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2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 20:57

La vieille muraille de Pékin... Vous connaissez tous forcément la muraille de Chine, mais nombreux ignorent qu'il existe encore quelques vestiges de la vieille muraille de la capitale impériale à Pékin.

A vrai dire, cette muraille est en très faible partie conservée, mais son tracé, sur le plan de la ville, reste intacte.
N'allez pas y cherché de pierre ou brique, la muraille de Pékin a été mise à terre dans les années 60 à 70 pour faire place au premier périphérique de la ville, aujourd'hui elle se trouve sous le bitume et les voitures!
Ainsi de nos jour, quelques stations du métro chinois et ceux de grandes avenues gardent les noms des portes qui pendant plus de 600 ans ont laissé passer le peuple chinois et les caravanes de dromadaires.

Avant de parler de ce qu'il reste, parlons directement de ce qu'elle fut. Pour le moins qu'on puisse dire, le mur était haut, assez large et donc forcément imposant. Mais il ne s'agissait pas d'un seul mur. La muraille de Pékin était en deux parties, la muraille de la ville Tartare et la muraille de la ville sud.

 La première, dont tracé suivit encore aujourd'hui par la ligne de métro circulaire, ceinturait la ville et était réservée aux nobles et surtout aux membres de la famille impériale. Elle contenait la Cité Interdite, les parcs adjacents comme Beihai et Zhongnanhai, Houhai, Jingshan... et les locaux utiles à l'administration. On l'appelait aussi la cité administrative ou encore ,comme la dernière dynastie (Qing  de 1644 à 1912) était mandchoue (anti-chinois d'ethnie Han), "Ville Tartare" ou "Cité Mandchoue" par les européens.

La seconde muraille était petite, elle ceinturait le reste de la ville, avant son expansion hors les murs, au Sud de la ville Tartare.


L'accès entre les deux cités, chinoise et mandchoue, se faisait par un ensemble massif de deux portes reliées par une muraille formant une garnison. Celle du sud avait pour nom Qianmen (前门) ou porte de devant, et sa sœur au Nord, plus massive, toute en brique, Zhengyangmen (正阳门 ).

 

Zhengyangmen.... et Qianmen, aussi appelées Cheng Lou (le fort) et Jian Lou (la flèche) pour leurs formes respectives.

En fait elles existent toujours et forme l'un des derniers vestiges de la muraille de Pékin encore en place. Elles sont en fait plus connue en Occident par le nom de Qianmen, nom de la station de métro passant sous leurs pieds. Elles se situent au Sud de la place Tian'anmen (qui bien entendu est une réalisation moderne, à l'époque impériale la zone située entre Zhengyangmen et Tian'anmen (la porte!) était construite de bâtiments administratifs entre autre).

 Qianmen en 2004 pour l'année de la France en Chine.

Commençons par la muraille de la ville Tartare, couvrant plus de superficie et percée de plus nombreuses portes. Si l'on compte le nombre de station au nom finissant par "men" sur la ligne n’1 (circulaire) du métro de Pékin on obtient quelques 12 portes, Qianmen comprise.
Mais voilà, certaines sont sans doute des fausses portes et de nos jours on ne trouve aucune photo les illustrant. Il s’agit de Fuxingmen
复兴门 (à l'Ouest de l'avenue Chang'an 西长安街) et son pendant Jianguomen 建国门 (à l'Est de l'avenue Chang'an 东长安街), on encore Hepingmen 和平门. L’explication est simple, ces passages ne devaient être que secondaires, je suppose, ou des ajouts de l’époque moderne...
La muraille d’époque Ming, puis celle d’époque Qing, ne comprenait que 11 portes, plus 5 dans la ville dite chinoise.

Pour vous simplifier la vie et la compréhension, je vous propose immédiatement de visualiser sur un plan où se trouvaient les portes.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous commencerons le périple depuis Qianmen et Zhengyangmen, deux portes en une.
Si nous suivons le sens des aiguilles d'une montre, nous avançons donc vers l'ouest et croisons l’avenue Hepingmen. Je viens de le dire, la porte qui donna son nom à l'avenue est introuvable dans les vieilles photos, certainement un passage secondaire, mais le nom reste bien là. Pour les amateurs de canard laqué à la pékinoise, c’est ici qu’il faut venir. Et pour les amoureux de la peinture chinoise, la rue Luilichang
琉璃厂街 n’est pas bien loin derrière.

 

 
La porte suivante est Xuanwumen
宣武门, celle de la Proclamation de la Loi Martiale. C’est là qu’entraient les candidats reçus à l’examen national du mandarinat. Il nous reste quelques témoignages photographiques de son existence, mais pas une ruine.

 

 

 

 

<--- Ci-contre la porte de la proclamation de la loi martiale.

 

 

 

A l'ange entre l'axe ouest-est et nord-sud, à la jointure entre la muraille mandchoue et celle chinoise, il nous reste quelques photos d'un fortin connu sous le nom de Xibianmen 西便门. Cette porte fortifiée est toujours en partie présente aujourd'hui à Pékin, perdue au milieu des immeubles d’un quartier résidentiel, elle a malheureusement perdue son bastion fortifié comme on peut encore l’admirer sur son pendant de Dongbianmen.



Ci-dessous ce qu'il reste de Xibianmen...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette fois la muraille tourne et nous remontons le mur vers le Nord. La première ouverture à croiser notre route devrait être Fuxingmen, comme l'indique l'avenue et la station de métro à cet endroit, mais aucune trace de ce que fut la porte du Regain. Alors continuons jusqu'à la porte de l’Abondance, Fuchengmen 阜成门. Il nous en reste bien quelques photos, peu abondantes contrairement au nom du vieux passage, dont certaines avec les fameux chameaux de Bactriane qui donnèrent son surnom au héros du célèbre roman "le pousse-pousse" (oeuvre de Lao She, romancier Pékinois du 20eme siècle, petite critique sur ce blog). A Fuchengmen, ils venaient déposer le charbon des mines de Mentougou, en prévision des hivers pékinois rigoureux.

Ci-dessus et ci-contre : Fuchengmen.

 

Ci dessous : Xizhimen et les douves de la rivière Hucheng (ou bien les réservoirs...)

La porte suivante s'appelle Xizhimen 西直门, la porte Dressé à l’Ouest. Aujourd'hui il n'en reste rien, juste une des plus grandes gares de Pékin et un building moderne aux trois arches de verre visible de loin dans Pékin. Mais on trouve encore de vieux clichés de cette porte de la muraille, aux pieds de laquelle se trouvaient les citernes d’eau potable de toute la ville.


Le mur tourne vers le Nord-Est, en un pant coupé pour suivre les méandres du terrain, et rejoint Deshengmen 德胜门, la porte de la Victoire vertueuse. Celle-ci n'a pas donné son nom à une station de métro mais existe encore de nos jours. De par son nom poétique, nous savons qu’elle était, autrefois, le point de passage des armées qui partaient en campagne, avec sa sœur Andingmen 安定门, la porte de la stabilité. Deshengmen est toujours en place et, chose rare, dans sa totalité, comprenant toute la garnison et le mur fortifié qui encerclait la porte. Elle peut se visiter, mais aussi s’observer de loin de par sa taille imposante et la place qu'elle tient en plein milieu du carrefour.

Malheureusement, Andingmen n’a pas eu le même heureux sort que Deshengmen, elle a donné son nom à la station de métro la plus proche et fait place au périphérique.

Une personne attentive remarquera qu'il n'y a que deux portes au Nord de la ville, contre trois au Sud. Elle notera aussi que, entre Deshengmen et Andingmen, aucune des deux ne s'aligne dans un axe Nord-Sud parfait avec la Cité Interdite et Qianmen/Zhengyangmen.
Alors pourquoi?

Ci-contre et cidessus : Deshengmen autrefois et aujourd'hui.

Ci-dessous: une illustration de Andingmen en1860.



Mais parce que le Nord est une direction funeste dans l'architecture traditionnelle chinoise, selon un principe bien connu du Fengshui. Ainsi, pour éviter à l'empereur, situé dans l'axe Nord-Sud de la Cité, on ne perce aucune ouverture au Nord, les esprits malveillants ne pouvant donc pénétrer dans la ville.
Sur le même principe, une maison construite selon les règles Fengshui (enfin pouvant se permettre ce luxe surtout) dans la Chine ancienne n'avait au grand jamais de porte au nord. Malheureusement pour l'urbanisme, cela ne facilitait pas les choses, alors on tricha. De même pour les arts militaires. Ainsi, par nécessité, on perça deux portes dans la muraille nord de la ville, mais se gardant bien d'en faire une troisième dans l'axe de la Cité Impériale afin de protéger le fils du Ciel.
Il faut tout de même reconnaître que cela n'empêcha pas les Ming de perdre le "mandat céleste" et les Qing d'être renversés par la République chinoise...

 

 

Si nous reprenons notre visite, la muraille tourne vers le sud et se trouve à nouveau percée par la porte Dongzhimen 东直门, pendant oriental de Xizhimen, dont le nom veut littéralement dire la Porte Dressée à l’Est. Elle servait de dock, la rivière Hucheng détournée en douves passant à son pied, pour décharger les trains de bois qui remontaient en flottant depuis le sud de la Chine, via le Grand Canal.

Suit plus au Sud la porte face au Soleil Levant, Chaoyangmen 朝阳门, qui a donné aujourd'hui son nom au quartier où l’on recense le plus d’ ambassades à Pékin. Par ce passage, autrefois, passaient les convois de céréales qui alimentaient là cité.

L'ouverture suivante se trouve être une de celles sans témoin, seul reste le nom, porte de la Construction de l’Etat, donné à la station de métro et aux avenues du coin. Jianguomen devait être un passage secondaire, percé pour facilité l'accès à l'artère principale Est-Ouest de la ville, l'avenue Chang'an.
Ci-dessus : Chaoyangmen, la porte au soleil levant.

 

Et on peut le comprendre essaiment puisque, tout près de là, la tour de guet de Dongbianmen 东便门, pendant orientale de Xibianmen, se dressait face au pont enjambant la rivière Hucheng. Dongbianmen existe encore aujourd'hui, elle représente le dernier des vestiges cités dans ces lignes. Elle est ouverte aux visiteurs et se dresse de toute sa hauteur impressionnante au tournant Sud-Est du second périphérique de Pékin.

 

 

Dongbianmen autrefois, et le pont qui enjambait la Hucheng, et Dongbianmen aujourd'hui

 

 

 

Cette fois, la muraille tourne à nouveau et nous rejoignons l'axe sur lequel nous sommes partis. Mais avant de rejoindre Qianmen et Zhengyangmen, une dernière porte se dresse, Chongwenmen, la porte du respect des Lettres (dans le sens littéraire). Cette porte, avec Xuanwumen et Qianmen, formait le triple verrou de la Cité Tartare. Seuls entraient par ces portes les personnes mandatés par le pouvoir, en règle générale les militaires et les mandarins. Chongwenmen était aussi la porte des taxes. Les commerçants qui voulaient entrés dans la cité tartare devaient payer un droit de passage.
De nos jours, exactement en lieu et place de l’ancien quartier des légations étrangères dont il ne reste presque rien, ce quartier est devenu celui des affaire et un des plus chers du centre-ville de Pékin, avec ses hôtels et ses centres commerciaux luxueux. La porte, elle, n’a pas survêcue à la fièvre des années 60-70, et fait place à un large carrefour.
Pourtant, certainement après avoir réalisé que la muraille de Xi'an reconstruite attirait un nombre toujours croissant de visiteurs chaque année, la municipalité de Pékin a pris les devants. Faute de ne pouvoir reconstruire les vieux remparts de la capitale, ils se sont attelés à restaurer ce qu'il en reste et ouvrir un musée. Ce musée est aujourd'hui situé dans Dongbianmen et un tronçon de la muraille, débarrassé en 2002 des habitations qui s'y adossaient depuis plus de 20 ans, tente de subsister au milieu des immeubles de haut standing.

 

Mais de Chongwenmen 崇文门, il ne reste malheureusement que quelques vieilles photos. Le quartier à bien changé, aujourd'hui Maxim's de Paris et le Xinqiao Novotel se dressent face à son fantôme.

 

 

Cette fois-ci, nous voila revenue à notre point de départ. Il ne nous reste plus que la muraille de la cité chinoise. Malheureusement, il n'en reste aucun vestige. Seuls les noms de rues témoignent des bâtiments qui devaient s'élever là. Mais quelques photos permettent d'imaginer.

 


Au sud de la porte Xibianmen, on trouvait donc la Guang'anmen 广安门. En suivant la rivière Hucheng qui passe là, nous descendons pour tourner finalement à l'est.

 

Guang'anmen ->


Et You'anmen ci-dessous.

Le cours d'eau indique tout simplement le chemin. Non loin du Parc aux vues grandioses, pâle copie de carton pâte d'une demeure traditionnelle chinoise, on pouvait passer la porte You'an 右安门 (paix de droite).

 

 

 

Ci dessous : Yongdingmen.

En continuant notre route le long du canal, voici une autre ouverture annoncée, celle de Yongdingmen 永定门, jouxtant le temple du Ciel (天坛). 

 

 

 

 

 

 

 

Reste une troisième et dernière ouverture sur ce mur Sud, Zuo'anmen 左安门,, la porte de la paix de gauche, pendant de sa sœur You'anmen.

 

 

 

<---Zuo'anmen.

Vous noterez que, si l'on se place d’un point de vue extérieur à la ville, les portes zuo'anmen et you’anmen semblent avoir été inversées, puisque la paix de gauche est à droite et la paix de droite est à gauche. On comprend alors que la plan de la ville, et les noms choisis pour les portes, était tracé selon le regard de celui qui trônait au centre, l’empereur, le fils du Ciel.

En remontant la rivière vers le Nord-Est, nous croisons finalement la der des ders de toutes ces portes, dont il ne reste rien bien entendu, Guang’anmen 广安门.

 

Voici donc notre tour de la vieille muraille fini. Ceux qui oseraient dire qu’à Pékin il ne reste rien de la vieille ville auraient bien tord. Le passé de Pékin reste parfois plus présent dans ses habitants et dans les noms de ses quartiers, rues, ruelles, avenues que dans ses murs. C’est l’essence même de l’Asie : « rien ne dure, toute vie est vouée à la mort, alors acceptons le sort ».

Pour terminer cet article, je vous récapitule les derniers vestiges toujours visibles.

Qianmen et Zhengyangmen (
前门 / 正阳门), ouvertes tous les jours de 8h30 à 16h30.
Sud de la place Tian’anmen
(天安门) ou métro Qianmen.
Entrée 10
(yuan).

Le Parc des ruines de la muraille Ming
Métro Chongwenmen (
崇文门)
La vite se fait à toute heure en flânant pour les ruines extérieures.

La tour de guet de Dongbianmen (
东便门)
Métro Chongwenmen (
崇文门) puis continuer à pied vers l’Est sur l’avenue de Chongwenmen (崇文门东大街).
L’entrée vous coûtera 10
(yuan). La tour est ouverte aux visiteurs de 9h à 17h lors des expositions de la galerie Hongmen.

La porte de la Victoire Vertueuse ou Deshengmen (
德胜门)
Métro Jishuitan (
积水潭), puis à pied vers l’Est le long du périphérique ou en bus (station Deshengmen).
Entrée 10
(yuan).
Ouvert tous les jours de 8h30 à 16h30.

Voilà, la visite est terminée et le musée ferme ses portes !^^ La guide vous remercie pour vos commentaires à venir qu'elle espère nombreux .

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Published by Chen Jie - dans Pékin
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commentaires

Ayako de Lynx 03/02/2007 01:42

J'ai un reproche à faire à cet article. Il est un peu trop long et je ne suis plus concentrée là. Il est malgré tout très interessant... mais je pense que tu aurais du le couper, faire un article général et un article regroupant plusieurs portes, ça aurait grandement facilité la comprhénsion... (jdis pas que là c'est incompréhensible, mais juste que ça fait un amas d'info qu'on aura du mal à retenir) J'aime par contre beaucoup ta façon de nous faire la visite... dire ce que ça a été et dire ce que c'est maintenant, je me sens plus culturée....bravo pour ce magnifique article toutefois, merci de penser à nous culturer comme ça (et de ta faute jveux faire le tour de Pékin moiiiiiiiiiiiiiiii) énorme smouitch Ayako

Chen Jie 03/02/2007 09:53

ppfff... elle a déjà été coupé la muraille... si en plus il faut couper le texte!! Et puis évite le chtimi sur un site où des chinois viennent de temps en temps!^^ culturer... qu'est-ce qu'il faut pas entendre...
Et puis si tu retiens pas, tu reviendras lire demain à une heure plus décente, et tu prendras des notes! na! la guide l'exige!!

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