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24 janvier 2008 4 24 /01 /janvier /2008 08:30
Le poème qui suit est une oeuvre de Lin Pu (林逋), poète des débuts de la dynastie Song. Natif du Sud de la Chine, il passa sa vie en reclu, fuyant les honneurs et les gloires. Reconnu tout de même par l'empereur pour sa valeur littéraire, il accepta la pension que ce dernier lui offrit. 
Il est célèbre en Chine pour avoir vêcu sur l'île du lac de l'Ouest, à Hangzhou (pronvince du Zhejiang, au sud de Shanghai), magnifique lieu touristique réputé depuis plus de 1000 ans.
Bien que ne cherchant pas la reconnaissance éternelle des autres, on lui connait tout de même quelques 300 oeuvres, conservés par ses quelques amis. Son style est encore empreint de la même finesse que celles des auteurs de la dynastie Tang. On lui reconnait Jia Dao (賈島) et Yao He (姚合) des Tang comme maîtres spirituels. Tout comme eux, on nomme son style : poésie retenue (yinyi shifeng 隱逸詩風).


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山园小梅

林逋

众芳摇落独暄妍,
占尽风情向小园。
疏影横斜水清浅,
暗香浮动月黄昏。

霜禽欲下先偷眼,
粉蝶如知合断魂。
幸有微吟可相狎,
不须檀板共金樽。


Traduction de Madame Pénélope Bourgeois et relecture de Monsieur Max Kaltenmark pour l'édition d'"Anthologie de la Poésie Chinoise Classique", dirigée par Paul Demiéville.


Le petit prunier du Jardin de Montagne
de Lin Pu (Lin Pou)

Toutes les fleurs sont étiolées; lui seul, il resplendit,
Vainqueur de tout le petit monde du jardin.
Son ombre clairsemée zèbre une eau pure et peu profonde,
Son parfum flotte obscurément dans la soirée où se lève la lune.

L'oiseau aux ailes givrées, avant de se poser, le regarde à la dérobée;
Si le papillon poudré le savait, il serait jaloux.
Mais, par de subtiles chansons, l'oiseau sait faire sa coure :
Point n'a besoin de claquettes de santal ni de coupes d'or.



J'espère que ce petit intermède poétique vous aura plu. Le prunier, et sa fleur, est un puissant symbole dans la Chine Classique. Il représente, de par sa floraison primeur, le printemps renaissant qui, malgré les rrigueurs de l'hiver, réussit à percé la glace et recommencer le cycle de la vie. De part sa résistance au froid, au vent et à la neige, le prunier personnifie l'homme inflexible. Rouge, rose ou blanche, sa fleur, de par sa forme en étoile, est comparée à la craquelure de la glace sur le point de fondre...
Associé au pin et au bambou, le prunier chinois fait parti des trois amis de l'hiver. Par extention, sa fleur est souvent présente sur les cartes de voeux chinoises.
Avec la fleur de pêcher, il a aussi une certaine valeur érotique... L'un des romans lisencieux chinois les plus connus ne se nomme pas le "Jing Ping Mei" pour rien!! (Fleur de prunier en fiole d'or)

Si la littérature des Song vous interesse, je vous conseille ce site en anglais (allemand) et son article long mais particulièrement bien documenté.


Have Fun!!

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commentaires

vita 28/01/2008 20:09

toujours bcp de délicatesses ds ces poésies...comme une peinture...VITA

Mimisan 27/01/2008 02:05

Je trouve ce poème très joli.
Le prunier a les mêmes symboles au Japon (le sexuel aussi? je ne sais pas)
Bonne journée.

Quichottine 26/01/2008 16:14

Je trouve splendide ce que tu fais !

Illustration, poème en idéogrammes... la traduction qui vient apporter l'éclairage nécessaire... mais insuffisant s'il n'y avait pas ce qui précède.

merci, j'adore !

:0010: Bon samedi !

Chen Jie 26/01/2008 17:49

Merci ma Quichottinette :0010:bon week end et bonne soirée ^__-

Cali :0002: 26/01/2008 11:37

En découvrant ton poème, j'ai d'abord eu peur, je me suis dit, ça y est, j'en ai pour quelques années pour apprendre à le traduire ! ;-p
Mais ce petit texte (traduit) est léger et bien sympathique.

Bon week-end Chen
Bisous :0010:

Chen Jie 26/01/2008 17:55

Quand je met un poème chinois, j'aime mettre la version originale avec la traduction... Parce que je ne supporte pas de voir tous ces bouquins de poésie chinoise sans version originale. Un poème classique peut avoir 36 interprétations, car les mots sont simples, la grammaire inexistante ou presque... On va dire sommairement et méchamment que le chinois classique c'est comme du "petit nègre", en fonction de qui le lit, on n'y comprend pas la même beauté des vers! C'est aussi pour ça que j'aime la poésie chinoise... elle laisse l'imaginaire jouer, chercher et reformuler comme il le souhaite, elle ne donne que les détails importants, que le rythme de la musique, les notes restent nôtres!

Maryjo 26/01/2008 08:21

Bonjour Chen jie, moi qui suis une randonneuse, donc amateur de nature ai trouvé ce poême très joli!
Bises et bon WE!

Chen Jie 26/01/2008 17:57

Merci et bon week end Maryjose :0010:

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