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Mercredi 30 avril 2008
A l'Egypte ancienne sa mythique reine Hatchepsout, à la France Catherine de Médicis, à l'Angleterre Elizabeth 1ère et à la Chine l'oubliée Wu Zetian (武則天).
Quel pays n'a pas sa souveraine à l'histoire contestée et contestable?!


L'histoire officielle :

Wu Zetian (625-705) fut la première femme chinoise a prendre le pouvoir, bien avant les complots et l'écran de perle de Cixi.
Née sous la dynastie Tang, elle venait d'une famille aux origines humbles. Son père, à force de relations, évolua de simple maître d'oeuvre à Duc de la ville Taiyuan (actuellement capitale du Shanxi).

Cependant, quand la jeune fille de la famille Wu entra à la coure de Chang'an (capitale d'alors, actuelle Xi'an), la gloire familiale était trop neuve pour qu'elle puisse en bénéficié. Elle fut donc admise au gynécée de l'Empereur Taizong, entre l'âge de 12 à 14 ans, au rang le plus bas... Quand le vieillard s'éteignit, elle n'avait que 24 ans environ et le destin lui réservait le sort habituel des cocubines sans enfant : le monastère.

Par chance, ses charmes aguichèrent l'héritier qui la fit sortir du monastère et l'accueillit dans son gynécée en tant que 5eme dame du palais!
Ce rang élevé sera le premier pas vers le trône que Wu Zetian convoitait tant. L'enfant docile de l'époque Taizong énvolée, elle devint la femme la plus intrigante du palais et évinça à force de complots toutes ses rivales. Nourrit d'une ambition sans limite, elle ira jusqu'à provoquer la chute de l'Impératrice elle-même (en l'accusant du meutre de sa fille nouveau-née).
A partir de là, elle prend part au gouvernement de l'Empire, conseillant et soutenant le Fils du Ciel... Visionnaire, elle préconisera la baisse des impots, l'aide à l'agriculture et une certaine liberté d'expression. En même temps, elle est célèbre pour avoir favorisé plus que jamais le Bouddhime.

Mystérieusement quand l'empereur meurt, ses deux fils aînés étaient déjà hors compétition pour le trône, le troisième (un enfant) laissera quelques temps les coudées franches à l'Impératrice qui prit la régence.

L'histoire officielle continue en rapportant qu'elle ira jusqu'à enfermer ce troisième fils, pour laisser officiellement le trône à son jeune frère et gouverner l'Empire comme elle le désirait.
Elle prendra le nom officiel de Sainte mère et Empereur Divin, changera de place la capitale (passant de Chang'an à Luoyang plus à l'Est), et fonde une dynastie qui n'aura qu'un seul empereur (elle-même) : Les Zhou 周.

Quand elle meurt à 80 ans en laissant à ses fils un Empire retourné par sa politique de fin de règne et la rébellion de 704.


Le roman :

Seulement voila, cette histoire est la version officielle des annales Tang. Chacun sait que l'Empire du Milieu était un état régit par la loi paternaliste, écrasant le rôle de la femme au simple rang de reproductrice.

Si la curiosité vous guide pour découvrir une version qui fut certainement tout autre. Si la vie d'une femme sulfureuse historiquement vous passionne, je vous propose un livre dont les pages vous feront entrapercevoir un autre portrait que celui dressé par les historiens chinois.

Impératrice, c'est le titre du livre, mais ce fut surtout le titre postume que les chroniqueurs mirent 44 ans à se concerter pour enfin l'accorder à Wu Zetian.


L'auteur :

Shan sa
, jeune femme française d'origine chinoise, est auteur et poète. De nombreuses fois récompensée pour ses oeuvres littéraires écritent dans la langue de Molière ou celle de Confucius.
Impératrice est son 10 eme ouvrage publié en France et le 4eme ayant reçu un prix (Prix des lecteurs du Livre de Poche en 2005).


Résumé de l'éditeur :


Elle est née dans la fabuleuse dynastie Tang du VIIe siècle.
Elle a grandi au bord du Long Fleuve, où elle apprenait à dompter les chevaux.
Elle est entrée au gynécée impérial où vivaient dix mille concubines.
Elle a connu les meurtres, les complots, les trahisons.
Elle est devenue impératrice de Chine.
Elle a connu la guerre, la famine, l'épidémis.
Elle a porté la civilisation chinoise à son apogée.
Elle a vécu entourée de poétesses, de calligraphes, de philosophes.
Elle a régné sur le plus vaste empire sous le ciel, dans le plus beau palais du monde.
Elle est devenue l'Empereur-Sacré-Qui-Fait-Tourner-La-Roue-d'Or.

Son nom a été outragé, son histoire déformée, sa mémoire effacée. Les hommes se sont vengés d'une femme qui avait osé devenir empereur. Pour la première fois depuis treize siècles, elle ouvre les portes de sa Cité Interdite.


Carte d'identité du Roman :

Titre : Impératrice
Auteur : Shan Sa
Editeur : Albin Michel/ Le livre de poche
Année d'édition : 2005
Prix indicatif : 7,50€

Extrait du roman : Albin Michel


Bonne Lecture et Have Fun!

par Chen Jie publié dans : Romans et Récits communauté : L'Empire du Milieu
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Mardi 4 mars 2008
Il y a un an, à l'occasion de la journée Internationale de la Femme, je vous avais déjà parlé très birèvement de ce roman, petit joyaux rendu immortel à l'écran par la caméra de Zhang Yimou et le jeu de Gong Li.
Il s'agit bien entendu d'"Epouses et Concubines".

Résumé de l'éditeur :
Songlian a dix-neuf ans, elle est étudiante, elle est belle... Mais la ruine de sa famille l'oblige à devenir la quatrième épouse du riche Chen Zuoqian. Dans le huis clos de sa nouvelle vie, elle va découvrir la seule loi qui compte : celle de la séduction. Car la favorite de la nuit est la maîtresse de la maison. Jalousie, possession, haine, pouvoir : quatre femmes se livrent une lutte à mort pour le plaisir du maître, dans la Chine des années 20 encore féodale, incroyablement archaïque...

Mon résumé :
Songlian, jeune étudiante, voit sa vie changer le jour où pour complaire à sa famille, elle est obligée d'épouser le riche et vieux Chen Zuoqian. La pauvreté de sa position ne lui vaut alors que la place de 4ème épouse dans cette Chine d'un autre temps, encore si traditionnaliste. Et son nouveau quotidien ne devient que survivre dans un monde ou les femmes se battent pour règner sur la couche d'un seul homme.

La supprématie de la mère d'un fils, l'importance de la favorite des sens, la place inaltérable de la première épouse, tout cela présente la Chine d'avant le premier octobre 1949 sous l'oeil pur et pourtant tout la pudeur chinoise de Su Tong.

Court, on ne peut dire autrement des 125 pages que comporte ce petit livre. Mais comme on le sait tous, les meilleures choses sont les plus courtes. Comme tous les textes de Su Tong, l'histoire est sobre, parfaitement décrite dans son cadre historique respecté et le style facile de compréhension.
Seulement, derrière le masque de la sobriété, de la sincérité, tout chinois ne dit jamais totalement tout et le reste est laissé au lecteur, à sa culture personnelle, sa curiosité, son imagination...   Les descriptions ne forment des pages d'une longueur étouffante, absence aussi de toute métaphore philosophique. Su Tong c'est le peuple chinois dans sa nudité qui l'interesse, mais reste toujours le fard de la pudeur.

Ce livre se parcours comme une nouvelle, d'une traite, sans hésitation, à peine le temps pour une tasse de thé. Tout bon lecteur l'aura lu en une journée. Intrigué par la vie de Songlian, qui découvre en même temps que nous son nouveau milieu, le lecteur aura plaisir a retrouver la culture chinoise qu'il a certainement déjà découvert en ses pages ^__- .
Aussi simple soit-il à lire, il laisse pour autant une marque indélibile, une trace qui ne peut que faire méditer sur la place de la femme dans notre monde, la place qu'elle a eu, celle qu'elle a aujourd'hui, et celle de demain. Ce n'est pas un roman engagé, c'est un descriptif de ce qui fut, et peut-être de ce qui reste parfois...


L'auteur :
Su Tong(苏童), de son vrai nom Tong Zhonggui (童中贵), est un auteur chinois né en 1963 à Suzhou (Jiangsu, Nord-Ouest de Shanghai). Après des études littéraires à l'Ecole Normale de Pékin, il devient journaliste. Aujourd'hui il est rédacteur pour la revue Zhongshan et basé à Nanjing (Nankin, Sud de Shanghai).
Il est célèbre pour ces romans et récits, mettant souvent des héroïnes au centre d'un sujet historique, entre autre "Epouses et Concubines", "Visages Fardés", "Riz", "Fantômes de papier", "La maison des Pavots" ou "Je suis l'empereur de Chine".
-pouses-et-concubines1.jpg

Carte d'Identité du Livre :
Titre original : Qiqie Chengqun
Titre français : Epouses et Concubines
Auteur : Su Tong
Traductrices : Annie Au Yeung et Françoise Lemoine
Editeur :  Flammarion
Année d'édition en Chine : 1990
Année de traduction en France : 1992
Dernière publication : 2004
Nombre de pages : 125
Prix indicatif : 15€ en grand format (existe en poche)



Bonne lecture et Have Fun!
par Chen Jie publié dans : Romans et Récits communauté : L'Empire du Milieu
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Jeudi 21 février 2008
contes-taoistes.gifVous serez certainement d'accord avec moi si je vous dis qu'autrefois les anciens, d'Europe ou d'Asie, narraient les contes pour le bénéfice de tous lors des veillées collectives.
Aujourd'hui le conte se retrouve souvent relégué à la lecture enfantine s'il est merveilleux, et aux adultes s'il est philosophique. Voila bien une grave erreur vous dirait Laozi! 

Je présente donc un livre de contes pour grands et moins grands, pour esprits éclairés ou embrumés, pour ceux qui peuvent comprendre la  magie des mots. 
Contes des Sages Taoïstes est un charmant petit recueil de 250 pages de papier de luxe, délicatement ornées et décorées. Les contes que Pascal Fauliot nous rapporte du puits sans fond qu'est l'Histoire de Chine sont souvent très simples, à l'image du Tao qui est tout. Moralisatrices, ces saynètes sont autant de leçons de vie très justes et bordées de bon sens. 

Ces contes vont de quelques lignes à plusieurs dizaines de pages, se callant sur l'histoire de l'Empire du Milieu et vous emportant dans un voyage culturel et temporel. Empereur peu vertueux, fonctionnaire exemplaire, ministre véreux, aurige émérité, marchand avare ou vieil hermite, tous vous donnent exemples de leurs malheurs.

Comme l'éditeur nous l'indique en début et fin du volume, ce type de livre n'est pas pour être lu d'une traite du début à la fin comme un roman. C'est un compagnon de voyage sur la route du Tao (dao en chinois signifie la Voie...), la petite lumière des jours gris, un livre de chevet a ouvrir quand le besoin de réconfort ou de conseil se fait sentir.

Du même auteur, il me reste à explorer les Contes des Sages du Tibet.


Informations complémentaires :
Titre : Contes des Sages Taoïstes
Auteur : Pascal Fauliot
Collection : Contes du Monde dirigée par Henri Gougaud
Nombre de pages : 250 (couleurs!)
Année de publication : 2004
Editeur : Seuil
Prix indicatif : 16,50 €


Have Fun et bonne lecture ^__-
par Chen Jie publié dans : Romans et Récits communauté : L'Empire du Milieu
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Vendredi 18 janvier 2008
undefinedDans mes recherches pour identifier les monuments immortalisés dans certaines des cartes postales du Caporal  Jean-Baptiste Paoli, je furette sur le net, creuse et cherche.

C'est au hasard d'une de ces recherches (à propos de la Pagode des Supplices de Pékin...), que je suis tombée sur l'oeuvre d' Armand Lucy, "Lettres intimes sur la campagne de Chine en 1860".
Il s'agit d'une longue collection de lettres écrites par le fils de monsieur Lucy, en poste en Chine au sein de l'Etat-Major du général de Montauban. L'oeuvre, publiée à Marseilles en 1861, est aujourd'hui disponible sur Google Livres, totalement numérisée à partir d'un exemplaire issu de la bibliothèque de Havard (rien que ça!).

Vous en conviendrez, j'ai quelques cinquantes ans d'avance par rapport à mon petit caporal français, mais voici une oeuvre attypique dans les rayonnages des récits de voyage dont on nous rabat les oreilles ces dernières années en librairie.

Voici enfin la raison de mon arrivée sur les pages de ce livre, il existait en 1860 une pagode des supplices à TianJin.  Selon les dires du fils de monsieur Lucy, cette dernière était le seul intéret que l'on pouvait trouver à la ville, vide, plate, sans autre lieu mémorable que cette pagode.

Alors si une visite guidée de la Chine Impériale, en pleine révolte des Taiping, vous tente, je vous offre le billet aller direct : "Lettres intimes sur la Campagne de Chine en 1860".

Bonne Lecture, bon voyage et Have Fun

par Chen Jie publié dans : Romans et Récits communauté : BLOGS, en parler ...
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