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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 17:00
/! Première publication : Vendredi 07 Octobre 2005.
Mise à jour le 09 Octobre 2005.
Revu le 13 Mars 2008.

Bonsoir,晚上好

Pour finir mes courtes vacances d'octobre (vacances nationales chinoises du 1er octobre), j'ai décidé de profiter de mon dernier vendredi sans cours et de sortir. Par chance le beau temps était au rendez-vous, fini le smog des jours précédents. Le seul bémol était le petit vent frais qui annonçait l'automne...
Mes pas, et surtout le bus, me portèrent au Musée des cloches anciennes de Pékin. Il se situe au nord-ouest de la Capitale, donc logiquement assez proche de ma fac, à peine 3-4 km (très peu de chose pour Pékin).

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En bus cela donne un trajet de 1 yuan et d'à peine 25 minutes sur une ligne rapide comme la 8 ou le 323 rapide ( et oui, il y a la 323 lente, avec plus d'arrêts!^^).

A l'aller j'ai pris un superbe bus à double étage de la ligne 8, avec un voisin de place qui trifouillait son tout nouveau portable (un des nouveaux sports nationaux chinois : le portable!! -__-' ), pendant que je me réfrigérais au vent de la fenêtre totalement ouverte à côté de lui. La ligne 8 a l'avantage d'avoir son terminus à...大钟寺Dazhongsi!
Arrivée, je me retrouve sur le parking des bus, terminus de la ligne, en plein centre du périph numéro 3, avec aucun passage piéton pour traverser en face. Pourquoi faire simple quand on peut faire chinois!

Enfin, grâce à mon sens de l'orientation et mon assez bonne mémoire des lieux (j'étais déjà venue 4 ans auparavant avec une amie), je trouve vite la direction, et au bout de 2 minutes grâce à un blanc dans la circulation, sans bus, sans voiture, sans cycliste, sans triporteur (miracle!!), je traverse et découvre le musée à 50 m.


Le musée :
Le musée des cloches anciennes a pris place dans un ancien temple désaffecté. Il n'y a donc plus de bonze ni de culte, mais l'architecture a été conservée, même si elle aurait bien besoin d'une restauration. Le temple se nommait... Dazhongsi!
En chinois les noms de temples se terminent souvent avec "si" à la fin... signifiant le temple (bouddhiste). Da et Zhong signifient respectivement grand(e) et cloche.

Dazhongsi était donc le temple de la Grande Cloche, abritant un monstre de bronze fondu sous le règne de Yongle. La cloche a perdue son ancienne fonction il a de nombreuses années et maintenant ne sert qu'occasionnellement pour des enregistrements surtout.
Mais le temple est devenu un musée, abritant une collection assez époustouflante de cloches de bronze et de fer, jusqu'à une réplique du fameux carillon de Zeng, pièce datant des royaumes combattants et trouvé dans la tombe du marquis de Zeng, petit seigneur visiblement très mélomane.

undefined Malheureusement... je suis mal arrivée cette fois. La semaine précédent ma visite se terminait, après trois mois,  une exposition sur l'art campanaire français... et donc cette fois-là le musée était un peu sans dessus-dessous, les cloches logeant dehors pour les plus grosses, et les salles en travaux. Cela ne m'a gêné en rien pour prendre tout de même une soixantaine de photos!

Il a de très beaux modèles, plus ou moins anciens. Le plus amusant est de découvrir que nombreuses de ses cloches sont originaires de la plus part des temples de Pékin, voir de Chine. Les originales sont ainsi en lieu sûr à Pékin, et il est probable que des copies soient en lieu et place pour d'occasionnelles utilisations.


undefined Petite Histoire du Temple :
Fondé sous Qianlong (dynastie Qing), vers 1733, il fut nommé dans un premier temps "Jueshengsi" (le temple du véritable Eveil). Mais en 1743 on y transferra la grosse cloche de Yongle (dynastie Ming), originalement au Temple de la Longévité (Wanshousi).


undefinedLa grosse cloche de Yongle :
Heureusement, le clou du spectacle, la grosse cloche de Yongle (dynastie Ming), fondue en 1406, était toujours dans son écrin.
Le dit écrin est un pavillon spécialement élevé pour la belle au Nord du Temple. Haut de 16 mètres, il est construit sur un plan carré au sol avec un toit circulaire. Ses quatres côtés sont percés d'ouvertures laissant passer la lumière mais difficilement les regards des visiteurs.

Pour déplacer ce monstre de 46,5 tonnes, sous le règne de Qianlong (si vous avez suivi) en 1743, on dut attendre l'hiver et le faire glisser sur l'eau gelée du canal. La cloche n'a pas bougée depuis ce temps, et il faudrait être fou pour y penser!

La bête, qui porte le doux nom de "Huayan zhong", mesure 7 m de haut pour 3,30m de diamètre.



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undefinedSon nom vient du fait que son corps couvert, intérieur et extérieur, de plus de 230 000 caractères chinois (plus quelques lettres sanskrites sur le haut et l'articulation qui la fixe aux montants en bois) évoquant le canon de l'école Huayan (courant bouddhiste du VIIeme siècle, opposé au tantrisme, très répandu en Chine et au Japon).

Ce canon enseigne que toute créature, que toute chose est une manifestation du principe cosmique (appelé Dharma dans la philosophie Bouddhiste). Ainsi le plus petit grain de poussière de notre univers contient tout la quintessence de l'esprit du Bouddha. La vérité transparaissant ainsi en tout lieu, tout moment et toute chose, il suffit d'observer les choses et les être pour saisir et s'imprégner de leur beauté, de leur essence.
Cette façon de voir le Dharma s'oppose à l'idée du bouddhisme tantrique (tibétain) qui use de pratiques magiques. Autant le dire, cette vision des choses et le courant Huayan furent très suivis en Chine, en Corée, au Japon, et leur vision du Cosmos inspirèrent beaucoup d'artistes. La peinture chinoise, qui se fait que retranscrire sur le papier ce qu'est la Nature, découle entre autre de ce courant bouddhiste.


undefined Lorsque la belle Huayan zhong sonnait tous les jours, on pouvait l'entendre à 50 Km à la ronde (il n'y avait certainement pas le bruit qu'il y a aujourd'hui dans Pékin!!). Bien sûr, aujourd'hui à défaut d'entendre la vraie cloche sonnée devant nous, on nous passe un enregistrement sur cassette, que l'on peut acheté.
15 yuan le CD, et il existe même le VCD (les chinois sont des fous de ce support introuvable en France en général) pour la voir en image...

Je vous avoue que j'ai déboursé les 15 yuan juste pour le plaisir, mais surtout 286 yuan pour le catalogue du Musée, un autre monstre édité par les éditions des langues étrangères de Pékin et qui monte tout de même à plus de 60 € en France, quand on le trouve... Bien sûr, à Pékin il était en anglais.
Heureuse de sa journée, la vendeuse m'a offert gracieusement l'accès au sommet du monstre qui en temps normal coûte 3 yuan à chaque visiteur.

undefined Les escaliers pour y accéder sont un peu casse-cou, en plus d'être faiblement éclairé par endroit (c'est à dire qu'ailleurs ils sont dans le noir...) ils ont un bon dénivelé, comme très souvent en Chine, entre chaque marche.

Le haut du bâtiment atteste du poids de la Cloche qui le fait souffrir depuis des siècles, mais aussi du climat et de l'absence de joint d'étanchéité aux "fenêtres" en papier! ^__^
En redescendant je fais attention a ne pas m'assommé aux poutres de soutènement de la cloche qui prennent une place terrible dans les marches... et je ressort.

undefined Vous remarquerez sur les photos, le haut de la cloche est couvert de pièces de monnaie car les chinois les jette dans l'espoir de taper sur l'anse en bronze, puis de faire tomber la pièce dans le trou central de la cloche... et ainsi de pouvoir faire un vœux qui se réalisera.
Personnellement j'ai gardé ma mitraille pour autre chose! Il n'y a pas de petites économies, surtout en Chine (les pièces de 1 Yuan et les billets sont très utiles pour prendre le bus).


Enfin la publicité du musée le place comme 6eme haut lieu touristique de Pékin.
Pourtant si je dois m'en tenir aux nombre de visiteurs croisés en cette période de vacances nationales, rien à voir avec le nombre qui se presse devant la Cité Interdite, le Palais d'été (Yiheyuan), les Xiangshan, le Temple du Ciel ou même devant Yonghegong (le temple des Lama).
Mais au contraire, ainsi le lieu est un endroit paisible et calme, même idéal pour venir lire si on aime pas les cloches!


De l'importance des cloches dans la Chine Ancienne :
Comme en Europe, les cloches rythmaient la vie. Principalement la vie diurne, mais certaines cloches concervées au musée atteste d'une recherche dans l'art de la fonderie pour obtenir certains spécimens au bruit grave et profond pour les sonner de nuit.
On trouvait des cloches monumentales comme celles de la Tour de la Cloche de Pékin pour la vie séculaire. Mais chaque temple, et surtout monastère, atant organisé comme un micro cosmos, possédait aussi sa tour de la cloche pour rythmer la vie des moines ou nones.

Si l'on remonte plus loin encore, on peut comprendre que la cloche avait une importance musicale. Il suffit de voir le nombre de cloches retrouvées dans les tombes de seigneurs datées de la période des Royaumes Combattants. L'exemple le plus flagrant est le magnifique carillon du marquis Yi de Zeng, voir le dossier de la Cité de la MusiqueCarillon du Marquis de Zeng.
Le musée abrite aussi un carillon de 16 cloches en or, venu de la Cité Interdite, datant du règne de Qianlong... Un pur joyaux!

Enfin, il me vient l'idée d'associer la cloche, au son bénéfique, au tambour (d'ailleurs de la tour du tambour on rythmait les veilles des nuits). Dans les deux cas ce sont des instruments bruyants. Hors en Chine le bruit est sencé faire peur aux mauvais esprits, aux fantomes, aux âmes errantes... Voici certainement l'autre raison de l'importance qu'attachait la Chine Ancienne aux cloches, leur son avait un effet purificateur.
D'ailleurs à cet effet le musée conserve une sublime collection de clochettes (ling en chinois) "vajra" en bronze, issu des objets litturgiques du bouddhisme tantrique.


undefinedInformations complémentaires :
Nom du musée : Dazhongsi
Adresse : Quartier Haidian, section Ouest du 3eme périphérique nord (au numéro 31)
Prix d'entrée : 10 Yuan pour la visite, 3 Yuan sur présentation de carte d'étudiant chinois.
Horraires de visite : 8h30 - 16h30

Pour s'y rendre :
Le bus est le plus simple, arrêt "Dazhongsi".
Les lignes : n°8, 300, 302, 367, 718...

Exemple : depuis Tian'anmen, prendre le métro jusqu'à Gongzhufen (ligne 1, direction Pingguoyuan), puis sortir et prendre le bus 300. Demander au contrôleur de vous indiquer l'arrêt "Dazhongsi".

Le métro de Pékin change d'année en année, il s'agrandit. Vous pouvez donc prendre maintenant la ligne 2 (circulaire) jusqu'à Xizhimen (dans l'angle Nord-Oue, c'est l'arrêt suivant!


Bonne visite et Have Fun!

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Published by Chen Jie - dans Pékin
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commentaires

Jim 19/03/2008 12:24

Coucou par là Chen Jie!
Je suis ravi de cette visite, merci à toi et à bientôt!

monique bluesy 15/03/2008 13:57

mon com n'a pas été enregistré je crois ! merci pour cet article très intéressant ! bonne journée

Chen Jie 15/03/2008 16:08

^__-

sugi la fourmiz 14/03/2008 14:38

intéressant comme toujours ^_^
Elle est impressionnante cette cloche
Bizzzzzzzzzzz
Sugi la fourmiz

Chen Jie 14/03/2008 23:04

Oui, la plus grosse du musée, qui pour autant en possède encore d'autres pas si petites!!

poteet/suffolk 13/03/2008 21:26

il était sympa cet article, vive les cloches lol....

Chen Jie 13/03/2008 21:30

Je cherche le temple des boulets, après celui des cloches ^__-

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