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1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 10:42

 Les légendes du thé:

 

 

 

Il y a bien longtemps, dans un pays lointain... Ainsi pourrait commencer l'histoire pluri-millénaires que tous les chinois autrefois connaissaient, celle légendaire de la découverte du thé.

 Soucieux de donner des dates, les historiens impériaux avaient arrêté celle de 2737 avant notre ère. A cette lointaine époque, l'empereur légendaire Shen Nong régnait sur la Chine. Admiré jusqu'à la dernière dynastie en date, il faisait partie des trois Augustes, trois sages ayant donné au peuple chinois HAN ce qui reste encore jusqu'à aujourd'hui l'essence même de leur culture traditionnelle.

 Shen Nong, appelé aussi le divin laboureur, était un des trois Augustes avec Fuxi, inventeur des trigrammes et de la divination, et enfin le célèbre Huangdi (empereur jaune), celui qui instaura les noms de famille et le culte aux ancêtres.

 La légende du thé raconte que, par un beau jour ensoleillé, après de longues heures à travailler la terre jaune de Chine et à en chasser des plantes toxiques, Shen Nong se mit à l'ombre d'un arbre pour y faire bouillir de l'eau, afin de se désaltérer.
Lorsqu'une brise légère se leva, quelques feuilles de l'arbre tombèrent dans l'eau impériale. Shen Nong vit alors l'eau se teinter et exalter un parfum qui le ravit. En goûtant le breuvage, il lui découvrit un arôme délicieux, des saveurs rafraîchissantes mais qui avait aussi la vertu d?aider à la désintoxication du corps.

 Le thé était né...

 

Les légendes indienne et japonaise:


Il existe une autre légende, plus liée à la doctrine Bouddhiste. Il s'agit de celle du Prince Dharma, ou Bodhi-Dharma, commune à l'Inde et au Japon.

Cette fois-ci, nous faisons un bon dans le temps vers le Vi ème siècle de notre ère. Le prince Dharma, indien, touché par la grâce, décide de quitter les siens et de partir prêcher vers l'Orient les préceptes du Bouddha.  Pour mener à bien sa mission, il fit le vœux de ne jamais dormir. A ce moment là de la légende, il existe une petite différence entre l'Inde et le Japon. Le pays d'origine du Prince supposant certainement que ne plus jamais dormir de sa vie est impossible, la barrière est mise à 9 ans, mais chez les japonais ou l'impossible d'existe pas, ils ne donnent pas de limites!

Et les japonais poursuivent ainsi l'histoire... Présumant de ses forces, le pauvre moine finit pas tomber de fatigue au bout de trois longues années sans sommeil. Epuisé, il sombre dans un profond sommeil, peuplé de rêve de femmes. A son réveil, accablé par sa faute, en colère contre sa propre faiblesse, il se coupe les paupières et les jette.

Lors que quelques années plus tard, il advint que ses pas le poussèrent à nouveau vers cette route d'alors, il remarqua que ses paupières avaient donné naissance à deux arbustes qu'il n'avait encore jamais vu. 

Vieux et fatigué, il s'arrêta là et passa son temps à méditer, le regard fixer sur les rochers, faisant encore le vœux d'y resté 9 ans (le chiffre neuf représente la perfection à l'état humain pour les bouddhiste, le 10 étant réservé au Divin). Quand au bout de quelques années il fut lassé de sa méditation, en colère il arracha des feuilles d'un des deux arbustes et les mâcha.

Il s'aperçut qu'elles avaient la propriété de chasser la fatigue et l'ennui, de tenir éveiller sans jamais faiblir. Alors, à côté ses deux théiers, il passant les années suivant en méditation constante sans plus jamais bouger. Mais Bodhi-Dharma y perdit l'usage de ses jambes, alors la Nature, impressionnée, laissa son visage se graver dans le rocher qui lui faisait face.

 
La version indienne, ne parle pas du miracle des paupières transformées en théier, mais raconte qu'alors qu'il allait succomber au sommeil, après trois ans de prêche et de voyage au grès des chemins en Chine, il cueillit au hasard les feuilles d'un arbuste sur le bord de sa route. Il les mâcha machinalement et en découvrit les vertus tonifiantes. Ces dernières firent immédiatement effet et chassèrent la fatigue et le sommeil, lui permettant de tenir éveillé les 6 dernières années restantes de son apostolat.

 
Quelle que soit la légende, le chemin passe toujours par l'empire du Milieu. Mais au de là des histoires traditionnelles, il semble qu'effectivement le thé, et son premier usage, soit bien issu de ce grand et vaste pays qu'est la Chine.
Ou plus exactement du Sud de la Chine, dans cette région chaude et humide commune au Nord de Viêt-Nam et au Yunnan. Quand on sait qu'il y a quelques 2000 ans le Viêt-Nam fut un royaume annexe de la dynastie Han, on se pose plus vraiment de question.

Mais les chinois d'ethnie Han (environ 90% de la population en Chine, originaires de la région située entre le Fleuve Jaune et le Chang Jiang) reconnaissent la découverte du Thé et de ses bienfaits comme étant celle d'un de leur grandiose empereur légendaire. Pourtant l'ironie du sort semble se jouer d'eux, puisque le Yunnan est une région bien au sud du berceau de la Chine Han, uniquement peuplée à l'origine de non-Han... Ceux qu'aujourd'hui on appelle si affectueusement les minorités ethniques...


L'Histoire vraie du thé:

Pourtant, c'est bien aux chinois que l'on doit la vulgarisation de cette boisson. Premièrement utilisée depuis les Han (206 avant JC-220 après JC) dans la pharmacopée pour ses vertus médicinales, c'est sous la Dynastie Tang (618-907) qu'elle devient véritablement une boisson de tous les jours.

Dans la médecine ancestrale, réduit en poudre et transformé en pâte, le thé servit d'abord en usages externes contre les rhumatismes. Pour l'usage interne, il était présenté comme une soupe purifiante, chassant poison et toxine. Les feuilles étaient alors séchées pour leur conservation, puis ramollies à la vapeur, elles étaient pressées en galette. Cette dernière était mise à cuire avec du riz, du lait, des épices et même des oignons.

Sous les Tang, dynastie chinoise bouddhiste par excellence, le thé devient alors un élément raffiné de la vie quotidienne. On voit la naissance des premières maisons de thé, et l'inspiration artistique suit le mouvement avec les peintres, potiers et poètes qui créent alors univers raffiné autour du thé.

C'est à cette époque que Lu Yu (723-804) écrit le classique des classiques sur le thé, le "Cha Jing", ou tout simplement le "Classique du thé". Cet ouvrage poétique, édité jusqu'à nos jours, décrit et codifie la nature du thé, son mode de préparation et de dégustation. L'auteur écrit à cet égard une phrase très bouddhiste : "On trouve dans le service du thé le même ordre et la même harmonie que ceux qui règnent en toute chose."
Pour faire plaisir à mes anciens professeurs, je dirais donc que l'art du thé est le microcosme dans le macrocosme, tout comme le jardin chinois... il est à l'image de l'univers dans lequel il baigne, mais en plus petit.

Mais comment consomme-t-on le thé à cette époque me demanderez-vous... Et bien il existe alors sous une forme qui ne sera certainement étrangère à certains, puisqu'elle existe toujours aujourd'hui. Le thé est compressé en briques, que l'on rôtit avant de les réduire en poudre et de les mêler à de l'eau bouillante. Certains ingrédients suivent, le sel, les épices, le beurre rance... Tout comme encore aujourd'hui traditionnellement au Tibet, au Qinghai, au Xinjiang, au Gansu et en Mongolie...



On lui connaît une autre évolution, plus tard, sous les Song (960-1279), lors qu'une seconde école de l'art du thé fait son apparition.  C'est la naissance de règles qui elles aussi perdurent encore aujourd'hui, en partie, mais en dehors de la Chine. C'est l'ancêtre du Cha No Yu japonais, la cérémonie du thé. Car l'époque Song, mère et protectrice des arts, exige toujours plus de finesse en toute chose, les thés consommés alors sont tous plus raffinés les uns que les autres. La cérémonie du thé devient un acte déterminant dans l'art du thé.

Les feuilles de thé sont séchées puis pulvérisées à la meule pour obtenir une poudre très fine, à laquelle on ajoute l'eau frémissante, puis l'ensemble battu avec un fouet de bambou, jusqu'à l'obtention d'une boisson mousseuse.

Mais dans le même temps, sous la demande populaire constante, un troisième type de thé fait son apparition, le thé en vrac. Plus facile à produire en grande quantité, il permet de satisfaire un plus grand nombre. La cérémonie du thé reste alors un rite réservé à la cour, pendant que le peuple consomme un thé compressé ou en vrac, bouilli et additionné de lait ou beurre...


Sous la dynastie Ming (1368-1644), un décret impérial met fin à la fabrication du thé compressé en Chine. C'est alors que la consommation du thé, semblable à la notre aujourd'hui, s'installe en Chine. Le thé n'est plus bouilli mais servit dans un récipient où il infuse. On voit donc apparaître la théière, les tasses et les premiers services en porcelaine. La bouilloire remplace la bouteille à thé d'époque Tang, et le thé se démocratise au point de toucher toutes les couches sociales. C'est un nouvel essor économique pour le thé, entre autre avec l'exportation (en place depuis le Xe siècle sur l'Asie et dès le XVII vers l'Europe).



Le premier thé arrivé en Europe est assuré à Amsterdam en 1606, puis que c'est la première cargaison de thé connue et enregistrée dans un port occidental par la Compagnie des Indes Orientales. Avant cette date, le thé pouvait arrivé en Europe, mais par des voies plus complexes comme la Route de la Soie et les ports du Moyen Orient.
A cette date, la Compagnie des Indes Orientale, compagnie hollandaise, entretient de régulières relations avec l'Extrême-Orient, et conservera pendant les 60 premières années le monopole du négoce du thé. Après quoi, il passera aux mains de la toute jeune
East India Company des anglais.

 Le thé voici comment est arrivé chez nous.

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Published by Chen Jie - dans Le Thé
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