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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 17:13

Dernier né de maître John Woo, voici un film épique et historique chinois sans précédent.


S'attaquer à cet énorme pavé qu'est le récit des "3 royaumes" est probablement le rêve et le cauchemar de tout cinéaste chinois. On ne peut trouver histoire plus populaire, pleine d'actions, rebondissements et intrigues dans toute la littérature classique asiatique. Pour autant l'oeuvre est colossale, le nombre de personnages y participants est à faire tourner la tête à tous les responsables de casting du monde, et la longueur de l'oeuvre en fait une scénarisation cinéma quasi impossible!

Mais il faut croire qu'impossible n'est pas John Woo! Car il l'a fait... après en avoir rêvé pendant 20 ans.
Bien entendu tout le monde en Chine, au Japon, à Hong Kong, l'attendait au tournant. Les mauvaises langues préparaient leurs sabres pour hacher menu le responsable de l'oeuvre littéraire estropiée. Les moins dubitatifs étaient curieux de voir.
Tous sont probablement restés scotchés sur leur siège. Et il y a de quoi!

 

1. Un film doublement historique:
Rien que le casting (interasiatique) peut vous en dire long, avec à l'affiche Tony Leung Chiu Wai (Lust Caution, Infernal Affairs, Happy Together, In the Mood for Love), Takeshi Kaneshiro (Les seigneurs de la guerre, the Returner, le secret des poignards volants, K-20, Perhaps Love, Turn left Turn right), Zhang Fengyi (Adieu Ma concubine, L'empereur et l'assassin), Chang Chen (Happy Together, Three Times, Eros), You Yong (Breaking news, Election 1), Shidou Nakamura (Death Note 1 et 2, Le maître d'armes, Lettres d'Iwo Jima) et tant d'autres moins connus en Europe!

"Les trois royaumes" marquent aussi le retour du fils prodigue à la maison. Depuis 1992, John Woo n'avait plus tourné en Chine ou à Hong Kong et s'était principalement consacré à Hollywood.
De plus pour l'histoire du cinéma chinois, ce projet extravagant en a fait le film le plus cher de tous les temps (chinois). Rien que 80 Millions de dollars (ça fait bien plus en yuan!) pour 8 mois de tournage et trois équipes simultanées.
A savoir, le précédent film ayant battu le record du film le plus cher de Chine n'était pas bien vieux, puisqu'il s'agit des "Seigneurs de la Guerre", tourné un an plus tôt avec Jet Li, Andy Lau et Takeshi Kaneshiro.

 3 royaumes2

2. Le choix scénaristique:
Vu l'épaisseur du roman, vous aurez compris que le film ne pouvait faire autrement que de couper "un peu" l'histoire originelle. Cela obligera donc le spectateur occidental à se pencher sur quelques bouquins d'Histoire pour connaître ne serait-ce que les bases. Mais pour les fainéants, regarder le film sans aucune notion de l'histoire d'origine est aussi possible... cela donnera juste un bon film d'action!

Le choix des scénaristes c'est donc porté sur un passage particulièrement fort du roman, une scène légendaire qui reste encore à ce jour très célèbre de tous les chinois : la bataille de Falaises rouges.
Tout lecteur des Trois Royaumes comprendra vite que John Woo a été intelligent et a choisi le meilleur morceau de l'oeuvre pour son adaptation au cinéma. La fresque épique littéraire se déroulant sur des années voir des décénies, il était d'autant moins facile de placer tout dans un seul film. Hors la bataille des Falaises Rouges est le point clé de l'histoire (et de l'Histoire chinoise), celle qui fit que les trois royaumes ne restèrent que... trois royaumes et qu'il n'y eut jamais de nouvelle dynastie qui en découla!

Pour ceux qui ignorent tout de l'Histoire des trois royaumes, Falaises Rouges (ou Falaise Rouge) est un site placé sur la rive sud du Changjiang (le dit fleuve bleu) jamais identifé avec certitude... Plusieurs sites le long du plus grand fleuve de Chine revandiquent le nom de "Falaise Rouge", mais les historiens se disputent encore. 

Ce site abritait à l'époque des trois royaumes le camp militaire du royaume de Shu. Face au pouvoir toujours grandissant de Cao Cao, général et ministre tout puissant de l'empire Han, seigneur auto-proclamé du Nord de l'Empire, Shu s'allia au royaume de Wu, ennemi de Cao Cao. Le seigneur du Nord, voyant là l'occasion rêvée d'écraser deux ennemis d'un seul coup, pris son armée pour poursuivre le roi de Wu jusqu'aux portes de Shu. Face à l'ambition et aux très nombreux hommes de Cao Cao se leva une armée divisée en deux camps liés par la nécessité de survivre et par le talent d'un incroyable stratège.
3 royaumes4

3. Art et Stratégie :
Si pour vous un film de guerre doit se résumer à des scènes de batailles infinies et à des giclées de sang humains... passez votre chemin! Ici vous allez découvrir que la vie peut être rude mais aussi douce. Qu'un guerrier n'est pas qu'une brute et que celui des deux qui ne savoure pas pleinement les beautés de la vie n'aurau au final aucune raison de gagner le combat. Ainsi un guerrier accompli peut aussi bien être un musicien talentieux et un homme de lettres.

C'est ce choix très asiatique de montrer toutes les facettes des personnages qui rend encore plus beau ce film, associé au jeu des cithares, au parfum du thé et la moiteur du climat du sud de la Chine.
Le jeu des acteurs n'est plus un jeu, on ne voit que plus que des personnages qui ont pris soudainement vie, comme les fantômes de ces héros historiques qui ressurgissent à la demande de maître Woo.

Des longueurs? Non, juste la langueur de la chaleur moîte des mois d'été dans le sud... L'appel de la brume du Changjiang pour faire un beau rêve.

Le seul bémol à ce film est le parti pris de présenter Cao Cao comme un homme détestable, corrompu et vil.
Hors le lecteur de l'oeuvre originale sait combien dès le départ le narrateur prend bien garde de ne pas nous faire détester Cao Cao, précisant même que chez Liu Bei comme Cao Cao il y a du bon comme du mauvais, car tous deux ont l'étoffe des héros dont on fait des empereurs, pourtant aucun ne verra son règne aboutir (Liu Bei étant roi de Shu).
Soit Cao Cao n'a pas la bonté d'âme de Liu Bei, il est très ambitieux, il a le caractère d'un tigre ayant mangé un dragon (tigre et dragon sont des ennemis mythiques en Chine), mais derrière c'est un homme qui s'associa à Liu Bei des décénies plus tôt pour renverser les usurpateurs du trône alors que l'empereur n'était qu'un enfant, qui fut un grand général victorieux de nombreuses fois, un homme de lettres et un seigneur juste pour les siens.
Hors le film le présente comme un être abjecte, pervers, collectionneur de femmes, au caractère changeant, imbu de lui-même, aucun respect pour les morts, aucun respect pour ses hommes... C'est offrir ici moins de profondeur au personnage (pour probablement le simplifier à l'écran!) et c'est un grand dommage.

3 royaumes5
Résumé officiel :
En 208 après J.-C., l'empereur Han Xiandi règne sur la Chine pourtant divisée en trois royaumes rivaux. L'ambitieux Premier ministre Cao Cao rêve de s'installer sur le trône d'un empire unifié, et se sert de Han Xiandi pour mener une guerre sans merci contre Shu, le royaume du sud-ouest dirigé par l'oncle de l'empereur, Liu Bei. Liu Bei dépêche Zhuge Liang, son conseiller militaire, comme émissaire au royaume de Wu pour tenter de convaincre le roi Sun Quan d'unir ses forces aux siennes. A Wu, Zhuge Liang rencontre le vice-roi Zhou Yu. Très vite, les deux hommes deviennent amis et concluent un pacte d'alliance.
Furieux d'apprendre que les deux royaumes se sont alliés, Cao Cao envoie une force de 800 000 soldats et 2 000 bateaux pour les écraser. L'armée campe dans la Forêt du Corbeau, de l'autre côté du fleuve Yangtze qui borde la Falaise Rouge où sont installés les alliés. Face à l'écrasante supériorité logistique de Cao Cao, le combat semble joué d'avance, mais Zhou Yu et Zhuge Liang ne sont pas décidés à se laisser faire...
Dans un déluge de puissance et de génie tactique, la bataille de la Falaise Rouge va rester comme la plus célèbre de l'Histoire et changer le destin de la Chine pour toujours.

3 royaumes3

4.Détails et anecdotes :
-Deux versions du film existent. Jusqu'il y a quelques mois, l'Occident n'en connaissaît qu'une seule : la version remontée pour la sortie du film en Occident, soit 2h25 de film.
Mais la version d'origine est bien plus longue... imaginez, 4H40 (le double en fait!)!! Cette version "longue" est enfin disponible depuis mi-avril 2010 en France... J'ai âte de mettre les yeux dessus.

-Je suis désolée de briser les rêves de tous les spectateurs du film qui sont tombés amoureux (comme moi) du paysage du royaume de Wu (où se passe principalement l'intrigue). Mais malheureusement ces paysages n'existent pas tout à fait en réalité!!
Et oui, les scènes ont été tournées principalement au Hebei, non loin de Pékin, et non pas au Hunan ou autre Guangxi comme on pourrait le penser... Pour autant la magie des effets visuels n'en laisse rien paraître.
Pour créer la forêt du corbeau, où se trouve les troupes de Cao Cao (sur la rive opposée à la forteresse des Falaises rouges), il fallu quelques mois de travaux. Mais le plus long fut la création du site des Falaises rouges et du faux ravin dans lequel se loge la forteresse alliée. Le tout fut tourné sur le site du réservoir de Yi Xian, lieu touristique dont John Woo est tombé amoureux en s'y promenant un été (sur un bateau, comme tout touriste chinois!).

 

3 royaumes1ptCarte d'identité du film :
Titre : Les trois Royaumes
Titre original : 赤壁 (Chi bi)
Réalisateur : John Woo
Acteurs principaux : Tony Leung, Takeshi kaneshiro, Zhang Fengyi, Chang Chen, Yong You, Shido Nakamura...
Scénaristes : Chan Khan et John Woo
Pays : Chine
Année de production : 2008
Dvd France montage occidental : 2009 (2h25)
Dvd France montage original: avril 2010 (4h40)

 

Bon film et ... have fun!!

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Published by Chen Jie - dans Cinéma chinois
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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 21:23


Après l'incroyable "Running on Karma", qui sacra d'Andy Lau meilleur acteur de Hong Kong, et un peu avant le diptyque "Election", Johnny To réalisa en 2004 un film très actuel sur les Médias. Le genre de film qui fait mal là où il appui (bien fort), histoire de nous faire comprendre ce qui ne va pas bien dans notre monde!

"Breaking News" n'est pas seulement un énième film du maître des triad movies sur le sujet : les bons et les méchants. Il s'agit d'un film où la communication et le spectateur sont les personnages principaux, tiraillés entre la police et les malfrats.

Film assurément engagé, "Breaking News" est aussi une grosse production de Hong Kong faite pour rapporté des dollars... Le succès à sa sortie en Asie ne fut en rien décevant, mais ce qui marqua un tournant dans la filmographie de maître To fut que "Breaking News" devint le premier de ses films sélectionnés à Cannes!
Revenons sur Terre, il n'eut pas de palmes, mais tout de même le prix du Meilleur Réalisateur à Sitges, lors du festival international du film de Catalogne en 2004. Sans compter sur les récompenses asiatiques comme Meilleur réalisateur et Meilleur montage au Golden horse festival 2004 (les Césars de Taiwan, uniquement pour les films d'expression chinoise), et enfin le prix du film du mérite en 2005 au Hong Kong Films Critics Society Awards.

Résumé :

Suite à la diffusion sur une chaîne locale d'un sérieux revers subit par la Police de Hong Kong face à des gangsters en fuite, l'action de la Police de Hong Kong est fortement controversée dans l'archipel.
Voulant redoré le blason de sa profession, le capitaine Rebecca Fong décide d'utiliser les médias pour présenter un grand show qui montrera à tous l'utilité de la Police et sa rapidité d'action.
Quelles heures plus tard, l'inspecteur Heng trouve justement la cachette  des gangsters qu'il a raté quelques temps plus tôt devant les caméra de la télévision. Immédiatement prévenue, le capitaine Fong lance une opération de grande envergure à la quelle les médias sont tous invités.
Cachés dans une immense barre d'immeubles, les malfrats attendent que la police les oublie... Quand ils découvrent qu'ils sont encerclés ils décident d'utiliser le dédale de couloirs à leur fin. Mais lorsque la Police les déclare retranché dans un appartement et sans possibilité de fuir, ils décident de contre-attaquer via internet!


Voici donc une guerre des médias sur font de chasse à l'homme trépidante. Qui aura le dernier mot?



Critique :

"Breaking News" n'est pas un film moulé sur l'archétype du film d'action qui ne fatigue pas les neurones. Bien au contraire, voici un film qui fait aussi appel à l'intelligence du spectateur pour comprendre les non-dits, comme le dessin rapide d'un caricaturiste pour illustrer un article dans un quotidien. L'action est si vive, le train d'enfer de l'histoire oblige à laisser des paroles, des actes en suspens et à l'appréciation du spectateur...
Si on ajoute la maestria du jeu des acteurs, des effets spéciaux correctement dosés pour paraître réels et non pas hollywoodiens, on obtient un film dans la lignée des derniers chefs-d'oeuvre de maître To tout en étant aussi une oeuvre engagée et à l'heure de notre monde tant dirigé par la toute puissance des médias.

Pour faire simple, voici du grand spectacle alliant l'art de faire frémir vos méninges à l'art de vous faire frémir tout court, à ne louper pour rien au monde!


Carte d'identité du film :

Titre : Breaking News / Dai si gein
Réalisateur : Johnny To
Acteurs : Kelly Cheng (Infernal Affairs, Infernal Affairs 3, Kingdom of War), Nick Cheung (Election 1 et 2), Simon Yam (Election 1 et 2, Sparrow, PTU...), Richie Jen, Lam Suet (Sparrow, Election 1 et 2, PTU...)...
Année de réalisation : 2004
Durée : 1h 31
Production : Milyway Image
Pays : Hong Kong/Chine
Langue : Mandarin/Cantonais
Distributeur France : Pathé
Sortie dvd France : 2006



Bon Film et Have fun!!

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Published by Chen Jie - dans Cinéma chinois
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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 15:15

Après "Turn Right Turn Left", "Fulltime Kiler" et "Election", voici un autre film de Maître Johnnie To.
Loin du cercle des triades et des assassins, "Sparrow" est une comédie où humour et action se mêlent autour du monde des "moineaux" de Hong Kong. Dans le jargon des rues de l'archipel le plus riche de Chine, un moineau ("sparrow" en anglais... pour ceux qui ne sont pas anglophones) est un pickpocket, hors voici l'histoire du meilleur d'entre eux!

Ode à Hong Kong, "Sparrow" est un plaisir des yeux rien que pour les ruelles et passages, immeubles délabrés par l'humidité du climat et couleurs chatoyantes qui entourent l'intrigue. Simon Yam semble se transformer en guide pour nous montrer les rues et ruelles de Kowloon, les chemins et escaliers de Victoria Pick et nous enseigner les ficèles de son métier...

Résumé officiel :
A Hong Kong, un Sparrow est un pickpocket. Kei est le plus habile de tous. Entre deux vols de portefeuilles avec les membres de son gang, il aime arpenter la ville à vélo, et prendre des photos.

Mon résumé :
Joyeux drille et toujours sûr de lui, Kei dirige glorieusement son petit gang de Pickpocket dans les rues de Hong Kong, mange aux restaurants de son quartier en jouant les gros bras et passe son temps libre à prendre en photos les rues et les passants. Jusqu'au jour où, l'appareil à la main, son oeil croise le chemin de la fascinante Chun Lei. Quelques tours et détours dans Kowloon et le voila charmé. Mais rien ne va plus car la belle semble avoir fait perdre la tête à tout son gang et les voila contraint d'aider Chun Lei...





Critique du film :

Dès l'affiche, toute autre ressemblance avec un autre film n'est par fortuite! Quel film? Souvenez-vous, "Turn Right, Turn Left", la scène des parapluies, le rouge et le vert qui se croisent mais jamais ne se rencontrent vraiment... Hasard? Non car il s'agit aussi d'un film de Johnnie To, aussi une comédie, mais plus légère car sentimentale celle-ci.
To semble donc avoir un amour immodéré pour les parapluies et les averses tropicales qui arrosent Hong Kong comme Taipei. Il faut aussi avouer qu'il n'y a rien de plus anonyme qu'un chinois sous un parapluie, au milieu d'autres chinois sous un parapluie, non?! ^__-



Et si les passants, les parapluies étaient ici juste pretexte à nous présenter Hong Kong, Kowloon, Mong Kok, Victoria, Tsim Cha Tsui ? Car oui, ce film est vraiment tel une lettre d'amour, mais pas à une femme, à une ville! Les acteurs, principaux ou secondaires, deviennent soudainement des accessoires, comme de jolies pierres précieuses que l'on porte en collier ou boucles d'oreille pour rendre l'ensemble encore plus désirable.

Cette lettre d'amour n'aurait pu être parfaite sans la musique qui l'accompagne. Cette dernière semble faire corps avec la ville, comme un amant avec l'aimée. Le plus incroyable sera peut-être pour vous de savoir que les compositeurs, au nombre de deux, sont français... Maître To semble savoir aller décrocher les talents partout où ils se trouvent.
N'hésitez pas à écouter ce son chinois traditionnel, mélangé de rythmes de bossa nova et d'ambiance lounge. Pour moi il evoque (avec la BO de In the Mood For Love) l'essence même de ce que je ressent pour Hong Kong sans jamais y avoir mis les pieds... encore!


Si vous rêvez de découvrir Hong Kong, voici donc le meilleur guide dont vous aviez besoin, Johnnie To et sa caméra, Simon Yam et ses pickpockets. Promis, après ce film vous ne penserez plus qu'à prendre un billet d'avion direct pour le plus célèbre des dragons d'Asie!



Carte d'identité du film :

Titre : Sparrow
Tiitre original : 文雀 / Man Jeuk
Réalisateur : Johnnie To
Acteurs : Simon Yam (Fulltime Killer, Election, PTU, Breaking the News...), Ka Tung Lam (Infernal Affairs, Election...), Kelly Lin, Suet Lam (Election, PTU, Breaking the News...)...
Musique : Fred Avril / Xavier Jamaux
Durée : 1h27
Année : 2008
Pays : Chine/Hong Kong
Langue : Cantonnais/mandarin
Dvd : TF1 vidéo


Très bon film et Have Fun!!

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 17:00
Second film du magnifique diptyque triadesque de Johnnie To, "Election 2" reprend l'histoire des hommes de la Wo Shing deux ans après "Election 1".

Après nous avoir présenté le côté face de Lok, le nouveau leader de la Wo Shing, Johnnie To nous dévoile son côté pile... Toute médaille possède bien son revers!

Résumé officiel :
Wo Sing est la plus ancienne triade de Hong Kong. Sous l'autorité de son chef actuel, Lok, elle est devenue l'organisation criminelle la plus respectée de la ville.
Jimmy, gangster cultivé, cherche à se réhabiliter en bâtissant un empire industriel légal. La rentabilité de ses affaires font de lui un candidat idéal pour l'élection prochaine du nouveau chef.
Mais sa notoriété attire également l'attention des autorités chinoises, car il est le parfait intermédiaire pour négocier une coexistence pacifique entre le gouvernement central et les triades. Le régime de Pékin lui propose de lui ouvrir l'accès au marché de la Chine populaire s'il accepte de diriger Wo Sing pendant deux ans.
Jimmy perçoit toute l'ironie de la situation : le voilà contraint de devenir chef d'une triade afin d'échapper enfin à leur emprise...


Mon résumé :

Pendant deux ans, Lok c'est imposé en maître suprême de la Wo Shing et des affaires. Plus prospère que jamais, la triade s'apprête cependant à élire son nouveau délégué.
Lok le conservateur voudrait tout à coup moderniser les traditions de la Wo Shing qui l'empêche de se présenter à nouveau. De leur côté, les oncles observent avec bienveillance la montée de Jimmy. Ancien homme de main de Long Gun, Jimmy est maintenant un parfait homme d'affaire que les affaires de la triade gênent plus qu'elles ne l'enrichissent. Alors que Jimmy pense quitter la Triade, ses affaires en Chine prennent soudainement un autre tournant : les autorités chinoises lui offrent toute la légalité qu'il réclame en échange de sa candidature...



Madame Soleil s'appelle Johnnie To :
Si vous avez bien regardez "Election 1", peut-être vous souvenez-vous vers la fin du film de cette courte scène au dialogue unilatéral entre Jimmy et Long Gun. Long Gun, en tant qu'aîné, souffle un conseil à la bonne âme qui pousse son fauteuil roulant :"Jimmy, si tu restes dans la triade, assure-toi du pouvoir absolu. Sinon, sauve-toi."
Le second volet montre que Jimmy a su mettre à profit ce conseil...

Autre signe annonciateur, dans le premier film Jimmy se trouve être le dernier a tenir le sceptre dragon avant Lok. Il est celui qui a sauvé Jet (le motard) d'une mort certaine de la part des hommes de Big D tout en mettant le sceptre en lieu sûr. Alors que Lok vient chercher le sceptre, Jimmy refuse l'argent que lui propose le nouveau délégué. Il le dit lui même : de l'argent, il en a déjà, sous-entendant à peine qu'il préférerait le pouvoir...

Critique :
Si le premier film a pour champion immaculé Lok, le second prône Jimmy haut et fort.
Voila comment d'un héros, Johnnie To nous en fait un ennemi. Car cette fois l'homme a abattre est celui que l'on encensait il y a tout juste deux ans. Celui qui gardait si bien son calme face à Big D montre maintenant ses dents longues! Comme un maître marionnettiste du Destin, Johnnie To inverse ici les rôles de ses acteurs avec brio.

Après la visite rapide des coulisses de l'usine qu'est la Wo Shing, dans cet opus maître To nous présente en profondeur les liens entre les divers membres de la Triade ; voir les liens de ses membres avec d'autres éléments externes qui peuvent aussi déterminer l'avenir de la plus puissante Triade de Hong Kong.
Continuant son autopsie monstrueuse, voici que le monstre tentaculaire que semble être la Wo Shing nous apparaît bien petit face à d'autres tentacules...

Hong Kong étant un archipel limité, la Wo Shing n'hésite pas à s'expanser vers le Nord, vers la Chine. C'est aussi l'occasion pour Johnnie To de nous démontrer (si besoin était) que le pouvoir n'est pas la liberté et qu'il existe toujours plus puissant que soi!

Variablement moins violent que le premier opus, ne pensez pas pour autant que maître To soit devenu un enfant de coeur! Au contraire, "Election 2" développe le sujet en exploitant un peu plus la fibre machiavelique des deux personnages centraux, en sous-entendant plutôt que ne montrant la violence, mais elle reste toujours très présente. Les âmes sensibles devront encore se tenir éloignées.



Seul bémol, le charisme de Simon Yam rend le personnage de Lok presque trop attachant, et ainsi ne facilite pas la tache pour accepter Jimmy comme nouveau héros.
De même que le scénario n'offre plus tant de surprise qu'au premier round.
Pour autant les acteurs sont toujours à la hauteur et la réalisation mène l'histoire vers des sommets inconnus à tant d'autres films.


Carte d'identité du film :
Titre original : 黑社會以和為貴 (Hak Se Wui Yi Wo Wai Kwai)
Titre français : Election 2
Réalisateur : Johnnie To
Acteurs : Simon Yam, Louis Ko, Lam Ka Tung, Nick Cheung, Lam Suet...
Musique : Robert Ellis-Geiger
Durée : 1h35
Année : 2006 (sortie française le 10 Janvier 2007)
Pays : Chine/HongKong
Langue d'origine : cantonnais/mandarin
Mise en garde : Interdit aux moins de 12 ans
Dvd français : TF1 vidéo


Bon film et Have Fun!
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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 13:10
Fidèle aux triad-movies, Johnnie To nous plonge avec "Election" dans un univers démocratiquement violent et décadent en deux volets. Voici donc le premier pan du diptyque mythique.

Présentée en 2005 au festival de Cannes, "Election" c'est voulu dès le départ être une oeuvre hors du commun. Hors du commun dans les triad-movies tout comme dans la carrière d'un des plus grands réalisateurs de Hong Kong.
A la différence de tous les précédents films de Johnnie To, et tous les triad-movies en général, on ne nous compte plus une belle histoire de bons et de méchants. Cette fois nous entrons dans les rouages de cette mécanique perpétuelle et quasi indestructible qu'est une triade. Bienvenue dans le coeur de la Bête!

Plus besoin de parler de drogue, de prostituées, de prêts sur gage, il est maintenant question de business! On ne dit plus que le crime paie, mais que c'est une entreprise prospère! Tout est question d'époque et à l'heure d'aujourd'hui, faire de l'argent semble plus que toujours bon signe.

La frontière, Johnnie To vient de nous la faire passer, volontairement, pour nous faire visiter l'usine de l'intérieur. Et contrairement à ce que l'on voit de l'extérieur, ici c'est comme partout ailleurs : si on apprécie l'argent, on aime le pouvoir plus que tout.
L'histoire aurait pu être purement politique, le scénario n'aurait certainement pas beaucoup changé.

Violent, certes "Election" l'est car le pouvoir et la recherche de pouvoir semble toujours aller avec la violence, mais aussi humain, comme tous les films de Johnnie To. Point commun avec le triad-movie habituel, l'accent est mis sur le respect de ses aînés, des règles, de la "famille" et l'on met à l'index celui qui ne sait placer les autres au-dessus de lui-même.

Résumé officiel d'"Election 1":

Les grandes figures de la Wo Shing Society, la plus ancienne triade de Hong Kong, s'apprêtent à élire un nouveau leader. Des rivalités naissent entre deux candidats. L'un est très lié aux traditions de la Triade, l'autre veut les bouleverser, quitte à utiliser la violence et la fraude.

Mon résumé d'"Election 1" :
Au sein de la Wo Shing, l'heure est venue pour l'élection du nouveau délégué, comme tous les deux ans. Deux favoris se retrouvent en lisse. Lok, le plus réfléchi, le plus posé, attend patiemment l'heure de son sacre, pendant que Big D, violent, prêt à toutes les bassesses, aiguise ses armes.
Alors que les oncles ont choisi Lok, Big D furieux se révolte contre les aînés et provoque l'accident et l'arrestation de l'un d'eux : celui qui gardait en un lieu secret le sceptre du délégué de la Wo Shing.
Voila que maintenant le sceptre qui affirmerait le pouvoir de Lok est perdu quelque part en Chine...

Critique :
Qui connaît Johnnie To, connaît sa virtuosité de la caméra, de l'action et des rebondissements. "Election 1" est bien loin d'en manquer! Jeu d'actions, de couleurs et d'hommes, le scénario nous laisse dans le flou jusqu'au bout, jusqu'à ce que le sceptre trouve la main à qui il revient...
Un vrai jeu de maître à ne manquer pour rien au monde!

Merveille des merveilles au sein des films du seigneur des triad-movies, voici aussi de quoi faire réfléchir sur le mot "démocratie"! Bien que ce ne soit pas le thème du film, mais juste un mot qui vient à la bouche d'un des inspecteurs de l'anti-gang ; "démocratie" reste tout de même un rêve à Hong Kong, une chose ultime et importante qui donne dans la bouche un léger goût amer quand on est né là-bas, jusque dans les films de triades.
D'ailleurs, le choix de la Wo Shing, cette société secrète fondée à la chute des Ming pour combattre les Qing, est-il si anodin? La réponse reste en suspend... Qui saurait répondre?!


Point faible :
La cruauté de certaines scènes peuvent choquer les âmes sensibles et les publics impréssionables. Ce n'est pas pour rien que le film a été interdit aux - de 12 ans en salle...


Carte d'identité du film :

Titre original : 黑社會 (Hak Se Wui)
Titre français : Election 1
Réalisateur : Johnnie To
Musique : Lo Tayu
Acteurs : Simon Yam (Fulltime Killer, PTU, Sparrow, Breaking the news), Tony Leung Ka Fai (L'amant, Le Syndicat du Crime 3), Louis Ko, Lam Ka Tung (Infernal Affairs, Sparrow), Suet Lam (Sparrow, PTU, Breaking the news)...
Durée : 1h41
Année : 2005 (sorti  en France le 3 Janvier 2007)
Langue : cantonnais
Pays : Chine/Hong Kong
Mise en garde : interdit aux moins de 12 ans
Dvd : TF1 vidéo


Bon film et have fun!

A suivre : "Election 2".
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Published by Chen Jie - dans Cinéma chinois
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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 14:00
Le titre peut faire film de série B américain mais détrompez-vous, il s'agit bien d'un film chinois. Sa sortie au cinéma en France fut d'ailleurs des plus... inaperçues! On peut comprendre qu'avec une telle traduction (le titre chinois évoque simplement un banquet) on croit qu'il s'agit d'une énième suite de la Momie et pas d'un Wu xia pian!
Pourtant en Chine, à la rentrée 2006 (je venais de rentrer en France), on ne parlait que de "Ye yan" partout, on n'entendait plus que la chanson thème sur les radios et aux portes des boutiques de CD... Et moi je me morfondais en France à attendre qu'un film nommé "le banquet" sorte au cinéma.
J'avoue être tombée sur le dvd par hasard et l'avoir pris plus par curiosité qu'autre chose. Je n'avais pas encore fait le lien avec ce film que j'attendais depuis 3 ans!

Les bases de "The banquet" sont des plus classiques et rien à voir avec "le retour du roi scorpion". Le scénario se base sur Hamlet de William Shakespear, transposant le drame d'Hamlet (assassinat de son père le roi, remariage de sa mère avec l'assassin...) dans la Chine Impériale moyenâgeuse.

Résumé officiel :
Chine, 10 eme siècle, Li vient de monter sur le trône après avoir assassiné son frère l'Empereur. L'impératrice, obligée de l'épouser, cherche à se venger avec la complicité du prince Wu Luan et du Premier Ministre. Alors que la division s'empare des conspirateurs, l'Empereur organise un grand banquet au cours duquel chacun cherche à tuer son rival. Ce soir, personne n'échappera à son destin.



Note : le blanc est la couleur du deuil, le rouge celui du mariage...

Mon résumé :
Alors que la nouvelle de la mort soudaine de son père atteint enfin le prince Wu Luan, vivant loin de la cour sa passion de l'art théâtral, des assassins arrivent pour l'éliminer. Seul survivant du massacre de sa suite, bien que désireux de prendre les rênes du royaume, le prince rentre au palais décidé a mettre au clair la mort de son père.
Il découvre alors que sa belle mère, l'impératrice, est sur le point d'épouser son oncle l'usurpateur. Maintenant le voila certain que la belle impératrice est coupable de meurtre!


Critique du film :
Les jeux de lumières, de couleurs et des costumes forment un écrin chatoyant à l'intrigue de Shakespear, certainement du jamais vu.
La musique de Tan Dun, envoutante comme l'impératrice qui tisse sa toile du début à la fin du film, enveloppe l'histoire dans un voile de rêves et de mystères.
Cet ensemble rend le film magnifique, surprenant et intrigant.

Mais comme il faut toujours un mais, l'on doit reconnaître qu'on y trouve aussi quelques imperfections.
Les combats sont magnifiques bien que ceux du théâtre du prince Wu Luan forme une scène trop longue et ennuyeuse. Reste quelques moments longuets et une fin... dramatiquement en queue de poisson.

Cela n'enlève pas à ce film un certain intéret pour peu que l'on aime Zhang Ziyi (divine manipulatrice dans ce film), les décors grandioses, les costumes incroyables et/ou le Wu xia pian en général.

Visiblement Feng Xiaogang a suivi les leçons de ses aînés (Zhang Yimou, Wong Kar Wai, Chen Kaige...). Il ne lui reste plus qu'à exprimer sa personnalité, son originalité et sortir du moule!

Les parallèles du film :
Pour la petite histoire, lors du lancement du film en Chine, une soirée fut donnée en aout 2006 sur scène pour présenter le film et surtout sa musique magnifique signée Tan Dun en compagnie de Tengger (un chanteur pop/rock natif de Mogolie Intérieure très cèlèbre en Chine) et de Zhang Liangying (Jane Zhang), l'interprête de la magnifique chanson thème du film.

Fiche d'identité du film :
Titre français : La légende du scorpion noir
Titre original : The Banquet / 夜宴
Réalisateur : Feng Xiaogang
Acteurs : Zhang Ziyi (Tigre et Dragon, Hero, Le secret des poignards volants...), Ge You (Vivre, Adieu ma concubine), Daniel Wu, Zhou Xun (Perhaps Love)...
Musique : Tan Dun
Année : 2006
Pays : Chine
Durée du film : 2h11
Dvd français : Studio Canal


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Published by Chen Jie - dans Cinéma chinois
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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 11:50

Oeuvre mythique de toute une époque,s'il manquait quelque chose dans les critiques de films chinois de Paris-Beijing, il s'agissait bien du "Syndicat du Crime". Si vous ne connaissez pas encore ce monument du cinéma de Hong Kong, voici une occasion de combler vos lacunes!

Il existe des créations qui vous laissent un goût acide-amer délectable dans la bouche, malgré le sérieux du sujet dont elles traitent, qui vous font rire aussi bien que pleurer et rêver d'un monde comblé de vertus qui n'existent plus (ou très peu)... Celles de John Woo se trouvent souvent dans cette famille.

Ce sont des films qui parlent du monde réel, dur et terrible, tout en rêvant un monde qui n'existe certainement que sur la pélicule, un monde où l'amitiée est plus importante que l'argent et la fierté masculine.

"Le Syndicat du Crime", de son titre original "Ying huang boon sik"  traduit en anglais par "A better tomorrow", est une trilogie créée par John Woo au milieu des années 80 et produite par Tsui Hark et sa maison de production flambante neuve, la Workshop.


Résumés :
Le premier film, début de cette saga en trois volets, commence avec les mésaventures de Ho et son ami Mark dans le Hong Kong des Triades.
D'un côté, Ho est un tueur hors-paire, secondé par son fidèle ami Mark, qui agit pour le compte d'un vieux chef de triade. De l'autre côté, Kit, le jeune frère de Ho, prépare l'école de Police... Mais si leur père connaît les activités de l'aîné, ce n'est pas le cas de Kit, surprotègé par Ho.
Seulement ce beau monde s'écroule quand une jeune tête montante des Triades veut prendre la place du chef et éliminer Ho.


Le second volet, qui ressemble plus à un prétexte orchestré par le producteur pour surfer sur le succès du premier épisode, reprend les même acteurs...
Ho, arrêté et emprisonné, se retrouve obligé par la Police de collaborer avec eux pour protèger la carrière de son petit frère Kit.
De l'autre côté du Pacifique, Ken le frère jumeau de Mark est un simple cuisto aux Etats Unis, bonne âme et bon coeur, il s'occupe occasionellement de Ko qui a perdu le gout de la vie et la mémoire. Mais lorsque leur route croise celle de Ho, l'instinct de guerrier s'éveille...


Le dernier épisode parvient, à bout de souffle, à nous embarquer une nouvelle fois dans le sillage du légendaire Mark.
Alors que la guerre du Vietnam ravage le pays, Mark débarque à Saïgon pour récupérer son cousin Mun et son oncle, apothicaire chinois.
Fouillé, tabassé et volé par les douaniers à son arrivée à l'aéroport, il ne manque pas pour autant de remarquer la présence envoutante de Chow Kit.
Sans le sou maintenant pour ramener la famille à Hong Kong, Mark et Mun se retrouvent obligés en cette période sombre de se livrer à tous les traffics possibles pour glaner ici et là de quoi fuir. Sur leur route, ils rencontrent Chow Kit. Petit à petit un triangle amoureux aussi inextricable que la guerre semble se dessiner, Chow en pinçant pour Mark, Mark faisant passer son cousin avant tout et Mun le cousin en pinçant pour Chow...



Etude et critique des films :

Le premier film
est, sans contestation possible, une oeuvre à voir absoluement!
Monument mythique, il s'agit d'un des grands films qui ont forgés la réputation de John Woo et des films de Triades de Hong Kong au milieu des années 80.
Dans ce film, Woo tisse la trame du "film de Hong Kong" qui depuis n'a jamais cessée d'être reprise par lui-même et d'autres cinéastes, donnant naissance au "Triad Movie" : un héro vénal (puisqu'il est mafieux, tueur au sang froid, parfois calculateur) mais qui sous sa carapace cache sa véritable apparence d'homme pur.
La morale de l'histoire, pour rendre cet homme héroïque, est souvent que c'est le milieu qui l'a corrompu, mais qu'il n'est jamais trop tard.
Ce principe sera poussé à son extrême dans "The Killer" quelques années plus tard (3 ans après "Le Syndicat du Crime").

Comme tout être vénal, Ho et Mark doivent faire pénitence de leurs crimes avant de revenir dans le droit chemin, c'est ce qui se passe pour l'un avec la prison et pour l'autre par l'infirmité et la maltraitance de ceux qui furent ses frères. Une fois cette pénitence accomplie, comme une purification rituelle, ils peuvent enfin devenir des héros, des justiciers de la société sur ceux qui les ont roulé dans la boue.
L'ombre au tableau sera certainement que la loi du Talion n'a jamais aidée personne... Mais cette ombre, les Triad Movies n'existeraient pas!

Le jeu des deux protagonistes principaux, Ti Lung dans le rôle de Ho et Chow Yun-Fat dans celui de Mark, imprime l'écran de façon indélibile. Leur amitié à toute épreuve semble plus vraie que vraie, tout comme la présence juvénile et  fraîche de Leslie Cheung dans le rôle de Kit. L'image est fluide, les scènes d'actions semblent aller aussi vite qu'une balle à atteindre sa cible.


Le deuxième film, bêtement nommé "Le Syndicat du Crime 2" (A better tomorrow 2), ne semble qu'un pâle reflet du premier, un prétexte à reprendre les deux acteurs mythiques qui ont fait la richesse de Woo et Tsui Hark (producteur).
L'un des deux héros ayant cassé sa pipe dans le premier volet, on lui invente un jumeau cuisinier qui va reprendre le costume et les flingues fumants du frangin pour terminer la sauce rouille!

En dehors du léger gout de réchauffé que l'on perçoit dans la recette, on notera tout de même que le duo est toujours aussi bluffant et qu'il est bon de retrouver une telle équipe.
Détail loin d'être insignifiant, le troisième laron qui vient se joindre à la fête n'est pas en reste et on se surprend à trouver le plat presque convenable pour une suite...
Seul bémol, les histoires de disputes des deux scénaristes (Woo et Hark), du réalisateur (Woo) et de son producteur (tiens... encore Hark!) n'aident pas à la fluidité du récit qui s'en ressent. On regrette même la fluidité du récit du premier film. Quelques bonnes images restent à l'écran pour nous rappeller que c'est encore John Woo qui dirige.


Là où la digestion devient difficile, c'est avec le troisième Opus...
"Le Syndicat du Crime 3" n'est malheureusement plus seulement du réchauffé, il y a aussi un goût de brûlé! Mais quand on aime, on ne compte pas...
Première chose, le changement de sujet est brutal, car après la douce chaleur humide de Hong Kong, nous voici dans Saïgon ravagée par la guerre du Vietnam.
Deuxièmement, derrière la caméra une tête a changée, Tsui Hark est aux commandes et cela se ressent dans le rythme.

Le film n'est pas nullissime, ce serait mal rendre hommage au travail du réalisateur et des acteurs, mais l'on se demande pourquoi le film porte toujours et encore ce titre de "Syndicat du Crime"!
Pour les fans de Mark et de son imper, voici l'histoire de la jeunesse du futur crac de la gachette. Dans un pays en feu et à sang, Mark (bonne poire comme toujours!) est venu chercher la seule famille qui lui reste.
La présence de l'incroyable Anita Mui est une chose à relever de toute urgence (excellente actrice décédée depuis) dans le rôle de l'envoutante Kit qui fait frémir les deux cousins des pieds à la tête.
Et après le grandiose Ti Lung (Ho dans les deux premiers volets), Tsui Hark choisi Tony Leung Ka-fai (梁家輝, l'acteur chinois de "l'Amant" de J-J Annaud) pour donner la réplique à Chow Yun-Fat. Le duo prend un peu de temps à se trouver, mais au final c'est un film puissant, émouvant et fracassant.
Pour moi le seul bémol est qu'il ne colle plus vraiment à l'univers créé par Woo dans le premier volet...


Fiche d'identité de la Trilogie :

Titre original : Ying huang boon sik
Titre anglais : A better Tomorrow
Titre français : Le Syndicat du Crime
Réalisateurs : John Woo / Tsui Hark
Producteur : Tsui Hark
Production : Workshop
Acteurs : Ti Lung, Chow Yun-Fat, Leslie Cheung, Anita Mui, Tony Leung Ka-Fay, ...
Années : 1986 / 1987 / 1989
Pays : Hong Kong
Langue d'origine : Cantonais
Dvd Français : HK Vidéo, réédition spéciale remasteurisée 2008.


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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 13:58
The Lovers (梁祝) est un célèbre film de Tsui Hark (Histoire de Fantômes chinois, Le Syndicat du Crime 3, The Blade, Seven Swords...), réalisateur et producteur Hongkongais, ayant fait vivement parlé de lui dans le monde chinois autour de 1994.

Peut-être moins connu en Occident, cette oeuvre n'en reste pas moins un chef d'oeuvre à voir absolument!

L'histoire n'a rien de neuve, du moins pour celles et ceux qui connaissent les légendes chinoises, puisqu'elle se raconte de parents à enfants depuis des siècles dans l'Empire du Milieu. Il s'agit de l'histoire des Amants Papillons, ceux que l'on appelle souvent à tord les "Roméo et Juliette chinois".
La légende de Liang Shanbo et Zhu Yingtai est connue au moins depuis le 9eme siècle en Chine de façon écrite, et donc bien antérieure aux amants de Vérone. Elle rapporte l'histoire d'amour impossible entre deux jeunes gens de conditions sociales opposées, deux êtres qui n'auraient jamais du se croiser. Mais par le sujet du mariage arrangé, elle est aussi l'image de la Chine classique s'opposant à l'esprit moderne d'une jeunesse en quête d'émancipation.


Résumé du film :
Zhu Yingtai est la fille unique d'une riche famille de la capitale, passant la plus part de son temps à se comporter en garçon manqué.
Désespérée par son manque d'éducation, sa mère décide de l'envoyer étudier trois ans dans un collège, comme elle le fit plus jeune. Seulement en Chine ce type de lieu est réservé aux hommes, et  pour passer inaperçue, Yingtai va devoir se travestir et mentir...
Au collège, les rares personnes connaissant son secret restent ses deux serviteurs et la directrice, une amie de sa mère. Dès le premier soir elle fait la connaissance d'un de ses camarades d'étude, Liang Shanbo, qui passe ses nuits à étudier dans la bibliothèque où Zhu vient d'établir sa chambre.
Lors du premier cours, alors qu'elle demande au professeur où s'assoire dans la classe, Zhu Yingtai va soudainement comprendre toute la différence sociale qui se trouve entre elle et Liang. Il n'en reste pas moins qu'elle le trouve drôle, sympathique et cherche constament son contact pour discuter...
Alors va naître une troublante relation entre le riche élève doué en rien et le pauvre étudiant talentueux. Cela permettra à Yingtai de faire entrer quelques brides de culture confucéenne dans son crâne.
Seulement quand leur amitié s'épanouie, vient déjà l'heure de rentrer. Rappellée par sa famille pour épouser le fils d'une riche famille, Yingtai prend soudainement conscience qu'elle en aime un autre...


Critique :

Qui connaît un minimum l'oeuvre cinématographique de Tsui Hark sait que ce bougre d'homme est aussi doué pour tourner des films sensationnels que des bides... Génie de la caméra et du scénario, il est certainement l'un des grands noms de Hong Kong comptant autant de flops à son box-office!
Il s'agit bien entendu ici d'une réussite, douce, enivrante, puis acidulée et soudainement amère quand vient l'heure de la fin... Pour finalement se conclure sur une poésie délicate comme les ailes d'un papillon.

Se permettant de réécrire le conte archi-célèbre dans toute la Chine et s'inspirant fortement de ses prédécesseurs et maîtres (comme The Love Etern, film culte de la Shaw Brothers en 1963 sur le même sujet), Tsui Hark nous propose une nouvelle version entre antique et modernité, empreinte d'un jeu sur l'homosexualité, sur la liberté féminine inexistante dans la Chine ancienne et le drame d'un amour impossible dans un monde trop régit par les classiques.

Images et symboles :
les caractèriques des personnages principaux deviennent ceux du Monde qu'ils habitent. Le linge dont Zhu se ceint la poitrine chaque jour pour devenir un homme l'étouffe comme le carcan que la société confucéenne qui oppresse les femmes chinois, de même que la condition sociale inférieure de Liang ajoute à l'image de la condition sociale féminine normalement inférieure à celle d'un homme, autrefois.
Ici, Zhu étant un homme en apparence, elle passe au dessus de Liang, mais normalement ne serait pas considérée comme son égale.


Mise en Abîme et entorses :

Par l'histoire de la mère de Zhu, Tsui Hark joue de la mise en abîme pour nous suggérer la fin potentielle de l'histoire des deux jeunes étudiants. La mère de Zhu Yingtai devient le modèle à ne pas suivre pour la jeune fille, alors que son ancien amant devient l'ami et le guide de Liang, jusqu'au dernier instant.

Grosse entorse à l'histoire, il s'agit d'un élément qui a fait coulé de l'encre dans la presse chinoise au moment de la sortie du film durant l'été 1994. Si l'amour de Liang et Zhu est passé à la postérité de plus de 2000 ans d'histoire confucéenne, s'est bien parce qu'elle est restée chaste et pure...
Hors Tsui Hark joue ici la carte de la modernité en présentant une scène d'adieu passionnée entre les deux étudiants, un baiser qui souleva de vives protestations et interdit le film au moins de 16 à sa sortie à Hong Kong. Qui a dit que Hong Kong était moins prude que les américains?


Poésie sur un air nouveau :
Mais les entorses de Tsui Hark à l'histoire originales sont d'autant plus pardonnées par la magie poétique des dernières minutes du film, là où le titre généralement donné à cette histoire (les amants papillons) prend tout son sens : la libération des âmes humaines torturées de Liang et Zhu sous la forme de papillons libérés d'une feuille de papier, deux âmes humaines affranchies de leur chrysalide de chair.


Son et lumière :
Pour conclure cette critique, je ne saurai oublié la magie de la musique qui se joint du début à la fin aux images d'une lumière vivante et envoutante. Cette musique ne fut pas composée pour le film, mais par deux étudiants du conservatoire de Shanghai en 1959 : He Zhanhao et Chen Gang. Depuis lors, le concerto pour violon Liang Zhu (en fait  concerto pour Erhu, sorte de violon chinois archaïque au son aigrelet) en Chine d'un des morceaux de musique moderne les plus célèbres et leurs plus écoutés!
Pour accompagner son chef d'oeuvre Tsui Hark le fait adapté au Gu Qin, l'instrument de prédilection des lettrés et le concerto prend tout son sens quand Liang le joue en pensant passionnément à son jeune camarade.

Au final ce film est une oeuvre multifacettes à voir et revoir, savourer comme une pâtisserie fine aux nombreux épices et trésors, révélant un énième secret à chaque dégustation. Classé entre les oeuvres "Gay Friendly" (car l'histoire fut souvent jouée à l'opéra chinois par deux hommes avant que la scène ne soit ouverte aux femmes, voir par deux femmes dans The Lover Etern en 1963) courant qui effectivement secoua Hong Kong dans les années 90 avec Leslie Cheung en figure de proue du mouvement homosexuel cinématographique (Happy Together en 1997), les "Gender Bender" (mélange de genres) et les oeuvres modernes et progressistes, souvent critiqué pour la scène "osée" du baiser entre Liang et Zhu, The Lovers est avant tout un film qui mérite surtout une place au panthéon du cinéma de Hong Kong!


Fiche d'identité :
Titres : Liang Zhu (梁祝)/ The Lovers / Leung Chuk / Butterfly Lovers
Réalisateur : Tsui Hark (徐克)
Acteurs : Charlie Young (Seven Swords), Nicky Wu, Carrie Ng, ...
Scénario : Tsui Hark, Hui Sa-Long, Sharon Hui.
Production : Tsui Hark, Film Workshop.
Année de production : 1994
Pays de production : Hong Kong
Langue : Cantonais
DVD français : HK vidéo, 2005.

Article lié : Romance d'outre-tombe


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30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 20:48
Monument incontournable du cinéma asiatique et de la grande heure de gloire des studios Shaw Brothers (La 36eme chambre de Shaolin, les Arts Martiaux de Shaolin, les disciples de la 36eme Chambre, L'hirondelle d'or, le Tigre de Jade, la rage du Tigre, ...), "Les 14 Amazones" est un film d'aventure épique sur la légendaire troupe que les veuves de la famille Yang levèrent contre l'ennemi de l'Empire du Milieu sous la dynastie Song.

Les 14 amazones au complet!

Loin des films actuels aux paysages magnifiques, aux couleurs chatoyantes ressemblant à des pantones savament sélectionnés, aux effects spéciaux epoustoufflants et décoiffants, Les 14 Amazones reste un vieux film de guerre en costume narrant l'une des grandes fièretés chinoises!

Ne vous attendez pas à voir un film aussi esthétique Seven Sword ou Hero, les costumes des ennemis peuvent même faire rire malgré eux et l'action vous semblera probablement décousue. Mais voila, pour votre culture générale, Les 14 Amazones sont un monument à ne pas rater.


Pourquoi cette gloire :
Ce film de Cheng Kang (the Sword of Swords, the Monkey goes West, the 12 golden medallions, the Magnificent Swordsman,...) est entré dans l'histoire du cinéma international pour l'influance qu'il provoqua sur quelques grands réalisateurs plus jeunes comme Quentin Tarantino.

Accessoirement, précisons aussi que le mythique Ching Sui-Tung, chorégraphe de combats sur de nombreux autres films de Wu Xia Pia depuis (La Cité Interdite, ...) , fit ses première armes sur ce tournage... Car il n'était autre que le fils du réalisateur!!

Ajoutons pour finir que le tournage fut aussi épique que le film : plus d'un an et demi de bobines!


Péplum sauce aigre-douce :
Si la violence vous fait horreur, n'ayez crainte des scènes de combats aux jaysers d'hémoglobines, le sang a ici une couleur si rouge qu'il en est risible et absoluement pas crédible...
C'est aussi le signe que Les 14 Amazones entre dans la catégorie péplum chinois, avec ses scènes d'humour burlesque, ses effets spéciaux de bouts de ficelles et ses images aux couleurs surexposées!
Cependant, ici Ben Hur a l'allure d'une femme douce sachant aussi bien manier l'aiguille que l'épée, le héros devient une quirielle d'héroïnes prête à en découdre avec les barbares du Nord et montrer à leur Empereur comment on mène une guerre.


Résumé :
Depuis des siècles, dynasties après dynasties, les hommes de la famille Yang ont toujours été de courageux guerriers aux services de leur Empereur. Seulement en ce jour terrible, le dernier fils de la famille Yang, général en poste à la frontière Nord de l'Empire des Song, vient de périre sous l'avancée des Barbares des steppes.
Les veuves de la famille Yang espèrent bien que l'Empereur réagira vite pour reprendre le territoire perdu et sauver l'honneur du héros mort au combat.

Seulement entouré de ministres véreux, se passionnant plus pour les beaux arts que pour la guerre, le fils du ciel décide le reculer devant l'avancée des barbares. Outragées, les femmes de la famille Yang décident alors de lever leur propre armée pour reconquérir l'honneur de la Patrie et de leur clan.


La matriarche du clan Yang

Les acteurs :
Si aujourd'hui les noms de Lily Ho, Ivy Ling Po, Pei-pei Shu, Yeh Ling-chih, Chen Yen-yen ou James Nam ne nous disent plus rien, pour leur époque ce furent de grandes pointures du cinéma Hong-Kongais, Chinois, Taiwanais ou Singapourien (les Frères Shaw venaient de Singapour à l'origine...). Des têtes connues pour tous les fans des films de Wu Xia Pia et de Wushu (Kungfu) des années 60/70 !


Alors si pour vous les héros aux muscles virils c'est OUT et que vous militez pour la liberté de la femme, vous avez trouver le film pour votre soirée! :0036:
Loin d'être un chef d'oeuvre selon mes propres gouts, je pense qu'il mérite d'être vu au moins une fois... après on aprécie encore plus un film de Zhang Yimou!!


Carte d'identité du film :
Titre : Les 14 amazones
Titre original : 十四女英豪 (shi si nü ying hao)
Réalisateur : Cheng Kang et Tung Shao-Yung
Année : 1972
Pays : Hong Kong
Production : Shaw Brothers
Durée : 2h04


Bon film et Have Fun! ^__-

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26 janvier 2008 6 26 /01 /janvier /2008 12:40
Après Infernal Affairs, Infernal Affairs 2 et Infernal Affairs 3, le trio infernal (le moins que l'on puisse dire!) Andrew Lau, Alan Mak et Felix Chong remettent le couvert! Ne vous méprennez pas, ils laissent enfin le pauvre inspecteur Yan reposer en paix, mais rappellent pour autant Tony Leung (Leung Chiu-Wai) dans le service, pour notre plus grand plaisir et nous confesser sa douleur (Confession of Pain  = confession de douleur, pour les non-anglicistes).

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undefinedRésumé :
L'inspecteur Lau (Tony Leung) est un homme droit et indicutablement honnête. Chassant les assassins, il est respecté et apprécié de ses hommes pour son sens de la justice. Chiu, un de ses subalternes, est un alcolique notoire mais Lau l'apprécie et sait reconnaitre sa valeur. Chiu, le coeur brisé par une histoire d'amour à la fin tragique, quitte la police de Hong Kong pour devenir détective privé. 
Jusqu'au jour où le beau-père de Lau se fait sauvagement assassiné. Pour réconforter l'épouse de son vieil ami, Chiu se charge de faire une enquête privée. Petit à petit il découvre le passé sulfureux du beau-père de Lau et l'historique d'un meutre parfait. Enfin, presque parfait....


A la lecture d'un tel synopsis, personne ne pourrait affirmer que les deux réalisateurs à succès de Hong Kong ne font que ré-adapter un concept qu'ils ont un peu trop utilisé : deux hommes, deux destins, deux chemins qui se croisent et deux vérités qui se confrontent. C'est pourtant le cas!! En grattant bien, les similitudes sont nombreuses.
Lau est un peu comme Ming dans Infernal Affairs, juste, droit et flic ; Chiu est au final comme Yan, ancien flic et peu recommendable (ivrogne). L'un est désespéré, semble perdre ses repères en la vie pour s'accrocher, l'autre est ambitieux au possible, s'accroche toujours pour monter plus haut. L'un semble dans l'impasse, dans l'ombre, dans le Mal, l'autre semble être sous les projecteurs de la vie, la lumière, le Bien.
Mais voila, les apparences peuvent être trompeuses, l'inspecteur Columbo nous l'a souvent répété!!

undefined Vu à la loupe, le scénario pourrait paraitre bateau... Mais servit avec deux maîtres comme Lau et Mak, Chong au scénario, plus Tony Leung et Takeshi Kaneshiro face à la caméra, on commence à saliver sérieusement.
Et pour le coup, ceux qui auraient pu dénigrer et tiquer en imaginant Takeshi face à Leung devront reconnaître leur erreur. Si Leung joue encore et toujours avec brio, présentant un homme chaleureux avec ses amis, froid avec sa femme et au final manipulateur avec tout le monde, Takeshi Kaneshiro joue merveilleusement le rôle du petit détective loser, ivrogne, qui gagne sa bouteille de whisky quotidienne avec des recherches de chiens perdus.
Petite cerise sur le gateau pour messieurs, la présence de la sulfureuse Shu Qi, dans un rôle où elle excelle avec naturel, en bimbo écervellée. On pourrait penser que sa présence n'a rien à faire là, mais contre toute attente elle arrive à apporter fraicheur et humour dans une histoire noire et sérieuse... Rendons à César ce qui est à César...

undefined Mais voila, il devait y avoir un os dans le film... et l'os est que les deux réalisateurs rééditent leur coup foireux d'Infernal Affairs 3, prendre le spectateur pour une greluche lobotomisée!
A la fin du film on a cette étrange et désagréable sensation que tout était là pour faire un chef d'oeuvre et que le monteur s'est emmêler les bobines au point de nous présenter le film sans dessus-dessous!
Histoire de vengeance implaccable, froide, calculée et sauvage, la violence du film parrait encore plus gratuite qu'elle est rabachée, répétée, comme le mobile et l'identité de l'assassin... On ressent alors cette désagréable sensation que les réalisateurs avaient l'impression qu'on ne comprendrait pas l'histoire. Et double couche de beurre sur le gateau pour nous écoeurer, l'assassin nous explique tout à la fin, ce qui donne définitivement la sensation d'être pris pour des idiots congénitaux.

Ce n'est pour autant pas un film à jeter à la poubelle, rien que pour les magnifiques interprétations de Tony Leung et Takeshi Kaneshiro, réunis 10 ans après Chunking Express de Wong Kar-Wai. Ajoutons en conclusion une bande musicale entre blues et jazz, agréable et qui rajoute à l'ambiance de film noir. On a juste l'impression qu'Infernal Affairs était du à un coup de génies, des génies qui n'ont pas compris qu'il fallait se renouveller dans le cinéma mais pas se répéter.
Roue de secour, les américains, friant des scénarios de Hong Kong, ont déjà racheté le concepte et William Monahan planche sur le sujet... Alors, DiCaprio à la place de Leung ou de Takeshi?? :0036: 
Les américains arriveront-ils à faire mieux?...ou pire?! ^__^

Je vous offre tout de même une bande-annonce, celle de Hong Kong, mais pas besoin de sous-titre, aucun dialogue, que des images et une douce musique qui donne déjà clairement l'ambiance du film :

 

undefinedCarte d'indentité du film :
Titre original : 傷城
Titre français : Confession of Pain
Réalisateurs : Andrew Lau et Alan Mak
Scénario : Felix Chong
Acteurs : Tony Leung (Chiu-Wai), Takeshi Kaneshiro, Shu Qi, Xu Jinglei, Chapman To (partenaire de Tony Leung dans Infernal Affairs, ici l'ami de misère de Takeshi)...
Pays : Hong Kong/ Chine
Langue : Cantonnais
Année : 2006
DVD français : Mk2 Diffusion

Si une autre critique vous interesse, je vous conseille vivement celle de Cineasie, bien que nous ayons le même point de vue sur le film.

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