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27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 14:30
齐白石 Qi Baishi (1863-1957) ou Qi Huang est un des plus grands peintres chinois du début 20eme siècle, grand maître d'un art à mi-chemin entre moderne et traditionnel, il sut apporter un vent nouveau sur la peinture de paysage (shanshui) chinoise.


Biographie :

Issu d'un milieu modeste du fin fond du Hunan (centre de la Chine), né dans une famille de paysans de 9 enfants, il quitta très jeune l'école pour subvenir aux besoins de sa famille sans réellement savoir lire ou écrire. Autodidacte, il commença par apprendre de lui-même à lire tout en gardant les animaux de la ferme familiale.

Quand vers 14 ans l'opportunité de devenir menuisier lui fut donnée, il commença de lui-même un long chemin vers le milieu artistique. C'est au hasard d'une découverte chez un de ses clients, possèdant un exemplaire du "Jardin grand comme un grain de moutarde" qu'il s'interessa à la peinture chinoise de paysage, il n'avait alors que 20 ans.

Connu pour son amour de la nature, Qi Baishi prodiga ses soins à la nature et occupa la fonction de jardinier, laissant ses yeux observer et ses mains reproduire.

Mais il faudra attendre 1902, partant pour une série de 6 périples à travers la Chine, parcourant fleuves, montagnes et vallées, pour que le réel déclic ait lieu. L'impulsion donnée, il cessa de copier les quelques maîtres du début de la dynastie Qing qu'il connaissait (à l'époque les oeuvres n'étaient pas aussi connues et répendues à travers la Chine, il les connaissait par quelques reproductions dans des ouvrages qu'on lui prêtait) et son coup de pinceau pris vigueur et fermeté. Avec le temps vient le talent ... et la renommée. Malheureusement si à la fin de sa vie l'artiste fut célébré en Chine et de par le Monde comme "le plus grand peintren d'Orient" (selon Pablo Picasso!), il connut des années de vide malgré sa fièvre créatrice.

Vers 1927, il fut invité par les peintres Lin Fengmian et Xu Beihong (célèbre pour ses peintures de chevaux) à les rejoindre comme professeur à l'école des Beaux-Arts de Pékin, ainsi qu'à la Faculté d'Art de l'Université de Pékin (Beida).
En 1946, à la création de l'association des artistes chinois (toujours existante et d'inscription obligatoire pour tout artiste chinois professionel), il fut élu Président d'honneur.
Enfin, en 1955, deux ans avant sa disparition, il reçut le prix international de la paix.


Son style :
Le style de Qi Baishi est caractéristique d'un tracé simple et ample.
A la peinture traditionnelle fine et délicate, il préféra les gros pinceaux, les couleurs vives et les traits simplifiés. Le papier fut rapidement couvert de buttes bleues (les montagnes), de silhouettes floues et vertes (les saules) au bord d'une large zone blanche ornée de petits jouets à grande voile, les bateaux.

La peinture moderne peut aller avec la simplification picturale, ce fut le cas chez Qi Baishi. Pour autant il garda les critères picturaux chinois, le vide (blanc) illustrant toujours le plein (par exemple l'eau d'un fleuve).

Si la peinture chinoise traditionnelle ou celle de Qi Baishi ne demandaient aucune esquice préalable sur le support (papier de riz), Qi Baishi était un forcené du croquis. Il remplissait cahier sur cahier de coups de pinceaux réalisés lors de ses voyages initiatiques. De même, l'importance de la spontanéité du pinceau sur le papier n'empêchait pas de devoir s'entrainer longtemps pour obtenir l'oeuvre la plus parfaite possible.

Critique et ouvert, Qi Baishi vénérait les artistes passés qu'il considérait comme ses maîtres tout en rejetant les avis sectères de certains sur la peinture de paysage chinois classique et son art plus moderne.


Ses oeuvres :
Les plus belles peintures de Qi Baishi sont sans conteste ses paysages de Guilin, modernes et si classiques à la fois. Pour autant le monde entier le vénère plus pour ses aquarelles d'animaux, crustacés ou fleurs réalisées à pinceau levé en quelques minutes, selon la loi du gongbi.

Peintre mais aussi sculpteur, on lui connait une grande collection de sceaux gravés qui aujourd'hui s'arrachent à prix d'or sur les marchés d'enchères asiatiques, tout autant que ses rouleaux d'aquarelles, même s'il n'atteind pas les prix des Picasso ou Van Gohg, il est à ce jour l'artiste asiatique vendu "le plus cher".

Sa prose poétique, accompagnant ses peintures, était la plus grande fierté de l'artiste. Elle peut être qualifiée de simpliste, tant sa construction est basique, mais renferme souvent, tout comme l'oeuvre picturale, l'essence même de la vie vue par un regard de maître.

Pour admirer quelques unes de ses oeuvres les plus célèbres, entre autre les crabes, les poires, les lotus, je vous propose une petite sélection sur ce site chinois. Pas besoin de comprendre la langue, l'image est universelle.



Ouvrage conseillé : "
Qi Baishi, le génie paysan" par Xiao Yenyi, publié aux éditions You Feng (25 €).

Sources : Wikipédia et "Aquarelles chinoises, paysages" de Josef Hejzlar, publié au Cercle d'art.


Où admirer ses oeuvres :

Décédé à Pékin le 16 septembre 1957, Qi Baishi y vécu dès 1917. Aujourd'hui on peut visiter la demeure de son ami et artiste Xu Beihong transformée en Musée dans le vieux quartier du lac Houhai.

Musée Xu Beihong à Pékin : Entrée 5 yuan, ouvert tous les jours de 9h à 16h, au 53 Xinjiekou Nan Jie.

Sa ville natale de Xiangtan au Hunan propose un jardin à sa mémoire, le jardin Qi Baishi.

L'une des plus belles expositions ayant eu lieu à ce jour fut en 2005, à Pékin, pour l'ouverture du Beijing Capital Museum, réunissant plus de 200 oeuvres. Son catalogue est disponible au près de Beijing Publishing House.

Le musée Cernuschi, sur les arts chinois à Paris, possède dans ses collections une de ses oeuvres réalisée en 1956, les crevettes : rouleau vertical illustrant cet article.


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29 juillet 2007 7 29 /07 /juillet /2007 18:31
L'architecture chinoise est riche de détails qui ont tous leurs significations. C'est le cas, de chaque côté des portes de maisons traditionnelles, des tambours de portes.

Comme dans l'art égyptien, l'art chinois a, à la fois, le sens représentatif et magique... Le fait de représenter un tambour en évoque le son, comme chez les anciens égyptiens le fait de représenter pains et boissons sur les murs d'une tombe pourvoira pour l'éternité à la nourriture du défunt. Et les sons forts, comme ceux des tambours, gong, pétards, cloches, effrayent les mauvais esprits. Ainsi pour protéger une maison, une entrée, il suffit de représenter un tambour de chaque côté de la porte.

Ce dernier est souvent surmonté d'un lion (le lion "chinois", qui tient plus du chien que du félin!! ^__-), animal protecteur des portes. Le tout sculpté dans un marbre, il flanque la poutre transversale qui barre le passage, oblige les visiteurs à lever les pieds (pendant que les mauvais esprits, trainant des pieds, tombent forcément et ne peuvent encore une fois entrer!), et permet une fermeture solide de la porte la nuit.
N'oublions pas le mur écran qui bouche la vue directe aux passants, quand la porte est ouverte dans la journée, et qui protège forcément des derniers mauvais esprits, plus rusés, qui ne savent que marcher tout droit!

Voici donc un tambour de porte, très abîmé par le temps visiblement, peint à l'encre et rehaussé de couleurs à l'aquarelle chinoise.


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29 juillet 2007 7 29 /07 /juillet /2007 15:18
Pour continuer dans les rues de Pékin, voici une encre sur le dagoba blanc du parc Beihai.

Le parc de Beihai se situe au Centre historique de Pékin, au nord-Ouest de la Cité Interdite. Sur une île, au sud du grand lac (beihai signie lac du nord) de ce parc originalement impérial, se trouve un temple bouddhiste tantrique (bouddhisme lamaïste, celui du Tibet), construit en l'honneur de la venue d'un grand Lama à Pékin en visite officielle à l'Empereur d'alors). Fidèle à l'architecture himalayenne, le centre et le sommet de ce temple ce trouve être un "stupa", aussi nommé "dagoba", soit l'équivalant tibétain d'une pagode.

On trouve au moins trois grands dagoba (blancs) à Pékin, celui du parc Beihai, que l'on peut visiter, et celui du temple de la charité universelle, pas bien loin un peu plus au sud. Parfois, au détour d'une ruelle, entre deux maisons, on en devine un, perdu entre deux pâtés d'immeubles, c'était le cas d'un, gris et abandonné, non loin de mon campus universitaire. Mais je n'ai jamais trouvé son nom...
Celui de Beihai est de loin le plus célèbre.

Encre sur papier de riz.

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29 juillet 2007 7 29 /07 /juillet /2007 14:06
Ne peignant pas toujours que des chats ou des oiseaux (il peint aussi très bien les fleurs et les bambous... mais mes peintures de lui sur ces sujets sont trop grandes pour être numérisées!), Gu Yu s'intéresse aussi à sa ville, Pékin.
Si certains jours, on peut le croiser dans le Jardin de fleurs du Parc Bei Hai, il lui arrive de coucher sur le papier les ruelles qui font la renommée des vieux quartiers de la capitale chinoise.

Voici donc une ruelle, ou Hutong, dans son gris et ses couleurs passées, ses peintures écaillées, telle qu'on peut en découvrir en ce promenant dans le centre de Pékin.

Encre et aquarelle chinoise sur papier de riz.

Vous noterez la présence très discrète des deux petits moineaux pékinois sur leur fil électrique! ^___-


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29 juillet 2007 7 29 /07 /juillet /2007 12:00
Dans la peinture à l'encre chinoise, surtout sa forme moderne, le moineau est un sujet très courant. Tout simplement parce qu'il est un oiseau très courant dans les villes du nord certainement.
Mais de ce fait, l'une des premières choses qu'on vous enseigne quand vous prenez un cours de peinture chinoise, c'est peindre un moineau... Ou, comme aurait dit une de mes camarades de lycée lors de notre premier voyage en Chine, "peignez votre futur dîner!". Et oui, en Chine, pays aux nombreuses famines, aux bouches encore plus nombreuses, tout se mange, même un pauvre petit moineau (du côté de Wangfujing, sur le marché de nuit, on en voit parfois en brochette... je n'ai pas essayé!).
Le moineau n'est donc pas seulement parisien, il est aussi pékinois!

Encre et aquarelle sur papier de riz.

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28 juillet 2007 6 28 /07 /juillet /2007 20:00
Comme je le disais précédemment, Gu Yu aime tout particulièrement peindre les oiseaux, petits détails dans une peinture... Tout comme rares sont les tableaux de Dali sans un bateau, rares sont les oeuvres de Gu Yu sans un de ces volatiles qui peuplent le ciel de Chine.


Encre et aquarelle sur papier de riz.
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28 juillet 2007 6 28 /07 /juillet /2007 14:45
Un autre chat, dans une position lassive...
Imaginez juste que cette peinture a été certainement tracée en quelques secondes, guère plus! On sent encore toute la rapidité du geste dans la patte arrière du félin d'ailleurs.

Encre sur papier de riz

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27 juillet 2007 5 27 /07 /juillet /2007 20:30
Pour continuer dans la découverte des oeuvres simples et sobres de Gu Yu (??), je vous propose ce petit chat trèèès interessé par un bassin avec des petits poissons.



Encre noire et encre rouge.

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27 juillet 2007 5 27 /07 /juillet /2007 10:04
Pour inaugurer cette section "Peinture" je vous propose tout au long de ce week end une sélection d'oeuvres du même auteur, un jeune peintre pékin, An Gu Yu. Depuis la première fois où je suis entrée dans sa petite échoppe, à l'extrêmité ouest de la rue Luilichang à Pékin, je suis tombée sous le charme de son pinceau, de la douceur de son trait, de la modernité de ses idées alliée à une connaissance des classiques.

Je vous laisse apprécier un petit carré d'une vingtaine de centimètres de côté, encre et aquarelle, deux petits oiseaux aux couleurs lumineuses, comme il aime en peindre, au milieu d'une glycine en fleur.

Pour information, An Gu Yu est né à Pékin en 1964, où il réside toujours et vous pouvez trouver son petit site chinois ici.
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