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Lundi 26 janvier 2009
Voici une petite nouveauté sur Paris-Beijing, un calendrier des fêtes traditionnelles chinoises ayant lie au cour de l'année qui commence aujourd'hui.

Les fêtes traditionnelles chinoises étant établies d'après le calendrier lunaire, elles ne sont pas fixes d'année en année sur notre calendrier grégorien.
Pour mieux vous y retrouver et peut-être faire coïncider un prochain voyage avec un évènement local, voici un calendrier valable uniquement pour 2009 :


Fête chinoise Date chinoise Date internationnale
Nouvel an Jour 1, Mois 1 26 Janvier 2009
Fête des lanternes Jour 15, Mois 1 9 Février 2009
Fête du Dragon Jour 5, Mois 5 28 Mai 2009
Fête du double sept Jour 7, Mois 7 26 Aout 2009
Fête des fantômes Jour 15, Mois 7 3 Septembre 2009
Fête de la Mi-automne Jour 15, Mois 8 8 Octobre 2009
Fête du double neuf Jour 9, Mois 9 26 Octobre 2009
Veille du Nouvel an Jour 30, Mois 12 13 Février 2010


En espérant que ce calendrier vous soit utile, je vous souhaite encore une excellente année du Boeuf à toutes et tous!



Bonheur, Richesse et Prospérité!
Par Chen Jie - Publié dans : Traditions Chinoises
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Lundi 24 novembre 2008
L'expression "lotus d'or" exprime depuis des siècles la barbarie des hommes sur leurs semblables, au moins pour celles et ceux qui connaissent la culture de l'Empire du Milieu.

Alors, peut-être vous demandez-vous ce que sont ces tristes mais célèbres lotus d'or...


La petite boutique des horreurs :
Entre fantasme érotique et vision d'horreur, il s'agit tout simplement des pieds des femmes chinoises.

Jusqu'au début du vingtième siècle existait en Chine une coutume : bander les pieds des fillettes (entre l'âge de 4 et 9 ans en général) pour qu'ils ne grandissent plus et prennent la forme allongée et bombée du bouton de la fleur de lotus.

Issue de la grandiose dynastie Song, historiquement reconnue pour la finesse des ses arts autant que pour son incapacité militaire (l'Empire Song fut repoussé du Nord de la Chine vers le Sud par les dynasties dites "barbares" des non-chinois comme les Liao et les Jin), cette tradition vit le jour avec le mouvement Néo-confucianiste qui privilégiait la suprêmacie mâle et l'infantilité permanente de la femme enfermée au gynécé.

Alors, quoi de mieux que d'enfermer les femmes en leur bandant les pieds pour qu'elles ne puissent plus faire preuve d'autant de liberté que durant la dynastie Tang!
L'époque Néo-confucianiste privilégia aussi les chroniques historiques des dynasties passées avec des portraits de femmes vertueuses (piété filiale ou serviabilité mises en avant) et des portraits des mauvais exemples ayant poussés les dynasties passées à perdre le contrat céleste (L'impératrice Wu Zetian des Tang par exemple).


Descendre aux Enfers pour le prestige de la Famille:

Sans entrer dans les détails (ceux qui en veulent pouront trouver des tas de rapports plus précis sur le sujet, à commencer par maître Van Gulik, docteur es-érotisme chinois), le bandage des pieds des petites et jeunes filles étaient une torture physique et morale.
Tout commençait par un "repliage" des 4 petits doigts de pieds sous le gros orteil, le tout retenu par un bandage serré. Puis une fois que ceux-ci prenaient leur place, on accentuait le galbe du pied avec un objet circulaire placé sous la plante du pied.

Mais plus jamais la jeune fille, puis la femme, ne pouvait ôter ses bandelettes, cachant ainsi l'horrible atrophie de son pied sous la forme si belle d'un bouton de lotus.


Selon de nombreux auteurs classiques, comme Zhu Xi (magistrat chinois du Sud de la Chine au 12eme siècle), la pratique de cette coutume était un moyen de répandre la culture chinoise et la séparation entre les hommes et les femmes... D'autres voyaient aussi dans cette pratique le meilleur moyen de préserver la chasteté des femmes.

De même, la taille du "lotus d'or" obtenu importait sur le destin futur de la jeune fille. Plus petits ses pieds étaient, plus grand serait la fortune de sa famille via le prestige de son mariage!

Ainsi une jeune fille aux pieds normaux (non-bandés) n'aurait pas trouvé "chaussure" à son pied.


La chance fut pour quelques ethnies non-chinoises comme les Hakka et les Mandchous qui ne virent jamais leurs femmes subirent de telles douleurs.

Chez les Hakka les femmes travaillaient dur aux champs, remplaçant souvent les hommes dans certains travaux. Alors que chez les Mandchous, les femmes pouvaient avoir un pouvoir important au sein de la famille.
Quand les Ming furent renversés par les Mandchous et que s'installa la dynastie étrangère des Qing sur le trône des fils du Ciel, les femmes Mandchous trouvèrent un moyen simple et moins contraignant pour avoir la même démarche chancelante et légère que les chinoises aux pieds bandés. Elles inventèrent une chaussure au talon central... Sans pour autant se priver de leur pouvoir et de leur liberté!

Chinoise vers 1900, détail d'une carte postale du Caporal Paoli.

Fantasme occidental :

Après être devenus le fantasme de tous les chinois, représentés sur toutes les gravures érotiques produites dans l'Empire du Milieu, les Lotur d'or arrivèrent en Europe via les bibliothèques des Libertins et commencèrent à faire rêver les occidantaux sur ces merveilleuses femmes chinoises.

Exemple même ce qu'était cette image pour les hommes blancs au début du 20eme siècle, les cartes postales du caporal Paoli représentent en grand nombre des femmes chinoises aux pieds bandés!


Un grand pas vers la liberté :

C'est dès 1902 qu'un édit impérial interdit la pratique barbare des pieds bandés.

Pourtant, encore ces dernières dix années, il était occasionnel de croiser une petite dame aux lotus d'or en Chine. Pas que toutes ces grands-mères soient centenaires, mais l'édit impérial ne sera réellement appliqué qu'en 1911. Puis le temps prenant toujours son temps... ce ne sont que les petites filles nées après les années 1920 et 1930 (comme Chao Ching Li, auteur du "Palanquin des Larmes") qui échapèrent à cette barbarie.


1949-1950 et l'avènement du président Mao apportèrent en supplément l'interdiction du mariage forcé pour les jeunes filles mineures.

Aujourd'hui encore, le mariage est même presque impossible en Chine pour les femmes de moins de 20 ans (22 pour les hommes). "Presque" car il existe toujours des exceptions qui passent à travers les mailles du filet entre autre dans les provinces et régions autonomes comme au Ningxia...<


Note :
On l'oublie, mais Taiwan faisait à l'époque partie de la "Chine". Cette coutume se trouve donc aussi avoir été mise en application sur l'ancienne Formose. La ville de Da Dau Cheng était d'ailleurs connu pour ses prostitués et femmes de compagnie toutes jeunes et aux pieds bandés. Elles auraient été immortalisées en 1920 par la revue "National Geographic"...


Sources :

-Rovert Van Gulik, La vie Sexuelle dans la Chine Ancienne, Gallimard.

-Wikipédia

-Deux roues dans l'Empire du Milieu

-Les pieds bandés des fillettes de Chine



Par Chen Jie - Publié dans : Traditions Chinoises
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Lundi 22 septembre 2008
Dans la tradition chinoise, il existe quelques fêtes estivales capitales qui malgré le temps et le communisme se produisent toujours au sein des familles. L'une d'elles est si célèbre en Asie qu'elle s'est aussi installée au Japon sous le nom de Tanabata, ou encore en Corée (Chilseok)... Il s'agit de la fête du double sept, Qiqiaojie 乞巧节.


Mais qu'est-ce dont?

Le septième jour du septième mois célèbre la date annuelle à laquelle la Voie Lactée réunie la constellation du bouvier et celle de la tisserande. Cette réunion, comme un pont d'étoiles entre les deux constellations, n'a lieu qu'une fois l'an, d'où son importance.

Il s'agit d'une fête très populaire à travers l'Asie, surtout parmis les enfants et les jeunes. Cette festivité est quelque fois comparée à la Saint-Valentin chinoise pour deux raisons. D'une part la légende à laquelle elle se ratache est celle d'une histoire d'amour, d'autre part traditionnellement les jeunes-filles montraient ce jour là leur compétence domestiques en vue de trouver un futur mari.


Une légende comme point de départ :

Tout vient de cette légende qui régit déjà quelques autres fêtes chinoises, dont le festival de la mi-automne, celle du Bouvier et de la Tisserande. Evoquée déjà dans le Shijing (le livre des Odes), ce classique de la littérature chinoise qui compile les plus anciens poèmes de la civilisation du Milieu, elle forme une des bases de la culture chinoise.

L'histoire commence ainsi :
Il y a très longtemps vivait sur Terre un pauvre bouvier solitaire, orphelin, chassé de chez lui par une belle-soeur sans coeur, qui cultivait sans relache son petit lopin de terre, avec pour unique compagnon un vieux buffle qui le comprennait et lui parlait comme un humain.
Très haut dans le ciel, la Tisserande, septième fille de l'Empereur Céleste, travaillait aussi sans relache à sa peine : tisser les nuages du ciel.
Un jour, les sept filles célestes descendirent sur terre se baigner dans la rivière, tout près de laquelle habitait le bouvier. Celui-ci en se rendant à son champs les vit s'ébattre dans l'eau et admira leur beauté. Il remarqua en particulier la plus jeunes des sept.
C'est alors que son buffle lui souffla l'idée de voler les vêtements des nymphes célestes. Le bouvier suivit son conseil et chaparda un des habits. Les sept soeurs l'ayant vu, elles sortirent de l'eau et s'habillèrent en âte. Seule resta dans l'eau la plus jeune, la Tisserande, celle dont le Bouvier avait pris le vêtement.
Le Bouvier lui proposa donc de lui rendre sa robe en échange de sa main. La Tisserande accepta et l'épousa.

Des années plus tard, mariés et parents de deux jeunes enfants, le bruit vola jusqu'aux oreilles de l'Empereur Céleste que sa plus jeune fille avait quitté sa tâche céleste pour vivre avec un humain. Furieux, il fit pour les séparer et faire voler en éclat cette union.
Enlevée à sa famille, la Tisserande rentra en larmes sous bonne garde au palais céleste.
De son côté, le Bouvier partit à sa recherche, emportant ses enfants dans deux paniers. Quand il arriva aux portes du Palais, de colère l'Empereur Céleste fit jaillir un fleuve impétueux dans le ciel, la Voie Lactée.
Depuis ce jour l'étoile de la Tisserande est continuellement séparée de celle du Bouvier par le passage de la Voie Lactée.

Mais devant la peine de sa fille et son refut de reprendre son travail céleste, l'Empereur du lui concéder un jour par an pour revoir son mari et ses enfants.


C'est pourquoi le 7eme soir du 7eme mois, les pies forment un pont aux deux amoureux pour leur permettre de se rejoindre. Autour de l'étoile du Bouvier, Altaïr,  on peut apercevoir deux autres plus petits astres scintillants, ce sont ses enfants qui attendent de revoir leur mère.


Cette histoire berce depuis des millénaires le coeur des chinois.
Depuis très longtemps, les pies sont considérées en Chine comme étant porte-bonheur (surtout quand on en voit deux, mais les pies sont toujours en couple), elles symbolisent aussi l'union fidèle, tout comme les canards.


Traditions chinoises de la fête :
Dans la fête des compétences, les jeunes filles devaient (surtout autrefois) montrer leur valeur en vue de se marier. Alors elles faisaient une offrande à la Tisserande, pour que leur vie future de couple soit aussi réussie que la sienne.

L'offrande consistait en fruits, fleurs, thé et poudre de riz que l'on disposait dans la cour de la maison en l'honneur de Niu Lang (le Bouvier) et Zhi Nu (la Tisserande). Puis la jeune fille de maison jetait la moitié de la poudre de riz sur le toit de sa maison et gardait l'autre partie pour son utilisation et celle des femmes de la maisonnée. Ainsi elles devenaient liées à la Tisserande par leur beauté.

De nos jours, la fête concerne surtout les jeunes amoureux. Comme à Noël, à la fête des lanternes ou encore à la Saint Valentin, les restaurants sont pris d'assaut, les chocolats font autant recette que les bouquets de roses rouges et tout le monde rêve d'une soirée en tête à tête.
Alors on fait un voeux à la Tisserande et au Bouvier, celui de trouver l'être aimé pour les célibataires, ou celui de rester éternellement avec la perle rare que l'on a déjà trouvé!


Traditions japonaises de Tanabata :
De l'autre côté de la mer, les japonais célèbrent aussi la même légende, mais de façon différente et à une date légèrement divergeante.

Tout d'abord, les japonais suivent scrupuleusement le calendrier international, ainsi Tanabata se trouve fêté le 7 Juillet ou le 7 Août de chaque année, sans date alléatoire comme les chinois.
Si vous lisez des manga, vous devez déjà savoir que ce jour-là japonaises et japonais de tout âge se vêtissent de leur plus beau Yukata (kimono d'été en coton), jouent avec des pétards et vont voir les feux d'artifices.

L'autre tradition consiste à accrocher des voeux écris sur des papiers (tanzaku) sur une branche de bambou pour que le Bouvier et la Tisserande les réalisent. Dans la nuit, ou le lendemain, on brûle la branche et les tanzaku pour qu'ils parviennent aux cieux.

Si vous avez lu Nana, vous savez aussi que malheureusement la fête de Tanabata tombe en pleine saison des typhons et tempêtes et se trouve souvent annulée ou reculée pour les soirées de feux d'artifices.


Dates des prochaines fêtes du double sept en Chine :
2008 - 7 Août
2009 - 26 Août
2010 - 16 Août
2011 - 6 Août
2012 - 23 Août


Les divers noms donnés à la fête :
La nuit des sept (七夕 qixi)
L'anniversaire de la septième soeur (
七姐誕 qijiedan)
La nuit des compétences (
巧夕 qiaoxi)
Le festival des compétences (
乞巧节 qiqiaojie) : nom le plus courant!


Articles liés :
Nana, le manga d'Ai Yazawa.
Ayashi No Ceres, ce manga de Yuu Watase reprend la légende de la robe de la Tisserande volée par le Bouvier pour en faire une tragédie familiale.

La fête des Lanternes
Le festival des fantômes
La fête de la Mi-automne


Have Fun!!

Par Chen Jie - Publié dans : Traditions Chinoises - Communauté : Culture chinoise
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Dimanche 21 septembre 2008
Comme tous les peuples, les chinois ont toujours craint les fantômes et autres revenants, les contes et récits fantastiques de la littérature classique chinoise sont peuplés de guhunyegui (孤魂野鬼 - "esprits orphelins et fantômes sauvages") et autres esprits malveillants n'hesitant pas à se venger de leur pauvre sort sur d'innocents vivants.

Se situant au milieu de ce bestiaire aussi bien fourni que son cousin japonais, voici venir le festival des fantômes, une date estivale qui depuis environ 2000 ans colore de lumière la 15eme nuit du 7eme mois lunaire.


Une fête principalement populaire :
Selon la pensée populaire, Diguan Dadi , Gouverneur terrestre, célèbre son anniversaire le 15eme jour du 7eme mois (ce qui tombe souvent entre aout et septembre selon le calendrier lunaire). Tous les ans, pour cette fête, il ouvre les portes des enfers et libère les fantômes des âmes en peine, retenues aux Enfers pour cause d'une mort violente ou d'une vie de mauvaises actions.
C'est pourquoi tout le monde dépose boisson et nourriture à l'attention des esprits, pour leur offrir réconfort et leur demander protection (surtout pour ne pas se faire attaquer), et banquette toute la nuit dans la joie et la bonne humeur.

Traditionnellement on pense que Yin et Yang, principes sombre et lumineux, mort et vivant, froid et chaud, s'associent pour former l'univers mais que trop de Yin et trop peu de Yang entraîne un déséquilibre néfaste au Monde. Hors les fantômes sont par essence Yin et les vivants sont Yang (avant d'être Yin si on est une femme...). Les recommandations de ce jour spécial sont de ne pas trop s'activer en extérieur et d'honorer proprement les esprits.

Pour cette raison, on connaît ce festival sous le nom de Guijie, ou littéralement fête des fantômes.


Les Origines :

Une fête bouddhiste :
Cette tradition est la sinisation de la fête bouddhiste d'Ullambana.
Le sûtra Ullambana est le nom du texte religieux bouddhiste donnant la solution pour "sauver ceux qui sont suspendus à l'envers", manière imagée de présenter les âmes en peine des défunts non-honorés.

Importée, cette célébration s'est installée sur le sol de l'Empire du Milieu relativement tard. On note une première influance dès l'époque des Han (début de notre ère), première vague du Bouddhisme sur la Chine.
Mais l'inscription définitive dans les traditions se fait il y a environ 1500 ans, à l'époque de la dynastie du sud Liang (époque dite des 6 dynasties : Song, Liang, Qi, Chen, Wei et Zhou) ou de la dynatie du nord Wei (selon des sources divergeantes, mais cela implique la même époque).

Une fête taoiste :

Dès cette époque, les anales de la dynastie des Wei du Nord attestent l'assimilation taoiste de la fête par l'utilisation du nom de Zhongyuanjie. Zhongyuanjie fait appel à la division traditionnelle du calendrier taoiste en trois périodes pour l'année.
La première période, 上元 shangyuan, est régie par le Gouverneur céleste (Tianguan 天官), la fête des lanternes en célèbre l'anniversaire. La seconde période, 中元 zhongyuan, est régie par le Gouverneur terrestre (Diguan 地官), célébré par Zhongyuanjie. Enfin, la troisième et dernière période, 下元 xiayuan, est régie par le Gouverneur des Eaux (Shuiguan 水官), sa fête se célèbre le 15eme jour du 10eme mois de l'année lunaire.

Parallèlement, les prêtres taoistes sont aussi connus depuis des centaines d'année en Chine pour être des pourfendeurs de démons, des exhorcistes en puissance. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que le seul moine de la série de trois films "Histoire de fantômes chinois" est taoiste...


Un banquet d'anniversaire :

Pour honorer le Gouverneur terrestre, autrement dit le Dieu des Enfers pour les taoistes, et les âmes errantes des défunts non-honorés pour les Bouddhistes, on dresse en ce jour des banquets.

Les banquets bouddhistes, yulanpenhui, sont uniquement végétariens selon la tradition bouddhiste et se déroulent exclusivement dans le cadre des temples et monastères.

Les banquets appelés pudu
se déroulent souvent à la faveur de la nuit et marquent l'association de deux des grandes religions de la Chine, taoistes et bouddhistes priants souvent de concert pour libérer les défunts.
Le sens même du nom de cette seconde cérémonie signifie "passage", illustrant l'acte de délivrance des fantômes, le changement d'impurs en purifiés.

De grands banquets  (ou grands pudu) ont lieu devant les temples généralement le 15eme soir du 7eme mois. Ils sont remarquables par le dépot d'une grande lanterne sur une longue perche de bambou sur le côté du temple qui signifie que les démons, fantômes et autres esprits errants sont invités à la fête. Plus la hampe est haute, plus le festin prévu est important...
Pour tenir en respect les esprits perturbateurs, on dispose un autel en papier et trois figurines de papiers représentant le Dieu du Sol, le Dieu des montagnes et enfin Zhong Kui le roi des fantômes, un esprit dont le visage est si laid qu'il effraie tous les esprits.
On place aussi des talismans pour protéger les convives humains, tels des épées, des miroirs ou des ombrelles, tous en papier.

De même pour honorer les invités fantômatiques, des tablettes de papier remplacent les tablettes ancestrales de ses créatures "sans-nom".
Il est courant que dans la tradition asiatique on puisse se délivrer d'un fantôme à partir du moment où l'on a pu trouver son nom, preuve ainsi que l'on se souvient de lui!

Le banquet se cloture avec la danse de Zhongkui, le pourfandeur de démons. Interprétée par un moine taoiste ou un acteur de troupe de théâtre, aucun humain n'y assiste pour sa sécurité car le but n'est ni plus ni moins de détruire tout esprit malin qui aurait la délicieuse idée de vouloir rester sur place!


Pour autant, en Chine la tradition accorde au 7eme mois d'être celui des fantômes. Rien n'empêche les habitants d'un quartier, les résidents d'un immeuble, les propriétaires d'un commerce de faire leur propre banquet tout au long du 7eme mois, avec le concours de moines, auquel les riverains sont conviés.

Les Pudu les plus réputés du monde chinois se trouvent à Taiwan, Hong Kong et Singapour.

Plats de cérémonie :
Qui parle de banquet pense immédiatement recettes et mets succulants. En Chine l'art de la table étant synonyme de "vivant", il va de soit qu'il accompagne toute cérémonie.
Pour célébrer les défunts on met la viande, en particulier le porc, à l'honneur. A la différence des banquets bouddhistes, aucune restriction n'est faite sur les plats servis aux convives. Au contraire, plus la viande est grasse, plus cela est bon signe.

Pour l'occasion, les éleveurs engraissent leurs porcs en prévision des grands pudu de Zhongyuanjie. Et au moment de présenter l'animal entier sur la table de banquet, roti et laqué, on oubliera point de lui placer une sucrerie dans le museau pour qu'il ne médise pas de son maître devant le Gouverneur terrestre (qui reste après tout le Dieu des Enfers!).

Un autre festival des lanternes :


Enfin, dans la région de Shanghai on dépose cette même nuit des lanternes en formes de lotus sur les eaux du fleuve Pu à la mémoire des noyés.
La tradition veut aussi que cette même nuit (nuit de pleine lune), on honore la mémoire du plus célèbre des poête chinois, Li Bai, qui se serait noyé un soir de pleine lune en voulant embrasser le reflet de la belle nocturne sur l'eau. Li Bai avait justement la réputation de copieusement abuser de l'état de l'ivresse pour écrire ses vers.

Certains font un rapport entre Shangyuanjie (la fête des lanternes) et Zhongyuanjie entre le fait que les lanternes de la première célébration sont suspendues, alors que celles de la seconde sont posées.

Dans d'autres régions du Monde chinois, notamment Taiwan, on brûle du papier monnaie pour honorer les ancètres, comme à la fête des Morts (Qingmingjie). Zhongyuanjie devient alors une fête de plus pour faire preuve de piété filiale, vertu primordiale pour la culture chinoise classique.


Superstitions?
Recommandations :
Ne pas célébrer de mariage le 7eme mois de l'année.
Ne pas déménager le 7eme mois de l'année.
Ne pas faire d'activités extérieures trop intenses le 7eme mois de l'année.
Ne pas fréquenter de lieux peu susceptibles d'être néfastes (lieux de morts violentes, prisons, abattoirs,...).

Ces recommandations traditionnelles du Zhongyuanjie feraient sourire celui qui n'a jamais vécu un été en Chine, en Corée ou au Japon, cela va de soit.
Mais qui connaît le climat exhuberrant de l'été asiatique, terriblement chaud et inconfortablement humide, comprendra qu'il peut en faire s'agir que d'une présence d'esprit! (sans humour volontaire)

Se retrouver tard le soir, à la fraicheur de la nuit, voila une chose qu'il est encore courante même à Pékin en été. Loin de penser forcément à célébrer les fantômes, les chinois se délacent de la chaleur quotidienne sur les trottoirs de leur quartier, une bière dans une main, une tranche de pastèque dans l'autre, discutant des faits divers avec les voisins ou les passants.



Dates des prochains festivals :
2008 - 15 Août
2009 - 3 Septembre
2010 - 24 Août
2011 - 14 Août
2012 - 31 Août


Lien externe : la fête d'O-Bon (ou Urabon) est la transition littérale de Ullambana au Pays du Soleil Levant et se tient aussi durant la période estivale, du 13 au 15 juillet. C'est une fête bouddhiste plus accès sur la piété filiale et la réunion de famille.


Have Fun!!

Par Chen Jie - Publié dans : Traditions Chinoises - Communauté : L'Empire du Milieu
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