affairs III").
Pour les combats Liu Chia Liang dirige, associé de Wei Tung (chorégraphe de "Hero") et de Xiong Xinxin ("The Blade").

Résumé :
A l'aubre des années 1660, la Chine est dans une période de transition entre deux dynasties, la chute des Ming, l'avénement des Qing. Face au nouveau pouvoir d'origine Mandchou, les chinois restés fidèles aux Ming se révoltent. Pour se prévaloir d'un pays à feu et à sang, le nouvel empereur fait interdir l'enseignement et la pratique des arts martiaux.
Pour faire appliquer la loi et arrêter des contrevenants, un général particulièrement sanguinaire met à feu et à sang les villages de la frontière nord. Chaque tête d'homme ou femme vallant 300 pièces d'or, les hommes du général ne regardent pas l'innocence ou la culpabilité, ils tuent!
chim--re.jpgVivant dans cette région depuis des années, retiré du monde pour oublier ses mauvaises actions passées, le vieux Fu tente de les arrêter en volant les plaquettes funéraires des villageois exécutés. Blessé lors de sa fuite, il est recuilli et soigné au village suivant, jusqu'à ce qu'il soit identifié comme le voleur recherché par les hommes du général. Fiévreux et délirant, le vieillard ne parle de fuite et de Mont Céleste. La jeune femme qui le soigne et son géolier décident de venir en aide à celui qu'ils pensent être mourant. Partant pour le Mont Céleste, le vieux Fu veut absoluement y rencontrer Maître Ombre brillante (Shadow-Glow pour les anglicisants!!), forgeur d'épées de renom qui pourrait certainement venir en aide au village que le général s'apprête à attaquer...



Nimbe.jpgLe résultat donne un film soigné, léché, maitrisé et magnifique. Entre film de guerre et film de sabre, le réalisateur et scénariste a su faire le choix de montrer aussi la vie, la fuite, la peur, l'amour, et pas seulement des combats!
On peut aussi parfois sentir une influance de Zhang Yimou, un amour des couleurs opposées et tranchantes l'une sur l'autre. C'est le cas de la magnifique et pourtant sanglante introduction du film. Le village attaqué est alors en plein mariage, dont la couleur est le rouge vif, le sol y est noir, les murs y sont gris, le ciel est d'un blanc de plomb, les hommes et femmes en vêtements ternes, les attaquants en noir et le sang devient la seule couleur ressortant de cette tuerie sauvage, en association avec cette grosse lanterne rouge suspendue...
Plus loin la nature reprend ses droits, comme si dans ce village la barbarie l'avait dominée quelques instants.
Ce film présente non pas 7 héros, mais 8... Aux 7 épées, il ne faut pas oublier de rajouter la Nature, entre désert de poussière et montagne de neige et de glace, l'oeil du spectateur ne peut être que charmé par cette beauté sauvage. Les hommes deviennent alors des marionnettes...


Firmement.jpgPour autant les acteurs sont facinants et magnifiques. Donnie Yen (qui n'avait que le rôle du premier opposant de Jet Li dans Hero... 20 minutes de bonheur mais presqu'aucun dialogue!) nous plante un combattant sauvage, brusque, d'origine coréenne qui se prend d'affection pour la concubine du général sans pour autant totalement pouvoir la délivrer de sa servitude d'esclave. Leon Lai, toujours aussi charmeur, joue avec brio un guerrier vengeur qui sait pourtant garder la tête froide, malgré que la belle Charlie Yeung lui fasse tourner la tête dans son rôle amusant de femme libérée, douée aux arts martiaux mais se débattant un peu avec son sabre "Infini", le bien nommé. Liu Chia Liang est, malgré son grand âge (né en 1935!!), fascinant dans son rôle de vieux sage, n'ayant pas toujours fait le bien mais rongé par les remords. Reste Lu Yi, dans le rôle de Zhi Ban, ce villageois épris de la jeune institutrice Fang (Zhang Jingchu) mais pour autant attiré par l'aventure, ou encore Sun Honglei le général sanguinaire, malade, fou à lier et pourtant quelques fois touchant dans ses moments de délires. La belle Kim So-Yeon n'est pas la seule vraie touche de féminité du film, mais c'est une perle jade (le nom de on personnage est justement "perle de jade") perdue dans la poussière du désert du Xingjiang, c'est la féminité incarnée, le seul personnage si fragile de l'histoire, l'étrangère coréenne perdue en terre chinoise que tous délaissent, repoussent ou montrent du doigt. Elle devient ainsi une icone de la douleur et de l'innocence, sacrifiée par la barbarie des hommes.
C'est l'humanité de chacune de ces figures présentées, personne n'est totalement bon ou mauvais, chacun possède ses zones d'ombres et de lumières, qui rend ce film beau, touchant, magistral et envoutant. transcendance.jpg

La seule fausse note n'est pas pour Tsui Hark a proprement parler, mais pour son compositeur, Kenji Kawai (pourtant une pointure... ), qui ne peut que décevoir par sa musique en dessous du niveau imposé par le film. Si le réalisateur alterne de scènes de combat en scènes de vie quotidienne, peut-être longues pour certains mais tellement réalistes et apportant vie humaine à l'oeuvre, le compositeur nous livre une partition monocorde, déjà oubliée à peine le film est terminé. On a la malheureuse impression que la musique est absente du film, qu'on y perçoit uniquement le bruit tintant de l'acier contre l'acier, du vent soufflant sur les montagnes et de l'eau s'écoulant dans un ruisseau. Après il reste à savoir si le choix de Tsui Hark était de laisser à la nature le dessus jusqu'au bout... même dans la musique...

aff-seven-swords2.jpgCarte d'intentité du film :
Titre français : Seven Swords
Titre original : 七剑 (Qijian)
Réalisateur : Tsui Hark
Scénaristes : Tsui Hark, Cheung Chi-sing, Chun Tin-nam
Oeuvre originale de : Liang Yu Sheng
Acteurs : Liu Chia Liang, Donnie Yeng, Leon Lai, Charlie Young, Micheal Wong, Sun Honglei, Kim So-Yeon, Lu Yi, Zhang Jingchu...
Musique : Kenji Kawai
Année : 2005
Durée : 2h25
Pays de production : Hong Kong/Chine/Corée du Sud
Dvd français chez : Pathé (Juillet 2006)
Le pus : dvd avec le version mandarin (et pas cantonnaise!!).



Le trailer britannique... en anglais

Pour les curieux pas encore convaincus, You Tube propose des extraits du film, dont la scène du triple combat de Donnie Yen, Leon Lai et Sun Honglei... Je ne vous la propose pas ici car ce serait un trop gros "spoiler" à l'histoire (il s'agit du combat final).

Enfin, sachez qu'en 2004-2005, sortait aussi à la télévision chinoise une série nommée : 七剑下天山, inspirée directement du même livre, mais avec d'autres acteurs. De cette série qui a recueilli un large succès, les producteurs planchent actuellement à la mise en film, avec les acteurs de la série. Mais pendant ce temps, Tsui Hark planche aussi à une suite de son film... Cela nous promet certainement du beau spectacle à venir!

seven-swords-affiche-de-Benjamin.jpgIllustration pour l'affiche du film faite par Benjamin, manhuajia chinois de talent.

Bon film et Have Fun!!

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Published by Chen Jie - dans Cinéma chinois
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commentaires

julien 25/12/2007 18:29

Tsui Hark a comme tout le monde réalisé de gros nanards commerciaux mais même dedans, on y trouve sa patte dans quelques scènes. L'ennui c'est qu'il faut plusieurs visionnages pour s'en apercevoir et revoir un nanard... Tarantino a permis une plus grande médiatisation de ce réalisateur. Pour le reste, je t'approuve. Tarantino n'a aucun style et ce qu'il appele hommage, je l'appelle plagiat...

Chen Jie 25/12/2007 21:35

Je crois que j'ai assez peu de films de Tsui Hark chez moi, bien que j'en ai vu... Mais vu les prix en France des dvd, surtout des dvd de films asiatiques, je ne fais que louer (donc ne m'offre pas trop le plaisir de les voir et revoir... au delà de 6 heures de location le prix double!!). Je monte ma vidéothèque petit à petit... mais j'avoue que je n'ai pas évité quelques gros nanards... comme Swordman ou son horrible reproduction féministe : The East is Red... seulement produit par Tsui Hark... pauvre homme!!

Julien 18/12/2007 18:10

Tsui Hark sait exploiter le potentiel de chacun de ces acteurs. Ce film est un vrai modèle du genre. Ce n'est pas un hasard si Tarantino, l'un des plus populaires cinéastes Américains, présente Tsui Hark comme son maître. A suivre.

Chen Jie 18/12/2007 18:31

Il faut tout de même rendre à César ce qui est à César... il a aussi réalisé quelques gros nanards et produit encore bien d'autres nanards!!Et puis zut alors! Si Tarantino se référence sur Tsui hark... où va le monde?! Oui, désolée, je ne peux pas supporter Tarantino et ses films... J'ai lutté, mais je n'ai jamais pu tenir éveillée plus de 60 minutes... (le grand maximum...). Enfin, l'honneur est sauf tant qu'il ne se prétend pas l'élève d'Ô-Kitano-sama!!

D&D 16/12/2007 00:48

Bon ben moi, ça y est, je suis convaincu !
Entre l'idée, particulièrement attirante je trouve, de faire des épées et de la nature les héroïnes du film, la résistance aux facilités du numérique et... Tsui Hark, que je ne connais pas encore assez, précisément.
L'envie est bien transmise. Merci Chen Jie.
Très bon dimanche à toi & bisous !

Chen Jie 16/12/2007 11:44

Je l'ai loué par dépis (parce que je ne trouvais pas Shinobi!!) jeudi dernier... et je crois que déjà demain je vais aller me l'offrir. En plus la version collector est à 15€ chez une certaine grande enseigne des dvd, cd, livres... Je crois aussi que j'apprécie de plus en plus Leon Lai... il remonte dans mon estime depuis 1994 que j'ai fait sa "connaissance" via une amie hong kongaise. Il a une sacrée présence... L'une des rares présences qui vallent le coup de voir Infernal Affairs III par exemple!!

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