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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 10:40
Les Xiangshan, souvent mal traduites par les collines parfumées de Pékin, forment une partie du petit massif montagneux situé à l'Ouest et nommé Collines de l'Ouest (Xishan). Pendant des siècles, les Xiangshan formèrent une des résidences impériales. Les lieux sont célèbres et peu de chinois qui montent à la capitale repartent sans avoir escalader les flancs des Xiangshan.



De ce fait, partir à la découverte des lieux devient très vite une promenade expédition en période de forte affluence touristique. Hors quand vous êtes étudiant en Chine, bénéficiant des même dates de congés que tout 1 million 300 mille autres individus, vous n'avez guère le choix sur la visite de masse!
C'est ce qui m'arriva, un beau matin d'octobre 2005, après la décision avec une amie chinoise de partir une journée au parc des Xiangshan.


Pour s'y rendre :

L'aventure commença par trouver un bus qui nous conduise à bon port. Depuis le parc des Bambous Pourpres (Zizhugongyuan), non loin du ZOO, se trouvait justement un arrêt pour le bus 360, à destination des Xiangshan. Cependant, l'arrêt n'était pas le premier de la ligne et tous les bus passaient pleins au delà de la limite normalement autorisée!!
Une ligne "expresse" 360 existait aussi. Malheureusement ce jour-là, elle était prise d'assaut!
Mon amie Beryl et moi nous décidâmes pour le premier 360 omnibus qui passa :un vieux bus qui avait du voir l'invasion japonaise et dont le moteur à ratées du s'y reprendre à 3 fois pour nous amener à bon port... 2 yuan le voyage debout, pressés comme des sardines dans une boite trop petite mais sans l'huile!

Quelques 20 km plus loin et une heure après, finalement arrivées, heureuses d'être délivrées de notre boîte en fer, le billet d'entrée en poche, nous nous faufilâmes dans la foule histoire de se trouver un chemin vers le sommet des monts.

Le site des Xiangshan est vaste et vallonné. Le choix des activités n'est pas restreint, cela va de l'escalade des flancs de la montagne vers les pavillons du sommet à la visite des temples qui en ornent le piémont, en passant par une belle promenade au milieu des arbres qui couvrent les versants des collines.
Ayant déjà visité les temples lors d'une précédente visite, le choix de la longue et douloureuse montée fut rapidement fait par mon amie... par la voie la plus rapide mais la plus difficile!! Merci Beryl...


Histoire des lieux :
Dès l'époque Tang poètes et poèmes ventèrent la beauté de l'automne sur les collines à l'Ouest, mais c'est sous la dynastie Jin, vers 1186, que le premier temple bouddhiste vit le jour sur les versants de ces montagnes.
Il devint alors pour l'empereur Jin un lieu de villégiature occasionnelle, un havre de paix où venir retrouver le calme loin du palais.

Jusqu'à l'époque Qing, les Collines de l'Ouest restèrent connues mais un peu délaissées aux moines des temples. Il n'y avait que l'été, période chaude et lourde, où les nobles venaient chercher la fraîcheur de sa dense couverture végétale.

La pagode du Temple des Nuages Azurés vers 1900...

De 1745 à 1790, Qianlong, empereur de la dynastie Qing, va soudainement prodiguer tous ses soins aux lieux. Grand protecteur de la fois bouddhiste devant l'éternel (il devait avoir compris que la religion était certainement l'opium du peuple et qu'ainsi drogué il serait plus facile à manier... monsieur Mao!), en particulier du bouddhisme tantrique, il fait construire le temple des Nuages Azurés (ou nuages bleus), le monastère Zhao Miao (construit en style tibétain et détruit pendant la guerre de l'Opium par les troupes franco-britanniques...), la pagode de la longévité ou encore les nombreux pavillons et fontaines édifiés pour l'accueil de la villégiature impériale.

Malheureusement, en 1860 puis en 1900, les troupes occidentales ravagèrent les lieux en représailles contre l'Empire Chinois d'alors. Le temple des Nuages Azurés et la pagode de la longévité ont résistés à l'assaut, mais pas le magnifique monastère de style tibétain qui accueillait le Panchen Lama lors de ses visites au Fils du Ciel (dont l'une qui eut raison de la santé de la VI réincarnation du Saint Homme, ce qui provoqua la construction du temple-maison d'hote pour les suivants!). Seules quelques ruines aux murs rouges restent aujourd'hui aux pieds des montagnes...

Enfin, dernier hôte de marque à savourer sa villégiature sur les collines de l'Ouest, on peut apercevoir la villa Shuangqing du Président Mao, dans la partie Sud des 160 hectares d'espace que compte le parc.


Pourquoi les Collines parfumées :

Contrairement à toutes les inepties que l'on peut trouver sur internet ou dans les livres, les Xiangshan ne tirent pas leur nom des arbres fruitiers et des fleurs qui en couvrent les flancs mais de la forme géologique du massif.

Bien qu'on y croise surtout des pins, des érables et des Ginko aux feuilles dorées et que les lieux soient renommés pour leur odeur envoûtante au printemps (et les couleurs de l'automne), l'étymologie vient des sommets dont la forme évoque celle d'un brûle encens, appelé brûle parfum en chinois (l'encens est un "parfum" pour les chinois, et autrefois servait de parfum d'ambiance dans les palais impériaux... l'encens était ainsi pour les dieux... et l'empereur, fils du Ciel et dieu vivant).


Gravir la colline :
Des quelques pics qui constituent des Xiangshan, le mont Xianglu est le plus haut. Il culmine à 557 mètres et comptez quelques 3000 marches pour y accéder, si vous prenez la voie la plus simple (mais la plus longue selon Beryl...).
La voie la plus rapide se constitue de quelques marches et de nombreux passages sauvages au milieu des arbres sur un sol pentu... Montée essouflante garantie, surtout sous la chaleur des mois d'été!
Pour les moins sportifs, le téléphérique vous offre contre 40 Yuan par personne (aller!) la vue et le calme. Comptez tout de même une longue file d'attente pour pouvoir le prendre!!

Le long des flancs quelques pavillons ont été semés ici et là, offrant souvent l'occasion d'une halte bien méritée aux aventuriers qui s'essaient à l'escalade. Mais la vue au sommet n'en ait que plus mérité quand on arrive. Au et à mesure que les arbres se claire-sèment et que les rochers se font plus impressionnants, le vent vient aussi souffler plus fort à vos oreilles.

Si l'escalade est fatiguante et arrassante encore en octobre, prévoyez un pull pour le sommet où les courants d'air vous aideraient à très vite découvrir ce qu'est avoir la tourista!!


Le sommet :
Aujourd'hui le sommet est surtout noir de monde, fouetté par le vent, la poussière et quelques rares plantes restent encore aux pieds des touristes peu scrupuleux de protéger la nature... Quelques petits pavillons et une galerie couverte de style traditionnel à la peinture délavée et écaillée par les éléments naturels, le bois et le ciment s'effritant, sont parsemés ici et là pour  assurer un peu d'ombre sous le soleil encore très chaud du début octobre.

Pour Beryl et moi, les lieux furent l'occasion d'une petite pause déjeuner, à l'ombre des galeries couvertes et des pavillons. Sandwich chinois maison avalé, la vue pouvait enfin être appréciée pleinement.


Le versant occidental des collines donne une vue sur le massif montagneux qui se prolonge encore à l'Ouest, magnifique pour ses couleurs en automne, mais guère photogénique en dehors de la très courte période des feuilles rouges!
Le versant oriental quant à lui offre une vue plongeante sur l'agglomération tentaculaire de Pékin, le Palais d'été, le Parc des 8 sites, les toits du temple des Nuages Azurés ou très au loin la tour de CCTV... Malheureusement, la pollution des villes modernes et la lumière du soleil faisant mauvais ménage, les photos sont rarement très parlantes!


Le Retour :
Descendre, c'est toujours plus simple que de monter! Mais ce jour-là, épuisée de ma douloureuse montée, je réussis à convaincre Beryl de descendre par le téléphérique... Victoire!
Pour descendre, la queue est bien moins longue que pour monter et ne découragea pas mon amie chinoise. Contre 80 Yuan (8 euros tout de même), nous retrouvions donc le chemin du point de départ, puis nous dirigeâmes vers la sortie et les bus...

Le voyage retour fut tout aussi sportif que le reste de la journée. Commençons par la file d'attente...
Des années de rééducation à la communiste ont fait du peuple chinois le peuple des files d'attente. Sagement (ou pas toujours) ils attendent pendant des heures pour tout et n'importe quoi.
Pour le bus c'est quelques fois pareil. Comme dans un parc d'attraction, des rambardes forment un long serpentin pour l'attente.
Ce soir là, il fallut laisser passer 3 bus avant d'avoir enfin une place... assise!! Victoire!
Après avoir couru et battu des coude, j'étais finalement convaincue qu'il n'y avait pas que les latins et les coréens qui avaient le sang chaud!
Par chance, ce voyage se fit en bus express pour le même prix que l'aller, avec un véhicule flambant neuf et cette fois assez grand pour ne pas être compressé. Quelle joie les transports en commun!!

La journée et l'expédition se clôtura autour d'un bon barbecue coréen, mon premier depuis des décennies, qui fut rapidement englouti!!


Informations complémentaires :

Nom du site : Xiangshan Gongyuan / 香山公元 / Parc des Collines Parfumés / Xiangshan Park / Fragrant Hills Park
Prix de l'entrée : 5 Yuan
Prix du téléphérique : 40 Yuan (aller) - 60 Yuan (aller-retour)
Prix de l'entrée du Temple des Nuages Azurés : 10 Yuan (5 Yuan étudiants)
Horraires du Parc : 7h00 à 18h00
Horraires du Temple des Nuages Azurés : 8h00 à 17h00
Horraires du téléphérique : 8h30 à 17h00

Bus pour s'y rendre : 360 depuis le Zoo, 333 depuis le Palais d'Eté, 318 depuis Pingguoyuan (terminus de métro), 904 depuis Xizhimen (station de métro)...

Bonne visite et Have Fun!!

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Published by Chen Jie - dans Pékin
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commentaires

Phil 24/08/2008 14:49

La Chine est un pays fascinant !

Lunalithe 10/08/2008 18:23

Très bel article Chen Jie ^^ Les photos sont bien jolies et donnent envie mais alors ... il faut le mériter pour profiter de la vue; Toutes ces marches !!! Fiouh, courageuse va ! :0010:

Chen Jie 10/08/2008 18:35


J'ai pris le chemin où il y a le moins de marche... mais c'était pas mieux, c'était de la terre battue en pente, glissante et poussièreuse... avec trois arbustes pour s'agriper et surtout se
griffer dessus!
Oui, faut mériter la vue!


syboule 08/08/2008 11:32

il y a une dame de ma cyber-base (dans le Béarn) qui est allée à Xiangshan... elle est revenue d'ailleurs de son séjours de chine enchanté ..
c'est surement un beau pays la chine !!!
bon week-end

Chen Jie 08/08/2008 12:07


Attention, il existe aussi plusieurs régions de Chine nommées Xiangshan...  dans l'Anhui, au Guangxi et au Zhejiang!


Jim 06/08/2008 21:20

Wow, tout un périple alors ^^
Merci de nous avoir emporté dans ton sac à dos, on était un peu serré à côté des sandwichs mais la vue est imprenable grace à toi!

Chen Jie 06/08/2008 23:02


Ah, s'il y avait des sandwichs, c'était le sac de Beryl!! :0036:


Bidoullette 06/08/2008 19:26

Quel fabuleux récit!!!! Mille mercis, j'en ai appris des choses sur ces collines!!!!

Chen Jie 06/08/2008 23:03


Bonne soirée, après une telle promenade, tu as le droit d'aller faire un gros dodo!!


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