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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 12:27
Vous connaissez forcément tous l'expression "rester Zen", tout comme vous devez avoir quelques notions ce qu'est la secte Zen dans le bouddhisme japonais. Mais voila, le mouvement Zen est venu de l'Empire du Milieu où il porte le nom de Chan depuis sa création, entre le Ve et VIIIe siècle de notre ère.

Chan, tout comme Zen, se trouve être la traduction littérale du mot sanskri Dhyana. Sa signification est "contempler en silence".

Mise en garde :

Contrairement à notre idée "négative" en Occident du mot secte, il s'agit bien ici de l'appelation la plus courante donnée aux différents (et nombreux) courants éxistant à l'intérieur de la religion Bouddhiste (parfois elle-même considérée comme une secte de l'Hindouisme...).


La naissance d'une secte :
Le Chan fut introduit en Chine depuis l'Inde, comme le Bouddhisme originel. Son initiateur, Bodhidharma traversa la Chine à l'époque des Wei du Nord (règne de Xuanwudi) et y enseigna sa pensée, le Dhyana, commençant du Sud et montant vers le Nord.

La secte Chan se construisit  sous l'égide des patriarches qui prirent la suite de Bodhidharma et forgèrent l'école Lanka (楞伽宗).
Les patriarches les plus célèbres figurent encore dans les livres d'histoire : Bodhidharma, Huineng, Shenhui, Hongren ou Daoxin. Certains firent couler beaucoup d'encre par leurs tendances à se mêler à la politique de la dynastie règnante, d'autres pour leurs enseignements, enfin nombreux sont ceux qui plus tard se trouvèrent être (sans le savoir) les maîtres à pensées des différentes sectes Zen au Japon!

A partir de l'Empire du Milieu, dès la dynastie Tang, le courant Chan rayonna à travers l'Asie, du Vietnam aux royaumes de Corée, puis au Japon pour être traduit en "Zen".


L'une des nombreuses légendes entourant le Chan, attribue aussi à Bodhidharma la création d'un monastère sur le mont Song (une des cinq montagnes sacrées du Bouddhisme en Chine) depuis devenu mondialement célèbre... Shaolin!
Il est vrai que l'on peut trouver des similitudes en certaines formes de Yoga et le Kung fu mais le Qigong est bien plus ancien en Chine et porte aussi des similitudes avec le Kung fu, hors le Chan est lié au taoisme...), aussi vrai que le Bouddhisme de Shaolin est bien le Chan, mais cette histoire ne se développe qu'à partir du XIeme siècle en Chine et rien encore aujourd'hui ne l'atteste.


L'enseignement du Chan :

Bodhidharma et ses successeurs pronèrent la médiatation (l'illumination intérieure), en opposition à la secte Jingtu (Terre Pure) qui souligne l'importance de la récitation du nom d'Amitabha et des Soutra pour atteindre le Nirvana et le Paradis Oriental de la Béatitude (Jingtu).

Le mouvement Chan, par cette utilisation primordiale de la méditation, devient le courant Bouddhiste le plus influancé par le Taoisme. C'est ainsi qu'il est souvent conçu par ailleurs, une association des deux religions.

Plus tard, à l'époque Song, le Chan deviendra le syncrétisme du Bouddhisme, du Taoisme et du Néo-confucianisme. Encore aujourd'hui, des philosophes de l'époque moderne chinoise considèrent le Chan comme un mouvement à la fois social et religion, une philosophie individuelle de la Vie.
Temple de Shaolin sur le Mont Song, Henan, Chine.
Photo généreusement prêtée par Chine Photo.



L'expension du Chan :

S'il est une secte Bouddhiste plus développée que toutes autres en Chine, il s'agit bien du Chan. Pour expliqué cela, il existe plusieurs facteurs.

La première cause de la réussite du Chan est son opposition totale à l'enseignement des écoles intellectuelles du Bouddhisme chinois, Tiantai et Huayan. Ces deux sectes pronaient entre autre l'étude poussée des textes religieux.
Face à cet "intelectualisme", nombreux furent ceux qui se tournèrent vers le Chan pour son dépouillement, sa simplicité, comme vers un idéale de la religion bouddhiste.

Le Chan se répendit ainsi, convertissant religieux et laïcs à son mode de vision du Bouddhisme sans forcément faire d'efforts, par adhésion spontanée!

La deuxième cause est moins joyeuse. Au IXe siècle, un mouvement de folie remua l'Empire du Milieu. Son point de départ eu pour lieu Chang'An (la capitale = Xi'an). L'empereur Wuzong des Tang instaura entre 845 et 846 une répression contre temples et monastères bouddhistes à travers son empire. Plus de 45 000 lieux de culte bouddhistes furent fermés et les religieux rendus de force à la vie civile...
Dans cette répression, les monastères les moins touchés furent les plus reculés et isolés, ceux qui étaient les moins peuplés, les plus petits... les monastères Chan et Jingtu.

Ainsi quelques années plus tard quand on voulut rouvrir des lieux de culte, ce fut entre autre la secte Chan qui se répendit.

Le Chan aujourd'hui en Chine :
L'école Chan est la première forme de Bouddhisme en Chine aujourd'hui.
Le gouvernement de Pékin reconnait qu'il est presque impossible de savoir le nombre exacte de ses adeptes, mais qu'il compte au moins 5 000 temples sur tout le territoire et quelques 40 000 moines et nonnes.

Par comparaison, les deux autres grands mouvements du Bouddhisme en Chine :
-le "Boudhisme Pali", rattaché au petit véhicule (école Hinayana) avec un millieu de temples, 8 000 moines et nonnes et 1,5 million d'adeptes. Il s'agit du Bouddhisme de la communauté Dai (minorité ethnique du Yunnan) entre autre.
-le Bouddhisme tibétain (ou Bouddhisme Tantrique) qui est pratique par environ 7 millions de personnes, avec 3000 tempes et monastères et 120 000 moines et nonnes.


Les "écoles" du Chan :

Fidèle au Taoisme pour cela, le Chan enseigne à chacun de prendre dans les paroles de son maître ce dont il a besoin. Il est donc facile de comprendre que de chaque maître pouvait naître autant de variante du Chan qu'il avait eu de disciples!

Heureusement le Chan ne compte pas 500 millions de versions, mais tout de même de nombreuses écoles à travers la Chine, la Corée (ou il est appelé "Son") et le Japon.

Huineng et Shenxiu furent les deux premiers à s'opposer et fonder deux courants différents, une école du Sud et une école du Nord.
L'école de Shenxiu pronait l'obtention de l'illumination par une étude graduelle des textes et de l'exercice de la méditation, alors que celle de Huineng favorisait le Subistisme, l'illumination subite par la méditation. L'école de Huineng connue une longue histoire, initialisée par le disciple de Huineng, Shenhui.
On doit aussi à Huineng le Sutra du Diamant, texte primordial de l'école Chan du Sud.
L'école Chan du Nord périclita et disparue...

On connait aussi les écoles de :
-Linji (Zen Rinzai au Japon)
-Caodong (Zen Soto)
-Obaku-shu (école Zen fondée par un moine Linji au Japon, au XVIIe siècle)
-Ummon Daishi (école Zen japonaise fondée au IXe siècle)


NB :
Cet article ne se veut en aucune façon exhaustif, ni parfait. Si vous trouvez au hasard de sa lecture une erreur ou un détail à ajouter, h'hésitez pas à laisser un commentaire.

Sources :
-Encyclopédia Universalis, le Bouddhisme par Jacques Gernet.
-Images du Silence, pensée et art chinois, l'Harmattan, 1999.
Cri on line : Bouddhisme en Chine
Wikipédia : Chan, Jingtu, Huineng


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Published by Chen Jie - dans Histoire de Chine
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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 11:16
Si le 1er octobre est la fête nationale de la République Populaire de Chine, la République de Chine (Taiwan) commémore quand a-elle une autre grande date de l'Histoire de Chine le 10 Octobre de chaque année, celle de la Xinhai Geming, , le double dix!

Je vous propose une visite de l'Histoire de Chine pour mieux comprendre de quoi il s'agit.


La Mort d'un Empire :
Tout commence en 1911, l'Histoire de la Chine va alors basculer pour presque 40 ans dans le chaos le plus indescriptible, après les 400 ans de règne de la dernière dynastie impériale.
Les Qing, ces mandchous ayant pris le pouvoir en 1644 sur les Ming (d'ethnie han), ayant asservi le peuple chinois (ethnie han et autres non-mandchous) au port de la tresse et aux places les plus basses dans la hiérarchie sociale, vont finir de s'écrouler.

A vrai dire, avant 1911 le bateau coule déjà. L'impératrice douairière et ses facécies n'ont pas aidé le pays à se forger une cuirace pour résister à la gourmandise des occidentaux (français, anglais, japonais, russes, hollandais, italiens, allemands...) qui grignottent la charogne de l'Empire du Milieu depuis plus de 50 ans. Mais la mort du Bouddha aux loriots (Cixi, l'impératrice douairière) va provoquer un raz de marée de folie sur le gouvernement chinois.

L'héritier du trône est un enfant qui n'entend rien à la politique et que l'on ne souhaite pas instruire pour en faire un monarque exemplaire. Au contraire les conseillers en profite pour mieux se disputer le cadavre d'un pays exhangue.

Entre 1905 et 1911, la Chine du Sud se soulève en divers endrois du Guangxi et du Guangdong, ces révoltes sont réprimées mais le mouvement n'est jamais étouffée. L'influance des occidentaux à Hong Kong et la présence des très nombreuses sociétés secrètes chinoises en Chine du Sud aident au financement de ces insurections.


Wuchang :

Finalement le 10 octobre 1911, une énième révolte éclate dans la région du Hubei (centre-sud) dans les villes de Wuchang et Hangkou (deux des trois  villes constituant l'actuelle Wuhan, grand centre industriel sur le fleuve bleu) et se solde par la prise de la ville pour les insurgés et la réalisation d'un gouvernement local provisoire.
Le tête du gouvernement est prise par le Général Li Yuanhong  (carte postale n°2) qui lance immédiatement un appel à la Révolution dans toute la Chine.

Dans les semaines qui suivent, d'autres provinces de l'Empire proclament leur indépendance, réduisant courant novembre 1911 l'espace d'influance des Qing à la région de Pékin (Hebei) et à la Mandchourie principalement.


Nanjing :
Pendant ce temps, un autre mouvement a eu aussi lieu à Nanjing (Nankin) le 10 octobre 1911, c'est celui que commémore Taiwan!
Le résultat en est la proclamation de la République de Chine, très rapidement  récupérée fin novembre par le mouvement de la "Ligue jurée", une société secrète dont la tête n'est autre que le docteur Sun Yat-sen (carte postale n°1).

Alors en voyage aux USA, le docteur Sun est immédiatement rappelé par ses partisants pour être élu premier président de la République de Chine le 29 décembre 1911 à Nanjing, puis investi de sa charge le 1er Janvier.


Yuan Shikai, l'opportuniste...
Le Général Yuan ShiKai (carte postale n°3), ancien favori et conseiller de l'impératrice Cixi, est tout d'abord envoyé par le gouvernement pour réprimer les révoltes.
Jusqu'à la fin novembre il obéit fidèlement et l'armée Qing avance vers le Sud. Mais Yuan Shikai, homme intelligent parfois, comprend soudainement que son intérêt pourrait être avec la Révolution. Il cesse le combat et reste neutre quelques temps, ce qui profite entre autre aux partisans de la Ligue jurée pour élire leur premier président de la République de Chine.

Alors que la Chine se morcelle toujours plus, un gros soucis plane au dessus d'elle. Au Nord les Mandchous tiennent toujours la place dans la capitale et au Sud les divers mouvements ne peuvent et ne veulent s'associer pour marcher sur Pékin.

Contre toute attente, c'est de Yuan Shikai que viendra le prochain pas!
Comprennant le risque qui s'oppère pour l'Empire s'il descend et attaque de front les mouvements sessionnistes du Sud avec l'armée, le général décide de jouer plus finement et de parlementer.
Le 20 décembre 1911 une table ouverte se dresse à Shanghai entre Yuan Shikai et les grandes têtes des différents mouvements. Ils vont ainsi parlementer jusqu'à la fin janvier 1912, quand soudainement Yuan Shikai accèpte d'agir à son tour.

Le glas de l'Empire vient de sonner. Mais Yuan Shikai, général impérial plus qu'intelligent, ne se retourne contre les siens gratuitement. Il obtient du gouvernement Qing que l'empereur Puyi abdique en sa faveur.
Le 10 Mars 1911, Yuan Shikai devient officiellement 2eme président de la République de Chine.


Pourquoi lui ?
Il faut comprendre que de tous les différents mouvements révolutionnaires, Yuan Shikai était le seul homme fort n'étant d'autant d'entre eux, sorte d'homme neutre si l'on peut dire. Face à Sun Yatsen qui avait été élu par ses hommes, Yuan Shikai pouvait paraître plus impartial.


La non-action des étrangers :
Celles et ceux qui connaissent un peu l'Histoire de Chine et les mésaventures de la Guerre des Boxer, s'étonneront sûrement de savoir que les occidentaux si "prévenants" de 1900 ne bougèrent pas même le petit doigt face aux insurections généralisées de 1911.
La raison est simple, elle se tient en un courrier reçu en octobre par l'une d'entre elles. Venu de Wuchang et écrit de la main du général Li Yuanhong,  ce courrier stipulait qu'en cas de renversement de l'Empire Mandchou, le nouveau gouvernement de Wuhan respecterait les accords signés entre les Qing et les occidentaux. Ces accords étaient entre autre leur présence sur les concessions et leur main mise sur certaines richesses de l'Empire...

Cupides, les occidentaux se dirent qu'ils avaient autant d'intérêt, voir plus, avec les insurgés qu'avec les mandchous têtus comme des ânes!


Et la suite ?
Malheureusement,  Yuan Shikai ne sera pas une bonne pioche pour l'Empire décadant. Il profite pourtant du soutient des nations étrangères possèdant en Chine des concessions comme les français, les anglais, les russes... (il leur a offert la protection de son armée en cas de problème!) Mais Yuan Shikai détient aussi le pouvoir militaire, possèdant le reliquat d'armée impériale à sa botte. En 1916, Yuan Shikai s'auto-proclame Empereur de l'Empire du Milieu mais meurt quelques mois plus tard.

S'ensuivra pour la Chine une période plus que noire, celle des seigneurs de la guerre, de la guerre sino-japonaise puis de la guerre civile entre le Guomindang et le mouvement communiste de Mao Zedong. Ce n'est qu'en 1949 que la paix semble s'instaler durablement pour le peuple chinois avec la fuite du Guomindang à Taiwan et l'instauration de la République Populaire de Chine le 1er octobre 1949.



Cet article n'est pas exhaustif ni parfait, si vous constatez des erreurs, des points discutables, n'hésitez pas à intervenir dans les commentaires.

Sources : Chine-Information, Wikipédia


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Published by Chen Jie - dans Histoire de Chine
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29 juin 2008 7 29 /06 /juin /2008 15:18
Parmis les sites historiques les plus visités de Chine et du Monde (1 500 000 visiteurs/an) se trouve un lieu qui n'est pas vraiment un palais, pas vraiment une tombe, mais le plus grand musée in situ de Chine!
Il s'agit de l'armée de Terre Cuite du Premier Empereur de l'Empire du Milieu, Qin Shi Huangdi, dans la région du Shaanxi.

Quadrige de bronze polychrome découvert en 1980.

Le Palais, sous-terrain et dernière demeure de Qin shi, se trouve encore enterré. Placé au centre d'un grand paralépipède dessiné par les tranchés ont furent placés les reproductions en taille réelles des hommes de son armée, il se situe sous l'actuelle colline (un Tumulus) que les touristes piétinent avec entrain dans le parc d'atraction créé par le gouvernement régional.


L'armée est quant à elle toujours en fouilles. Une grande partie, très impressionnante, a été extraite du sol du Shaanxi depuis sa découverte en 1974, mais l'étendu du site et le nombre incroyable de pièces archéologiques rendent le travail long et fastidieux.


La découverte de l'armée :
Tout commence le 29 Mars 1974 lorsque trois villageois de Xiyang (bourgade voisine du tumulus, district de Lintong) creusent un puits pour irriguer leur champs. Mais au bout de plusieurs mètres de forage, les voila qui remontent un morceau de statue en terre cuite.

La suite, vous la connaissez certainement. Autorités alertées, l'incroyable nouvelle se répend à travers le monde comme une trainée de poudre. A l'international de très grands sinologues, comme William Watson (auteur de la bible de l'art et archéologie chinoise : le Citadelle et Mazenod "L'art de la Chine Ancienne"), ne croient pas à la véracité de la découverte, pensant plus à une supercherie des communistes en cette période de "Révolution Culturelle"...


Incrédulité :

Mais alors, pourquoi cette incrédulité?
Ce n'est pas facile de le faire comprendre à des néophites dans l'art de la Chine, et d'autant plus dans son archéologie, mais en 1974 beaucoup imaginaient l'apparition de la vrai figuration, de la belle statuaire impossible avec l'avènement de la dynastie Tang, 700 plus tard que la dynastie Qin!

Il faut comprendre aussi qu'en 1974, les sites que l'on connait sont souvent des époques des Royaumes Combattants ou Printemps et Automnes (Voir la chronologie de l'Histoire de Chine), donc antérieures à la dynastie Qin qui fonda son empire en unifiants les petits royaumes qui se combattaient...
Ces fouilles d'alors révélaient des objets magnifiques souvent ornés de motifs fantastiques, en bronze, en bois laqué... Mais très peu de statuaire. Encore moins une grande statuaire dépassant les 2m de haut!!
Hors, vous l'aurez compris, des Royaumes Combattants à la Dynastie Qin, il n'y a qu'un pas. Ce pas se nomme "Unification" et Qin Shi Huangdi.

Des hommes, comme William Watson, qui avaient fouillés en Chine avant 1949, avec l'esprit occidental d'alors, s'imaginaient tout connaître, campant sur leurs certitudes archéologiques qui pourtant sont toujours ce qu'elles sont en archéologie : des fettus de pailles que les nouvelles découvertes balayeront sans crier gare!

Il faut avouer, pour leur défense, que l'armée de Qin Shi Huangdi est impressionnante... la taille des statue en priorité!
Les guerriers du premier empereur ne sont pas à taille des chinois d'aujourd'hui (ou de 1974), mais encore plus grand. Le plus petite mesure 1,72m et les plus grands (en moyenne) dépassent les 2m. Hors historiquement nous savond tous que l'homme va en grandissant, donc nos ancètres il y a plus de 2000 ans devaient être moins imposants!


Les fouilles :
Du fait de l'importance du site, niveau historique mais aussi fièreté chinoise internationale, les fouilles sont lancées dès le 17 juillet 1974!
Un an plus tard, le Conseild des Affaires d'Etat annonce la création d'un musée des Guerriers et Chevaux en Terre Cuite de Qin Shi Huangdi. Avril 1979 la construction du premier hall, au dessus de la Fosse n°1, est achevée. C'est le 1er Octobre 1979 que le musée est officiellement ouvert au public, jour de la fête nationale!

Depuis, nous savons que l'armée de Terre Cuite se décompose en 3 fosses principales, ainsi qu'une multitude d'autres petites découvertes tout au long des 30 dernières années.


La fosse n°1 :

D'une superficie de 14 260m², restangulaire, elle est occupée par l'infanterie et des chars rangés en ordre de bataille. Les 204 archers des trois premiers rangs forment l'avant-garde. Puis suivent fantassins en armures et chars constituant la force principale. Deux rangs de fantassins, de chaque côtés, forment les flancs-gardes.
Enfin, au fond de la fosse, trois rangs de fantassins tournés vers l'arrière forment l'arrière-garde. L'armée ainsi constituée pouvait résister à des assaults venant de tous côtés!

Les fouilles, toujours en cours, comptabilisent quelques 6000 guerriers et chevaux, accompagnés de 45 chars.


La fosse n°2 :

Depuis 1976, le Monde sait qu'il existe une seconde fosse située au Nord-Est de la première. Sur ses 6000 m², elle enferme des fantassins, des chars, des cavaliers et des arbalétriers.
Comptenant quelques 1300 guerriers et 89 chars de bois, elle est toujours en fouille.
Dans sa forme étrange de L, elle abrite 4 familles de guerriers. Tout d'abord les archers et les arbalatriers placés au Nord-Est. Les 160 arbalétriers sont à genoux et au milieu, ils sont entourés de 172 archers debout. Dans la réalité les deux types de soldats décochaient en alternance pour assurer un tir continu.

Au sud de la fosse, les 64 chars rangés en 8 colonnes ont été ravagé par un incendie. Chaque char contient un aurige accompagné de deux soldats en armes.

Au centre, on observe 19 chars, suivient de 300 fantassins à la marche fermée par 8 cavaliers. Selon les archéologues cette disposition militaire remonte aux dynasties royales des Shang et des Zhou, prédécesseurs de Qin.

Enfin la cavalerie est placée au Nord de la fosse, avec une avant-garde de 6 chars contenant 108 cavaliers. Les cavaliers sont représentés à côté de leur chevaux à l'avant, en équipe de 4.
Les 4 composantes de cette armée réunis ensemble forment une seule armée unie, mais dans le feu de l'action peuvent aussi se dispersés de façon indépendante.


La fosse n°3 :
Découverte en Mai 1976, simultanément de la fosse n°2, ses 520 m² vont vite révéler abriter le quartier général de la totalité de l'armée de terre cuite.
Plus petite, elle contient seulement 68 guerriers et 4 chevaux ainsi qu'un seul et unique char dont les archéologues ont retrouvé des traces de bois.

L'idée de QG vient du fait qu'elle se situe derrière les deux premières fosses. De plus le char central portait des restes de polychromie, avait un "parasol" abritant les personnges importants et était accompagné d'hommes portant un casque d'officier. Troisième détail, 30 massues de bronze ont été deterrées dans la fosse, que l'on savait être utilisée par l'armée de Qin comme arme de parade. Les hommes de la fosse ne sont pas disposés comme les précédentes armée, ils tournent le dos à l'extérieur et dirigent tous leur regard vers le centre, comme pour une réunion.
Enfin un dépot de bois de cerf et des ossements d'animaux ont été extrait du sol de la fosse au Nord. Les archéologues y voient la preuve que cette pièce devait être utilisée pour la divination avant une bataille.


Le mausolée :
Situé au pied du Mont Li (Lishan), à 35 km de Xi'an, le lieu du mausolée avait forcément été choisi par un maître de fengshui.
Selon les classiques, tout tombeau respectable se doit de se situer adossé à une montagne et bordé par une rivière. Le caveau fut donc creusé très profondément et la terre extraite servit à élever le tumulus. La construction d'un tel projet dura 39 ans, de 247 à 208 avant J.-C. A son point culminant, le site aurait compté quelques 7 200 000 ouvriers!

Malheureusement, fou de grandeur, Qin Shi meurt en 208 avant J.-C. laissant son pays au bord de l'insurrection à son fil. Voulant parfaire l'oeuvre paternelle, Hu Hai s'active à mettre à mort les ouvriers et les faire ensevelir dans une nécropole juxtant le tumulus, de même que les concubines de son père sans enfant. Mais lors que l'insurrection éclate, les travaux ne sont pas terminés et le chef-d'oeuvre d'un mégalomane empereur restera imparfait!


La réalisation de l'armée :

L'armée fut créée par une "armée" de potiers mobilisée par Qin Shi, venue de toute la Chine. On leur doit la fondation d'une nouvelle ère dans l'art chinois sculptural. Fait unique au monde : un si grand groupe de statues (plus de 8000) occupant plus de 20 000 m² pour un seul sujet.

Mais il faut aussi ajouter la finesse des traits, tous différents, de chaque guerrier. Barbiches, moustaches, yeux, bouches, mentons et expressions, chaque soldat fut clairement rendu unique, comme le reflet d'un guerrier ayant peut-être réellement existé!

Modelés et montés à la chaîne, les guerriers furent aussi tous peints!
Chose que nous oublions souvent aujourd'hui en les observant, les couleurs ayant disparues la plus part du temps avec les siècles, l'humidité et les incendies, mais ils furent polychromes!
Pantalons verts, jupes noires, armures rouges et chapeaux marons, les généraux devaient avoir fière alure. Les officiers et soldat en vert et rouge, armure de pierre noire et les arbalétriers en pantalons bleus sur tuniques verte... voila les couleurs que les archéologues ont pu retrouver sur les corps de terre cuite plus ou moins bien conservés dans les fosses.


Fosses annexes et armes :

Pour conclure ce long article, je ne voudrais pas oublié de parler des armes, merveilles de merveilles, retrouvées dans les fosses principales ou annexes. Lances, cimeterre, massues, épées, guisarmes, arbalètes au mécanisme incroyable, carreaux et flèches de bronze, hallebardes toutes ses pièces, aujourd'hui exposées dans les vitrines du musée de l'armée, témoignent de la diversité et de l'avancée technologique d'une armée qui fit la fièreté du premier empereur, armée unificatrice qui imposa le pouvoir de son maître sur l'Empire du Milieu.

Les fosses annexes, nombreuses, sont autant de petites incursions des fouilleurs dans le mausolée que personne ne veut vraiment ouvrir.
31 fosses livrèrent les restes d'animaux de compagnies, certainement la ménagerie de l'empereur, accompagnés d'éleveurs et de vases de pature. 98 fosses, situées à l'Est du tumulus, révélèrent les restes de chevaux vivant ou la statue d'un palefrenier assis, voir des deux. On les nommes les fosses des écuries.
Côté Ouest du tumulus d'autres chevaux, enterrés dans des caisses de bois, furent encevelis avec une statue de palefrenier debout.

Fait le plus macabre, la fosse du tombeau des enfants de l'Empereur révèle un fait historique que les sinologues n'ont toujours fait jusque là que suspecter : l'usurpation du trône à la mort de Qin shi par Hu Hai. On découvrit dans cette fosse 17 tombes contenant les corps désordonnés de personnes âgées de 20 à 30 ans, visiblement massacrées. Les cercueils et le mobilier témoignent du haut rang des victimes. Les tombes sont toutes orientées et agencées de façon semblable, réalisées en même temps.

Témoignagne de ce que les classiques ont toujours rapportés sur la dynastie Qin, les deux nécropoles d'ouvriers et leurs épitaphes accompagnant les corps sommèrement enterrés. Des tessons de tuiles laissent quelques fois la trace du nom, de la ville d'origine et la peine encourue par la victime.

La fosse des quadriges de bronze est bien entendue la plus magnifique et la plus mémorable. En décembre 1980, deux quadriges de bronze furent exhumés à 20 m à l'Ouest du Tumulus. Enfermés dans des caisses de bois qui avec le temps se décomposèrent et provoquèrent l'effondrement du sol, ils furent forcément retrouvés cassés.
Depuis restaurés, avec leurs restes de polychromie, ils ornent l'entrée du musée de Terre cuite.

En 1998, une fosse contenant des restes d'armures en pierre fut mise à jour au Sud-Est. Composées de plaques de calcaire de formes diverses (carrées, rectangulaire, trapèzes, ronds...) reliées par des fils de bronze, elles formaient des armures en écailles, des armures en plaques, des armures de chevaux, des casques d'officiers.
Bien que l'on connaissent les armures de pierre comme dépot funéraires dans l'archéologie chinoise, celles-ci témoignent prioritairement du talent de tailleurs de pierre des ouvriers Qin.

En 1999, une nouvelle fosse de 800 m² révéla de nouvelles statues de terre cuite, un grand chaudron en bronze et autres mobiliers. Les statues sont, semble-t-il, des accrobates de la cour de l'Empereur. Leurs corps nus, vêtus d'une simple jupette, souvent musclé et dans des positions des plus étranges, étaye l'idée d'artistes du divertissement.

En octobre 2000, une nouvelle fosse de 144 m² au Sud-Ouest du tumulus présente 12 statues, 8 fonctionnaires civiles et 4 conducteurs, les traces d'un grand char en bois ainsi qu'un mobilier en bronze et céramique. Dans une seconde partie de la même fosse furent exhumés 20 squelettes de vrais chevaux, enterrés têtes au Nord vers l'Empereur. Cette dernière fosse est la seule de toutes celles qui furent faites dans l'enclos du Tumulus et n'ayant pas subit d'incendie...

Cavalerie de la fosse n°1, détail.

Sources de l'article :
-"L'armée en terre cuite des Qin Reveillée", éditions touristiques du Shaanxi.


J'espère que cette promenade dans les méandres du temps vous aura plu. N'oubliez pas qu'une petite partie de l'armée est à Paris jusqu'en Septembre.

Bonne visite et Have Fun!

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Published by Chen Jie - dans Histoire de Chine
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17 janvier 2008 4 17 /01 /janvier /2008 16:40
Petit pécis d'Histoite de Chine pour lecteur perdu!


undefined Chers lecteurs voici une aide pour celles et ceux qui n'ayant aucune notion de l'Histoire de la Chine se sentent perdus dès qu'il est question d'une dynastie dans les articles.
La liste se veut simple et sobre, vous apportant uniquement les dates officielles les plus usitées (quelques dates différent selon les chronologies, en fonction de qui, de quoi, de quand et de où!!).
 Je ne suis pas entrée dans les détails à propos de certaines périodes "intermédiares" entre dynasties, connues comme périodes des X royaumes ou des Y et Z dynasties...
Je ne peux que vous rappeler encore une fois l'importance et la qualité des articles de la Wikipédia dans le domaine de l'Histoire de Chine.

Merci aussi à celles et ceux, qui seraient tenter de copier cette chronologie, de me demander mon accord au préalable.
Les droits d'auteur, vous savez...



Dynasties Royales : (Ages du Bronze et Age du Fer)

Dynastie des Xia : de l'an -2205 à l'an -1570 environ.

Dynastie des Shang :  17eme siècle avant J.-C. vers -1050/1025

Dynastie des Zhou
: vers -1050/1025 à l'an -256
-Zhou de l'Ouest vers -1050/1025 environ jusqu'à -771
-Zhou de l'Est de -771 à -256
Période des Printemps et Automnes de -722 à -481 avant J.-C.
Période des Royaumes Combattants de -481 à -222 avant J.-C.



Dynasties Impériales : (Age du Fer et Epoque Féodale)

Dynastie des Qin : de -221 à -206 avant J.-C. (Premier empereur de Chine : Qin Shi Huangdi)

Dynastie des Han : de -206 avant J.-C. à 220 après J.-C.
-Han de l'Ouest : de -206 avant J.-C. à l'an 9 après J.-C.
-Interrègne de Wang Mang/Dynastie Xin : de l'an 9 à l'an 24 après J.-C.
-Han de l'Est : de 25 à 222 après J.-C.

Epoque des Trois Royaumes (Wei, Shu et Wu) : de 220 à 265

Dynastie des Jin de l'Ouest
  (Avancer): de 265 à 316

Epoque des 16 royaumes des Cinq Barbares (Chine du Nord) : de 304 à  439

Dynastie des Wei du Nord (Chine du Nord) : de 386 à 535 (division en Wei de l'Est et Wei de l'Ouest en 535)

Epoque des 6 Dynasties (Chine du Sud) : de 221 à 589

Dynastie des Sui : de 581 à 618

Dynastie des Tang
: de 618 à 907

Règne de l'Impératrice Wu Zetian sous le nom de Dynastie des Zhou : de 690 à 705

Epoque des Cinq Dynasties et des Dix Royaumes : de 907 à 960

Dynastie des Liao (Chine du Nord) : de 907 à 1125 (création de l'empire Liao en 947, parfois aussi 960...)

Deuxième Dynastie des Jin (Or) : de 1115 à 1234

Dynastie des Song : de 960 à 1279
-Song du Nord : de 960 à 1126
-Song du Sud : de 1126 à 1279

Dynastie des Yuan
: de 1279 à 1368

Dynastie des Ming (Brillant) : de 1368 à  1644

Dynastie des Qing : de 1644 à 1912



Epoque moderne et fin de l'Empire chinois...


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Published by Chen Jie - dans Histoire de Chine
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