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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 16:26

Le pont Marco Polo est un vieux pont de pierre situé dans la périphérie pékinoise rendu célèbre par la description faite par le plus chinois des vénitiens dans son "Devisement du Monde". Les mots de Marco Polo auraient été les suivants :
"Au-dessus de ce fleuve se trouve un très beau pont de pierre, tellement beau en réalité, qu'il y en a très peu dans le monde qui l'égalent."


Aujourd'hui, si vous vous aventurez dans la banlieue pékinoise à sa recherche (il est à environ 15 km de l'agglomération de Pékin), aucun chinois ne comprendra (en anglais ou traduit en chinois) la dénomination occidentale de "pont Marco Polo", en effet son vrai nom est en fait Lugou qiao (卢沟桥).

Un pont comme un autre :

Il s'agit donc d'un petit pont (il en existe des bien plus grands en Chine et des bien plus beaux, surtout depuis Marco Polo) long de 266 mètres et quelques poussières, s'étendant sur environ 9 mètres de large et surplombant de ses 4,65 mètres la rivière Yongding.

Sa structure est en granite et suit le schéma classique des ponts chinois à arcs multiples.
Pour autant, il reste le plus ancien pont de la région de Pékin car il fut élevé une première fois sous la dynastie étrangère des Jin (金朝) entre 1189 et 1192. On lui connaît des rénovations sous la dynastie mongole de Yuan (contemporains de Marco Polo justement), puis une reconstruction sous les Ming. Depuis il a subit des restaurations sous les Qing et plus récemment.

Un chef d'oeuvre :

Malgré qu'il soit basiquement un petit pont de campagne, le pont Lugou démontre la grande maîtrise des artisans bâtisseurs de la dynastie Ming, voir probablement de leurs ancêtres Jin.

La première de ses qualités est la dureté de son granit qui n'a jamais bougé d'un pouce, entre le gel des hivers successifs (le froid est très vif dans la région en hiver), la chaleur suffocante des étés et même les conflits militaires dont il a pu être témoin (nous en parlerons plus bas).

La seconde qualité est le choix de l'agencement des arches. La rivière Yongding n'est pas comme la Seine ou la Thamise, elle est irrégulière dans son flux. Au printemps elle charriera de la glace, à l'été elle sera tel un torrent, alimentée par les pluies estivales, à l'automne son flux se tarira progressivement pour n'être quasiment plus qu'un ruisseau l'hiver venu.
Pour palier à ces caprices de la nature, les concepteurs du pont ont respecté la largeur du lit du fleuve. Ainsi ils ont prévu une arche très large au dessus du flux le plus courant, puis dix autres plus petites.
De même, pour résister aux larges écarts de températures, ils ont ajouté des renforts triangulaires aux pilles de chaque arche. Ainsi construit, le pont Lugou a su perdurer presque un millénaire!

La dernière des qualités du pont Lugou marque son originalité : la réalisation de ses sculptures.
Car si en général les ponts chinois en pierre sont assez sculptés, le pont Lugou a poussé le détail un peu plus loin.
Quoi de plus commun en Chine qu'un lion gardien?! Pourtant le pont de Lugou n'en abrite pas seulement un, voir deux, voir 10... non! On en compte plus de 500!
Petits et grands, les uns sur les autres, faites le compte, vous en trouverez peut-être plus!
Pont-MP8.jpg

Un douloureux souvenir :

Le pont Marco Polo, pour ceux qui connaissent bien les épisodes de la 2nde guerre mondiale, fut le témoin de l'avancée japonaise sur le territoire chinois le 7 juillet 1937. Cet épisode est connu en occident sous le nom d'incident du pont Marco Polo.
Moins d'un mois plus tard, cet incident et la prise de Pékin par les troupes de l'armée impériale japonaise qui en découla furent les éléments déclencheurs de la guerre sino-japonaise (1937-1945).

Léger récapitulatif des faits antérieurs :
Souvenez-vous que depuis la révoltes de boxers (1899-1901), les étrangers ont des troupes armées sur place en Chine, de même que des territoires leurs ont été cédés.
Ces étrangers sont les français, les américains, les anglais, les belges, les russes, les italiens, les japonais et les allemands.
Suite au traité de Versailles (1919), les allemands ont du céder leurs territoires étrangers, ce qui étaient allemands en Chine (le Shandong par exemple, grand producteur de bière depuis!) devint... japonais!

Les faits de l'incident :
Au beau matin du 7 juillet 1937, les troupes japonaises en place à Wanping (bourgade de la région de Pékin, très proche de Lugou) s'entraînaient aux abords du pont.
Quand un de leurs hommes vint à manquer à l'appel, les japonais accusèrent les chinois de l'avoir enlevé. Mais le soldat réapparu deux heures plus tard, après avoir passé du bon temps dans une maison de passe.
Pour autant les japonais insistèrent vouloir fouiller les maisons allentour. Les chinois refusants, l'armée impériale japonaise saisit le prétexte pour faire venir des renforts et attaquer les chinois.

Suite à cela, la guerre fut déclarée entre la Chine et le Japon le 28 juillet 1937 alors que le 7 aout Pékin tombait aux mains ennemies.
Dans l'enfilade, la bataille de Shanghai s'amorça le 9 aout de la même année...

Autant dire que les troupes chinoises qui réussirent à tenir quelques jours faces aux japonais furent écrasées, assassinées dans honte (des photos d'époque montrent les japonais éliminants les prisonniers car décapitation).
Aujourd'hui, la grande majorité des visiteurs qui passent au pont Lugou sont chinois ou taiwanais. Certains sont jeunes et d'autres ont connus la perte en ces lieux d'un être cher.
La plus part des occidentaux qui s'aventurent jusqu'au pont viennent pour ce chef d'oeuvre décrit par l'homme aux milles mensonges (surnom donné à Marco Polo par ses contemporains).

Pont-MP9.jpg
Le culte de la nation faisant, si vous venez jusqu'au pont, vous ne pouvez manquer le musée du 7/7/1937 qui le flanque. Des scènes de poupées de cire vous y retracent l'incident et les plus courageux moments de l'armée chinoise. Vous pouvez faire le choix de ne pas le visiter, par n'oubliez pas en avançant sur le granite qui pave le pont que d'autres y ont versé leur sang...


Bonne balade et have fun!

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Published by Chen Jie - dans Pékin
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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 14:30
En Chine, manger dans un restaurant n'est pas aussi cher qu'en France. On trouve des restaurants pour toutes les bourses.

Il y a tout d'abord ceux aux plats de tous les jours, dans les ruelles des quartiers résidentiels, où un repas ne coûtera pas plus de 3€ en moyenne par personne.

Puis il y a ceux aux plats un peu plus cher, souvent plus branchés, où les clients sont des étudiants venant en groupe un soir par mois, un jeune couple qui y fait sa sortie hebdomadaire... Ceux-ci sont souvent des chaînes de restaurants.

Enfin, il y a les restaurants plus gastronomiques aux prix plus ou moins élevés et où il faut compter sur 20 € par personne pour un repas royal et succulent. Pour un européen ce n'est pas excessif, mais pour un pékinois cela peut se révéler être un dixième de son salaire mensuel (dans le meilleur des cas...).


Classé dans la deuxième classe, je vous avais déjà parlé d'un restaurant de spécialités coréennes (principalement de barbecue) tout près de la rue Liulichang. Répondant au nom de 平安里三千里烤肉, il se trouve au sud de la station de métro Hepingmen (和平门).

Manger coréen à Pékin, c'est plus que monnaie courante. Pour la République Populaire de Chine, l'ethnie coréenne se trouve comptée au nombre des minorités ethniques du pays, comme les Dong, les Mong, les Dai ou les Tibétains. Mais la proximité de Pékin du Nord de la Corée fait que depuis des siècles les peuples ont échangés et pas mal bougés.
De plus les soucis rencontrés par la République Populaire de Corée du Nord n'a fait qu'accroître le nombre de coréens illégalement présents sur le sol chinois. Mais ces derniers ne traînent pas forcément à Pékin, peu désireux de se faire prendre en pleine situation irrégulière et être reconduit de l'autre côté de la frontière manu-militari.
Parallèlement, de par l'émancipation économique de la Chine, de nombreux Sud-coréens travaillent à Pékin. Certains y viennent avec enfants et parents puis finissent par ouvrir des restaurants.

Culture exotique au milieu de la culture Han, le goût des gens du nord de la Chine pour le barbecue coréen n'a pas échappé aux restaurateurs chinois. Ce qui fait que Pékin se trouve envahie par les restaurants de barbecue.
Vous les remarquerez facilement en passant dans la rue, regardez par les fenêtres, si vous apercevez des tables avec des hotes, un grill au centre, c'est que c'est un barbecue!


Les prix varient selon les quartiers, mais en fonction du nombre de clients et de la file d'attente devant le restaurant aux heures de "repas" chinois (11h-13h pour le midi, 17h-19h pour le soir) vous saurez s'il fait bonne recette et donc si ce qu'il sert est frais!
En règle général la viande, étant servie crue à table, se doit d'être de la première fraîcheur... C'est un gage de qualité.
Bien entendu ce genre de restaurant ne conviendra pas à une végétarienne comme ma chère amie Lunalithe... désolée! Mais on peut aussi y manger des nouilles coréennes, faire griller du tofu mariné et des légumes ou grignoter une délicieuse salade sino-coréenne.


L'adresse que je vous conseille à Pékin est simple à trouver : sur Nan Xinhua Dajie, en dessous du carrefour de Hepingmen, sur le trottoir de droite en descendant vers Liulichang.

Informations complémentaires :
Nom chinois du restaurant : 平安三千里烤肉(和平门店)
Adresse en chinois : 宣武区南华街13号 (pour le taxi par exemple)
Nom en français : Restaurant de Barbecue "Ping An San Qian Li" (station Hepingmen)
Adresse en français : Quartier  Xuanwu, Nanhuajie numéro 13
Horaires de services : de 10h à 24h
Pour une vue en image du restaurant : site chinois!


Quelques autres restaurant que j'ai aussi testés se trouvent vers le district de Haidian.
L'un d'entre eux est situé entre le centre commercial Carrefour et le Zoo de Pékin. Une halte possible après une visite (déplorable) d'un des meilleurs zoo de Chine.
Un autre se trouve à Wudaokou (le site principal de l'université BeiDa) et se nomme : 汉拿山五道口店, de la chaîne de restaurants de barbecue Han na shan. Si vous voulez visiter le campus de la plus vieille université moderne de Chine, vous savez déjà où vous rassasier!
Enfin, si entre quelques emplettes, la faim vous prenait, du côté de Fuchengmen (district Xicheng) se trouve un autre restaurant de la même chaîne Han na shan : sur Fuchengmen Wai Dajie, au numéro 41, bâtiment sud.

Han na shan (汉拿山) est l'une des plus grosses chaînes de restaurants coréens (grill) de Pékin, si ce n'est de Chine. Ainsi vous trouverez plus de 10 adresses différentes pour la capitale. En dehors de celles que j'ai connues, vous en trouverez certainement une proche de votre hôtel ou d'un site à visiter.

Mais n'hésitez pas, c'est frais et délicieux!

Bon appétit et Have Fun!
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Published by Chen Jie - dans Pékin
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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 10:40
Les Xiangshan, souvent mal traduites par les collines parfumées de Pékin, forment une partie du petit massif montagneux situé à l'Ouest et nommé Collines de l'Ouest (Xishan). Pendant des siècles, les Xiangshan formèrent une des résidences impériales. Les lieux sont célèbres et peu de chinois qui montent à la capitale repartent sans avoir escalader les flancs des Xiangshan.



De ce fait, partir à la découverte des lieux devient très vite une promenade expédition en période de forte affluence touristique. Hors quand vous êtes étudiant en Chine, bénéficiant des même dates de congés que tout 1 million 300 mille autres individus, vous n'avez guère le choix sur la visite de masse!
C'est ce qui m'arriva, un beau matin d'octobre 2005, après la décision avec une amie chinoise de partir une journée au parc des Xiangshan.


Pour s'y rendre :

L'aventure commença par trouver un bus qui nous conduise à bon port. Depuis le parc des Bambous Pourpres (Zizhugongyuan), non loin du ZOO, se trouvait justement un arrêt pour le bus 360, à destination des Xiangshan. Cependant, l'arrêt n'était pas le premier de la ligne et tous les bus passaient pleins au delà de la limite normalement autorisée!!
Une ligne "expresse" 360 existait aussi. Malheureusement ce jour-là, elle était prise d'assaut!
Mon amie Beryl et moi nous décidâmes pour le premier 360 omnibus qui passa :un vieux bus qui avait du voir l'invasion japonaise et dont le moteur à ratées du s'y reprendre à 3 fois pour nous amener à bon port... 2 yuan le voyage debout, pressés comme des sardines dans une boite trop petite mais sans l'huile!

Quelques 20 km plus loin et une heure après, finalement arrivées, heureuses d'être délivrées de notre boîte en fer, le billet d'entrée en poche, nous nous faufilâmes dans la foule histoire de se trouver un chemin vers le sommet des monts.

Le site des Xiangshan est vaste et vallonné. Le choix des activités n'est pas restreint, cela va de l'escalade des flancs de la montagne vers les pavillons du sommet à la visite des temples qui en ornent le piémont, en passant par une belle promenade au milieu des arbres qui couvrent les versants des collines.
Ayant déjà visité les temples lors d'une précédente visite, le choix de la longue et douloureuse montée fut rapidement fait par mon amie... par la voie la plus rapide mais la plus difficile!! Merci Beryl...


Histoire des lieux :
Dès l'époque Tang poètes et poèmes ventèrent la beauté de l'automne sur les collines à l'Ouest, mais c'est sous la dynastie Jin, vers 1186, que le premier temple bouddhiste vit le jour sur les versants de ces montagnes.
Il devint alors pour l'empereur Jin un lieu de villégiature occasionnelle, un havre de paix où venir retrouver le calme loin du palais.

Jusqu'à l'époque Qing, les Collines de l'Ouest restèrent connues mais un peu délaissées aux moines des temples. Il n'y avait que l'été, période chaude et lourde, où les nobles venaient chercher la fraîcheur de sa dense couverture végétale.

La pagode du Temple des Nuages Azurés vers 1900...

De 1745 à 1790, Qianlong, empereur de la dynastie Qing, va soudainement prodiguer tous ses soins aux lieux. Grand protecteur de la fois bouddhiste devant l'éternel (il devait avoir compris que la religion était certainement l'opium du peuple et qu'ainsi drogué il serait plus facile à manier... monsieur Mao!), en particulier du bouddhisme tantrique, il fait construire le temple des Nuages Azurés (ou nuages bleus), le monastère Zhao Miao (construit en style tibétain et détruit pendant la guerre de l'Opium par les troupes franco-britanniques...), la pagode de la longévité ou encore les nombreux pavillons et fontaines édifiés pour l'accueil de la villégiature impériale.

Malheureusement, en 1860 puis en 1900, les troupes occidentales ravagèrent les lieux en représailles contre l'Empire Chinois d'alors. Le temple des Nuages Azurés et la pagode de la longévité ont résistés à l'assaut, mais pas le magnifique monastère de style tibétain qui accueillait le Panchen Lama lors de ses visites au Fils du Ciel (dont l'une qui eut raison de la santé de la VI réincarnation du Saint Homme, ce qui provoqua la construction du temple-maison d'hote pour les suivants!). Seules quelques ruines aux murs rouges restent aujourd'hui aux pieds des montagnes...

Enfin, dernier hôte de marque à savourer sa villégiature sur les collines de l'Ouest, on peut apercevoir la villa Shuangqing du Président Mao, dans la partie Sud des 160 hectares d'espace que compte le parc.


Pourquoi les Collines parfumées :

Contrairement à toutes les inepties que l'on peut trouver sur internet ou dans les livres, les Xiangshan ne tirent pas leur nom des arbres fruitiers et des fleurs qui en couvrent les flancs mais de la forme géologique du massif.

Bien qu'on y croise surtout des pins, des érables et des Ginko aux feuilles dorées et que les lieux soient renommés pour leur odeur envoûtante au printemps (et les couleurs de l'automne), l'étymologie vient des sommets dont la forme évoque celle d'un brûle encens, appelé brûle parfum en chinois (l'encens est un "parfum" pour les chinois, et autrefois servait de parfum d'ambiance dans les palais impériaux... l'encens était ainsi pour les dieux... et l'empereur, fils du Ciel et dieu vivant).


Gravir la colline :
Des quelques pics qui constituent des Xiangshan, le mont Xianglu est le plus haut. Il culmine à 557 mètres et comptez quelques 3000 marches pour y accéder, si vous prenez la voie la plus simple (mais la plus longue selon Beryl...).
La voie la plus rapide se constitue de quelques marches et de nombreux passages sauvages au milieu des arbres sur un sol pentu... Montée essouflante garantie, surtout sous la chaleur des mois d'été!
Pour les moins sportifs, le téléphérique vous offre contre 40 Yuan par personne (aller!) la vue et le calme. Comptez tout de même une longue file d'attente pour pouvoir le prendre!!

Le long des flancs quelques pavillons ont été semés ici et là, offrant souvent l'occasion d'une halte bien méritée aux aventuriers qui s'essaient à l'escalade. Mais la vue au sommet n'en ait que plus mérité quand on arrive. Au et à mesure que les arbres se claire-sèment et que les rochers se font plus impressionnants, le vent vient aussi souffler plus fort à vos oreilles.

Si l'escalade est fatiguante et arrassante encore en octobre, prévoyez un pull pour le sommet où les courants d'air vous aideraient à très vite découvrir ce qu'est avoir la tourista!!


Le sommet :
Aujourd'hui le sommet est surtout noir de monde, fouetté par le vent, la poussière et quelques rares plantes restent encore aux pieds des touristes peu scrupuleux de protéger la nature... Quelques petits pavillons et une galerie couverte de style traditionnel à la peinture délavée et écaillée par les éléments naturels, le bois et le ciment s'effritant, sont parsemés ici et là pour  assurer un peu d'ombre sous le soleil encore très chaud du début octobre.

Pour Beryl et moi, les lieux furent l'occasion d'une petite pause déjeuner, à l'ombre des galeries couvertes et des pavillons. Sandwich chinois maison avalé, la vue pouvait enfin être appréciée pleinement.


Le versant occidental des collines donne une vue sur le massif montagneux qui se prolonge encore à l'Ouest, magnifique pour ses couleurs en automne, mais guère photogénique en dehors de la très courte période des feuilles rouges!
Le versant oriental quant à lui offre une vue plongeante sur l'agglomération tentaculaire de Pékin, le Palais d'été, le Parc des 8 sites, les toits du temple des Nuages Azurés ou très au loin la tour de CCTV... Malheureusement, la pollution des villes modernes et la lumière du soleil faisant mauvais ménage, les photos sont rarement très parlantes!


Le Retour :
Descendre, c'est toujours plus simple que de monter! Mais ce jour-là, épuisée de ma douloureuse montée, je réussis à convaincre Beryl de descendre par le téléphérique... Victoire!
Pour descendre, la queue est bien moins longue que pour monter et ne découragea pas mon amie chinoise. Contre 80 Yuan (8 euros tout de même), nous retrouvions donc le chemin du point de départ, puis nous dirigeâmes vers la sortie et les bus...

Le voyage retour fut tout aussi sportif que le reste de la journée. Commençons par la file d'attente...
Des années de rééducation à la communiste ont fait du peuple chinois le peuple des files d'attente. Sagement (ou pas toujours) ils attendent pendant des heures pour tout et n'importe quoi.
Pour le bus c'est quelques fois pareil. Comme dans un parc d'attraction, des rambardes forment un long serpentin pour l'attente.
Ce soir là, il fallut laisser passer 3 bus avant d'avoir enfin une place... assise!! Victoire!
Après avoir couru et battu des coude, j'étais finalement convaincue qu'il n'y avait pas que les latins et les coréens qui avaient le sang chaud!
Par chance, ce voyage se fit en bus express pour le même prix que l'aller, avec un véhicule flambant neuf et cette fois assez grand pour ne pas être compressé. Quelle joie les transports en commun!!

La journée et l'expédition se clôtura autour d'un bon barbecue coréen, mon premier depuis des décennies, qui fut rapidement englouti!!


Informations complémentaires :

Nom du site : Xiangshan Gongyuan / 香山公元 / Parc des Collines Parfumés / Xiangshan Park / Fragrant Hills Park
Prix de l'entrée : 5 Yuan
Prix du téléphérique : 40 Yuan (aller) - 60 Yuan (aller-retour)
Prix de l'entrée du Temple des Nuages Azurés : 10 Yuan (5 Yuan étudiants)
Horraires du Parc : 7h00 à 18h00
Horraires du Temple des Nuages Azurés : 8h00 à 17h00
Horraires du téléphérique : 8h30 à 17h00

Bus pour s'y rendre : 360 depuis le Zoo, 333 depuis le Palais d'Eté, 318 depuis Pingguoyuan (terminus de métro), 904 depuis Xizhimen (station de métro)...

Bonne visite et Have Fun!!

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Published by Chen Jie - dans Pékin
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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 22:02
Religion véhiculée jusqu'en Chine via la route de la soie, l'Islam fut et reste assez présente, entre autre à Pékin. La capitale compte au bas mot quelques 180 000 musulmans, dont une grande majorité de Hui, répartis sur une quarantaine de mosquées.

Historiquement, un quartier musulman s'est dessiné depuis plus de 1000 ans autour de Nui Jie, autrement dit la "rue de la vache". Cette dénommination particulière signifiait, autrefois, qu'autour de cette zone vivaient ceux qui ne mangeaient pas de porc, comme 99% des chinois, mais du boeuf (viande à l'origine très peu consommée en Chine).


Nui Jie se trouve donc être l'artère principale d'un quartier vivant où les spécialités mongoles et ouigoures (fondues de viande d'agneau) sont plus répendues que les Pizza Hut!
Pourquoi mongoles et ouigoures? Et bien parce que la moitié ou les 3/4 de la population des régions de Mongolie Intérieure, Qinghai et Xinjiang sont musulmanes!!


Un temple pas comme les autres :
Poumon du quartier, la mosquée se dresse en son centre, présentant de la rue la façade d'un simple temple au visiteur méconnaissant.

Vous verrez donc en premier le mur écran qui barre l'entrée aux mauvais esprits. Il dépasse le long de la voie de bus, il est immanquable.
Et si vous êtes nés avec une boussole intégrée, probablement noterez-vous l'orientation peu chinoise de ce mur et de l'entrée.
Souvenez-vous de l'architecture traditionnelle chinoise, l'axe Nord-Sud y est primordial! Hors, ici, le mur et l'entrée se placent à l'Ouest, la rue de la vache se dirigeant Nord-Sud sur le plan de la capitale.

La raison? Et bien... nous dirons que la salle de prière (que nous verrons plus tard) est orientée vers l'Ouest, direction de la Mecques pour les chinois musulmans.
L'oeil du visiteur observateur peut donc ainsi comprendre que ce petit temple n'est pas un temple comme les autres!!


L'histoire de la mosquée :
Tout comme sa soeur aînée, la grande mosquée de Xi'an, sa construction fut de l'instigation d'un membre de l'administration impériale.
Sous la dynastie des Liao (souvenez-vous, les batisseurs de la plus vieille pagode de Pékin justement...), en 996 le grand sage Nazruddin, fonctionnaire de l'Empire Liao, offrit à sa religion un lieu de culte méritoire. Depuis ce temps, la grande mosquée de Pékin reste le plus ancien lieu de culte islamique de la capitale chinoise.

Sous les dynasties Yuan, Ming puis Qing, les lieux ne manquèrent jamais d'être restaurés et agrandis. Enfin, fermée pendant la révolution culturelle, elle a bénéficié de soins précieux en 1955, 1979 et enfin 1996.
En 2006, la mosquée était de nouveau en travaux... d'agrandissement!


La mosquée aujourd'hui :

De disposition purement chinoise, sur les 6 000 m² où elle s'étend, vous ne pourez oublier de remarquer sa composition symétrique.

Face au mur écran situé dans la rue se trouve un triple pailou en bois peint de pourpre et de vert, surmonté de sa toiture de tuiles grises. Derrière, la majestueuse salle de prière principale se dresse dans toute la pourpre divine de ses murs.

L'entrée des visiteurs et des fidèles se fait sur la droite, par un passage qui mène tout d'abord aux bains de la mosquée, et au guichet!!

Si la saison est chaude et que vous n'avez pas prévu la visite d'un lieu saint, on vous prêtera bien volontier une grande jupe de toile pour cacher vos gambettes. Les shorts et les jupes courtes sont bien entendu interdit à l'intérieur. La décense veut que l'on prévoit un gilet pour les bras nus et les décoltés vertigineux!

Armés de votre ticket et revêtus de votre déguisement, voici enfin la cour principale qui s'ouvre à vous. A l'ouest se dresse la porte de la salle de prière, interdite d'entrée aux non-musulmans, mais toujours possible de demander l'autorisation d'en photographier l'intérieur depuis la porte s'il n'y a pas de fidèle.
Au Nord et au Sud de la cour, vous pouvez admirer le minaret et l'observatoire de la mosquée. Au Nord-Est se trouve la salle de prière pour les femmes et au Sud-Est l'école coranique.

Enfin, une petite boutique de souvenir vous accueille au fond, vers le mur Sud, pour vous vendre des corans en chinois, de l'artisanat mélangeant Chine et présence musulmane et des babioles estampillées "Beijing Niu Jie Mosque"!! ^__-

N'oubliez pas de faire le tour de la salle de prière, le détail de ses décorations marie souvent avec talent l'art Islamique et la tradition chinoise.


Détail à noter :
De même, les connaisseurs de la religion musulmane noteront probablement la présence rare de décors animaliers et paysagés dans l'enceinte de cette mosquée.
Ces décors sont plus souvent d'inspiration totalement chinoises, mais les restrictions coraniques imposeraient des choix de figurations végétales... Hors, chose rare, des animaux et des hommes les peuplent de-ci de-là, tout comme dans tout autre temple classique chinois.


De la même manière les kuilongzi, ces drôles d'acrotères chimériques qui ornent les arètes des temples et batiments importants, sont bien présentent sur les toitures de la salle de prière, du pavillon de la stèle ou encore du minaret... C'est donc bien l'Islam à la chinoise!


Informations complémentaires :

Nom : Grande Mosquée de la rue de la Vache/ Nui Jie Mosque/ nuijie qingzhensi - 牛街清真寺
Adresse : 88 Nui Jie (rue de la vache), Quartier Xuanwu.
Horraires d'ouverture : de 8h du Matin au coucher du soleil (attention, hiver comme été le soleil se couche plus tôt à Pékin qu'à Paris!!).
Prix de l'entrée : gratuit pour les musulmans, 10 Yuan pour les autres visiteurs.

Pour s'y rendre :
Métro ligne circulaire, arrêt Changchunjie (puis en bus ou à pied)
Bus ligne 6, arrêt Nui Jie, bus ligne 10 arrêt Libaisi...
En taxi, demandez "Nuijie Qingzhensi" ou "Nuijie Libaisi".


Conseils pour la visite :
-Evitez les jupes courtes, les shorts ou les débardeurs. Préférez des tenues plus couvrantes, cela vous évitera les vêtements d'emprint pas toujours très propres que l'on vous passe à l'entrée.
-Evitez de venir un vendredi... jour de prière pour les musulmans!

-Avant ou après, le quartier regorge de très bons restaurants de spécialités mongoles, ouighours et musulmanes en général. L'un des grands noms de la célèbre "Fondue Mongole" se trouve justement à quelques centaines de mètres de là, à l'angle de Changchun Jie!


Pour voir plus de photos, plus de détails de la grande mosquée de la rue de la vache, n'hésitez pas à visiter l'album photo!

Bonne visite et Have Fun!!

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Published by Chen Jie - dans Pékin
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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 21:35
Pékin, comme toute capitale, est un lieu où l'on peut tout trouver, tout vendre, tout acheter.
De plus, vous ne le savez peut-être pas encore, la Chine est un des grands pays producteurs de perles. En particulier la perle de Suzhou, une perle d'eau douce, dont la culture différente de sa soeur des mers du Sud réduit les coûts et la rend meilleur marché!

Le marché  aux perles du Pont rouge, vue depuis l'arrivée de Chongwenmenwai dajie.

Depuis plus de 20 ans existe à Pékin le plus grand marché de perles de Chine, il se nomme Hong Qiao (le Pont Rouge), situé face à l'entrée Est du Temple du Ciel.
Ce nouveau "temple de la consommation" est visité chaque année autant par les touristes chinois que les touristes étrangers à la recherche du souvenir original et pas cher...

Le sous-sol abrite une poissonerie qui parfume le reste du batiment de façon délectable -__-. Mais les étages sont occupés par des boutiques de bric à brac, de vêtements, de souvenirs, de pseudo-antiquités et... de fileuses de colliers de perles!


Pourquoi la perle de Chine est si peu cher?
Celles et ceux comme moi qui se sont aventurés à Hong Qiao, ont marchandé quelques colliers, sautoirs ou boucles d'oreille, se demande peut-être pourquoi la perle d'eau douce, qui peut être aussi belle que la perle de mer, est si peu cher!

En réalité, il s'agit surtout d'une différence de production.
Là où pour la perle de mer (la perle d'Akoya par exemple ou perle japonaise) il est besoin de faire la greffe d'un nucléus dans l'huitre qui provoque 20% de rejets, 50% de production inutilisable et moins d'1% de perles rondes parfaites, le procédé de la perle d'eau douce ne fait pas appel au nucléus, greffant uniquement un morceau d'une autre huitre pour provoquer chez le molusque la sécression de nacre.
Les rejets et morts de molusques sont moins nombreux, la production n'est pas toujours aussi parfaite mais le volume est plus important (donc plus de chance d'obtenir quelque chose de parfait...).

A force de travail acharné, les chinois ont réussi à obtenir des perles d'eau douce à l'orient aussi lumineux et velouté que celui des perles de Mer du Sud, pour un coût moins élevé et une résistance plus forte (puisque pas de nucléus, la perle n'est faite que de nacre...).

Si dans les années 70 à 80 on parlait de la perle d'eau douce en mauvais terme, la surnommant "perle grain de riz" pour sa forme baroque mal maîtrisée et sa petite taille, aujourd'hui elle est la nouvelle cocluche des joaillers et des amateurs de beaux bijoux.
Depuis les années 90 les chinois ont réussi à obtenir une qualité de perle de plus en plus grande, rivalisant avec la perle d'Akoya.

Avantage non négligeable, la perle d'eau douce permet aussi une plus grande variété de couleurs que les perles de mer. On peut ainsi trouvé des perles aussi blanches de la neige comme rosées, bleutées, rose métalique, mauve,  violette,  vert, champagne, gris et presque noir...


Conseils au futur client du Hongqiao :

Si vous prévoyez de vous offrir un beau collier lors de votre prochain séjour à Pékin, il reste quelques règles à suivre pour ne pas vous faire avoir!!

Tout d'abord ayez une idée de la valeur marchande d'un collier de perles de rivière à Pékin. Pour cela vous pouvez demandez à la réception de votre hotel, à votre guide, à un ami chinois, vérifier avant de partir sur internet, faire quelques bijouteries à Pékin...
C'est la règle en toute chose en Chine, quand on désire acheter : connaître sa valeur exacte. Cela permet de marchander pour l'avoir un peu moins cher, mais surtout ne pas le payer 10 fois plus cher!!

Une fois que vous avez sélectionner votre stand parmis la cinquantaine présent au dernier étage du Hongqiao, vérifiez bien la qualité de chaque perle que vous montre la vendeuse. Observez minutieusement chaque surface, repérez immédiatement les qualités médiocres pour demander une meilleure sélection.
Forcément, le prix varira en fonction de la qualité des perles!!

Faites votre choix de qualité, taille et couleur sans montrer trop d'émotion... Surtout si la vendeuse comprend votre langue (elles sont plus perspicaces qu'on ne le croit!!).

Pour marchandez, attaquez avec un prix bas!!
Ne vous dites pas "ça ne va pas marcher". Le pire serait après de vous dire que vous auriez pu attaquer plus bas!! ^__-
La calculette, même si vous vous débrouillez en chinois, sera de mise. Alors n'hésitez pas à donner un premier prix de 100 à 200 Yuan moins cher que ce que vous voulez mettre. 100 Yuan faisant 10 Euros... finalement ce n'est pas si élevé que ça!
En retour la vendeuse vous proposera un prix, son soit-disant "prix d'ami" ou prix plancher qu'elle ne peut faire mieux.
Si elle se montre bornée, n'hésitez pas à faire mine de vous interesser au stand voisin et de partir. Ca fonctionne toujours dans le jeu du marchandage, elle revera son "prix d'ami"!!

Une fois le prix fixé, les commerçants chinois sont toujours très honnêtes et ne reviennent pas dessus. Mais méfiez vous des petites choses qui, le temps que l'on vous enfile le collier, vous tentent sur l'étale de la boutique!!

Dernière chose, vous pouvez aussi choisir le fermoir. Certains stands ont de beaux fermoirs en or, demandez leur. Le prix sera forcément en plus et à marchander avec le collier!!
Enfin, pendant que l'on file le collier, n'hésitez pas prévenir si sur le rang de perle vous en voyez une qui ne vous plait pas. Mieux vaut avant qu'après!

Puis vous repartirez avec un beau bijou, monté sur un fil de soie, noué entre chaque perle pour le renforcé, et rangé dans un sachet en soie.


Marché aux antiquités :

Autour du marché aux perles du Hongqiao qui occupe le centre du 3eme étage, vous pouvez aussi trouver des boutiques de pseudo antiquaires. Méfiez-vous toujours.
Vous pouvez trouver là des objets forts sympatiques au demeurant mais rarement très anciens.

N'oubliez pas, vous ne pouvez sortir un objet ancien du territoire chinois sans autorisation spéciale. Alors comprenez que la statue Tang est forcément une belle imitation et que le "old, very old" que vous scande le vendeur n'est que pour la poussière et la crasse ajoutées!! ^__-

Le marchandage, comme à l'étage des vêtements et des objets divers (attention aux contrefaçons très très nombreuses!! N'oubliez pas qu'en France, si vous êtes pris avec, c'est le prix du vrai par 10 et l'amende!!), est de mise.
Enfin évitez les trop grosses coupures pour ne pas repartir d'un tel lieu avec de la fausse monnaie! Faites attention à vos affaires... l'affluance de touristes peut tanter les pic-pocket!


Résumé :
Nom : Marché du Pont rouge / Hongqiao Market / 红桥市场(Hongqiao shichang)
Localisaton : 16 Hongqiao lu, Congwenmen district.
Pour s'y rendre : Se trouve face à l'entrée Est du Temple du Ciel
Prendre le métro jusqu'à Chongwenmen et continuer en bus (n°610).
Horraires : Tous les jours de 8h30 à 19h.


Bon shopping et Have Fun!

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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 20:27
Le temple des Lamas est un des plus célèbres temples bouddhistes de Pékin, connu de tous les touristes et visiteurs de la capitale chinoise, consacré au courant Vajrayana (bouddhisme tantrique).

Situé au Nord-Est de l'ancienne Cité Tartare, ce petit joyaux est fortement reconnaissable par ces toits jaunes, héritage de son ancien statut de palais impérial. Il s'agit de nos jours du plus vaste édifice religieux de Pékin Intra-muros (comprenez au sein du tracé de la vieille muraille! Le Temple du Ciel étant à l'extérieur de cette dernière...).

Pavillon Falun, vue arrière depuis la dernière cour.

Sa petite histoire :
Temple à part à Pékin, Yong He Gong (雍和宫 - Palais de l'Harmonie Eternelle) fut batti en 1694 comme palais pour le 4eme fils de l'empereur Kangxi. Quand ce dernier accèda au trône à la mort de son père sous le nom de Yongzheng, son palais princier devint un palais impérial, échangeant ses tuiles vertes contre celles jaune d'or (couleur réservée à l'empereur, fils du ciel). Puis en 1732, les premiers lamas s'installèrent.
Mais c'est enfin en 1744 que son fils Qianlong cèda le palais personnel paternel aux moines d'obédience tantrique et fit venir s'y installer plus de 500 moines et novices aux origines tibétaines, chinoises, mongoles et mandchoues (à l'image de la diversité des peuples de son empire).

Il reste encore aujourd'hui dans le temple et le quartier quelques vestiges de son passé profane.Tout d'abord dans les tuiles jaunes restées sur les toits qui scintillent sous le soleil au petit matin et attirent les regards depuis le 2eme Périphérique qui passe au Nord.
Puis dans le nom des ruelles qui entourent le temple. Il vous semblera peut-être normal de savoir que le théâtre qui faisait parti du palais fut séparé du temple, des moines en ayant peu utilité!!
Dans "Pékin au détour des rues et des ruelles", Roger Darrobers vous indique le chemin pour aller croiser cette Ruelle du Pavillon de Théâtre (Xilou Yixiang). Elle longe le temple par le Sud et l'Est , là où se trouvait autre fois ce dernier vestige de ce qui fut un palais. Le Théâtre brûla sous le règne de Qianlong et le fils de Yongzheng y perçut un signe divin... Il le laissa ainsi!

Enfin, l'ensemble du Temple est établi sur un alignement Nord-Sud respectant les règles du Yi Jing et surtout une succession de salles se rapprochant plus de la Cité Interdite que du temple bouddhiste habituel.

Protégé tout au long de la dynastie Qing, le temple fut malheureusement abandonné à son sort à la fin de l'histoire de l'Empire du Milieu. Les cartes postales du Caporal Paoli en témoignent, les lieux en 1908 semblent abandonnés aux maigres soins de quelques pauvres moines.
Il faudra attendre 1949 et l'avènement de l'ère communiste pour que Yonghegong se trouve un nouveau mécène. Dès les années 50, le nouvel état chinois aloue de fortes sommes à la restauration du patrimoine de la capitale, entre autre au Temple des Lamas.

Quand à la triste période de la Révolution Culturelle, Yonghegong sera miraculeusement épargné grâce à son protecteur en titre, le premier ministre Zhou Enlai, qui en ordonna la fermeture.
Après les heures noires de l'Histoire de la Chine Moderne, le retour d'une certaine liberté religieuse en 1981 (avec l'amendement de Deng Xiaoping à la constitution chinoise), Yonghegong réouvrit ses portes aux religieux et aux profanes, devenant un des premiers lieux touristiques de Pékin!

Finalement, depuis 1990, le temple figure au Guiness book of Records pour la plus grande statue de bois sculptée qu'elle abrite, un magnifique Bouddha Maitreya offert à Qianlong par le VIIe Dalaï lama, extrait d'un seul et unique tronc de santal...


Le temple aujourd'hui :

Depuis sa réouverture en 1981, Yonghegong abrite en permanence quelques 70 moines de la secte des Gelugpa (ou Gelukpa) aussi nommée "secte des bonnets jaunes". Leur chef spirituel n'est autre que le Dalaï Lama.
On peut apercevoir les logements des moines depuis le 2eme Périphérique, ils se situent au Nord du Temple.

Pailou d'entrée.

Visite guidée du temple :

L'architecture grandiose, extérieure comme intérieure, mélange avec rafinement les styles mandchous, chinois (Han), tibétains et mongoles, assurant un écrin hors norme à l'art religieux exposé, principalement composé de statues et de peintures (thangka et mandala).
L'ensemble donne un contraste magnifique et inhabituel à travers toute la Chine. Certainement le plus beau temple de toute la capitale!


Sur son plan Nord-Sud, l'accès se fait, comme dans tout palais qui se respecte, par la porte du Midi. Sur le bord de l'avenue Yonghegong (Yonghegong Dajie), un double Pailou (portique) annonce l'importance du résident des lieux, le plus grand Bouddha de bois sculpté au Monde!

Passé les pailou, une longue allée vous guide jusqu'à la véritable entrée. L'été, l'ombre des arbres qui la bordent apporte un peu de fraicheur au touriste étourdi par la chaleur lourde et humide de la capitale chinoise. En hiver, le vent froid s'y engouffre et l'on presse le pas!!

Enfin, vous voici dans la première cour. De chaque côté se dressent les tours de la cloche et du tambour, ainsi que des kiosques abritants les stèles de fondation, comme dans tous les temples.
Reproduction miniature d'un ville mais totalement religieuse, le temple est organisé comme un palais ou un jardin :  un microcosme dans le macrocosme. Les éléments primordiaux de la vie humaine sont ainsi reproduits à l'échelle de la vie interne du temple. La cloche rythmant les heures de prière et de labeur de la journée, le tambour rythmant les veilles de la nuit...

Un premier batiment percé de trois arches se dresse devant vous, il s'agit de la Porte de l'Harmonie Eternelle, aussi nommée Tianwang dian (la salle des rois célestes).
Devant vous, assis sur son trône et souriant de toute sa joie, voici le bouddha Milefo, alias Maitreya, symbolisant l'Avenir. Autour de lui, effrayants et colorés, se dressent les quatres rois célestes, gardiens des points cardinaux. N'oubliez pas d'admirer les Thangka (peintures sur tissu) en contournant le trône de Maitreya.
Derrière, une autre statue vous attend. Il s'agit de Weituo, célèbre bodhisattva, protecteur de la doctrine bouddhiste et armé pour terrasser l'ignorance, les démons et l'intellect inférieur.

Weituo, le guardian de la doctrine bouddhiste, statue de bois de santal doré.

En ressortant, une cour se dessine devant vos yeux et perché sur un tertre, voici un pavillon abritant une stèle gravée dans les 4 langues officielles de l'état mandchou (Mandchou, chinois, tibétain et mongole) sur ordre de Qianlong en 1792. Les lignes qui courent sur la pierre grise racontent l'histoire du lamaïsme.
De chaque côté de la cour les salles annexes dites de l'Exotérisme et de l'Esoterime abritent aujourd'hui des galeries présentant de magnifiques objets d'art tantriques.

Au Nord, le pavillon de l'Harmonie Eternelle, Yonghe dian, vous présente les statues dorées des bouddhas du futur, du passé et de l'avenir. De chaque côté de la salle, les deux rangées de 9 bodhisattavas forment les 18 luohan (en sanskrit : arhat, les disciples directes du Bouddha parvenus au Nirvana).
Dans la cour, faites tourner les moulins à prière situés sur le côté ou bien brûlez un peu d'encens pour attirer la protection des trois bouddhas sur votre voyage!

Enfin, le troisième pavillon principal, Yongyou dian la salle de l'éternelle protection, figure trois autres statues principales. Il s'agit du bouddha de la Longévité, celui de la Médecine et enfin le lama qui initia l'empereur Qianlong (à gauche).

Cartouche portant le nom du pavillon Yongyou dans les 4 langues présentent dans le Temple :
(de droite à gauche) mandchou, chinois, tibétain, mongole.

La quatrième cour, composée des salles de l'accompagnement Ouest et Est, présente une galerie de yabyum, autrement dit de divinités en union sexuelle. Ces statues symbolisent l'activité de la divinité complète, soit l'énergie mâle passive et l'énergie femelle active.

Le pavillon de la Roue de la Loi, Falun dian, abrite quand à lui la statue de bronze doré du célèbre Tsong Khapa (1357 -1419), fondateur de la "secte du bonnet jaune", ainsi que des fresques représentant sa vie. L'architecture du batiment est ici totalement tibétaine, offrant de longues allées de coussins aux moines résidents du Temple pour la prière et la méditation. Si vous prennez garde, les sutras en rouleaux sont conservés sur les étagères du mur gauche.
Enfin, derrière la statue du saint homme, on peut admirer une imposante sculpure de bois de santal représentant le mont Suméru (montagne sacrée du Bouddhisme). On y compte quelques 500 figures de luohan en or, argent, cuivre et fer.

Enfin, la dernière coure se devine et face à vous se dresse le Pavillon des dix milles bonheurs, Wanfuge. Splendeur sur deux étages fait de pourpre et d'or, notez les passages aériens couvert entre le pavillon central et ces deux voisins, uniques et caractèristiques de Yonghegong.

Passez le pas de porte et admirez le chef d'oeuvre du Temple, le plus haut bouddha sculpté d'un seul morceau de bois au monde. Ce Maitreya là n'est pas avachi sur un trône mais se tient bien debout, la main droite levée en signe de paix, la gauche baissée prennant la Terre à témoin.
Il fut offert par le septième Dalaï Lama à l'empereur Qianlong et le batiment dut être totalement reconstruit autour de son imposante stature de 18 mètres, dont 6 sont enterrés pour l'aider à tenir debout!

N'oubliez pas, dans les pavillons latéraux, tout au long de la visite du temple, différentes salles d'exposition vous présentent des oeuvres de la statuaire tantrique de bronze, d'or, d'argent ou même de fer, ou des peintures. Certaines pièces sont exceptionnelles!

Pavillon Wanfuge, abritant le bouddha Maitreya offert par le VIIe Dalaï Lama.

Un temple politique ?
Yonghegong ne repose pas seulement sur la piété d'un empereur particulièrement dévot mais bien sur l'importance politico-religieuse du courant Vajrayan qui existant déjà à l'époque.
Loin du conflit actuel qui secoue la Chine et le Tibet depuis les années 50, les empereurs Qing, en dirigeants intelligents et éclairés, avaient totalement saisie l'importance des religions pour souder un Empire aussi vaste et culturellement fractionné que le leur.

L'Empire du Milieu se constituait alors principalement d'un territoire chinois (Han), de la Mandchourie (d'où étaient originaires les Qing), d'une partie de la Mongolie et du Tibet... Les chinois, Han, étaient principalement des bouddhistes suivant le courant Matrayana (autrement dit grand véhicule), quelques musulmans et des religions minoritaires comme juives, chrétiennes... Les mandchous étaient à l'origine un peuple animiste. Les tibétains étaient majoritairement des bouddhistes tantriques, tout comme les mongoles... qui formaient la grosse épine dans le pied des Qing.

Quand les Qing prennent le pouvoir, en 1664, ils sont les usurpateurs pour les chinois Han, mais aussi pour les tibétains et les mongoles.
Qui plus est, les seigneurs des grandes tribues mongoles se sont institués protecteurs attitrés du Dalaï Lama et des grands dirigeants tibétains depuis des siècles. Le peuple mongole, profondément lamaïste, était acquis à cette cause que défendaient leurs chefs farouchement opposés à la dynastie Qing.

Pour convaincre les dirigeants de la théocratie tibétaine, il ne restait plus qu'aux Qing de démontrer qu'ils étaient de grands protecteurs, eux aussi, du courant Vajrayana et la supériorité de leur empire sino-mandchou.

Rapidement Yonghegong devint ainsi le symbole des échanges culturels entre les Qing et le Tibet. Le temple de Pékin se présenta rapidement comme un grand lieu d'étude théologique, ainsi que des mathématiques, de la médecine, de l'astrologie...

Encore aujourd'hui, le temple reste un puissant foyer du bouddhisme de la secte des Gelukpa dans la capitale chinoise et une vitrine politique du gouvernement chinois sur la liberté religieuse des lamaïstes...

Vestiges du palais princier, les tuiles d'or du temple et les Kuilongzi.


Pour voir toutes les photos, n'hésitez pas à visiter l'album photo Yonghegong!!

Pour s'y rendre :
Nom en français : Temple des Lamas
Nom chinois : Yong He Gong (雍和宫)
Adresse : 28 avenue Yonghegong (Yonghegong Dajie), quartier Dong cheng
En métro : Ligne circulaire et ligne 5, arrêt Yonghegong.
En bus : lignes 13, 44 et 116, arrêt Yonghegong.
Horraires : 9H - 16H
Prix d'entrée : 25 Yuan


Bonne visite et Have fun!

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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 21:33
Yuan Ming Yuan, ou le Jardin de la Clarté Parfaite, se trouve à Pékin, dans la partie Nord-Ouest de la ville, après les campus des grandes universités nationales que sont Beida et Qinghua.
Situé au Nord-Est du célèbre "Palais d'été" ou Yiheyuan que visitent tous les touristes étrangers, le Jardin de la Clarté Parfaite reste ainsi un lieu ravagé et oublié...



Histoire d'un lieu oublié :

Construit pour l'amour de la nature du prince héritier de Kangxi (Yinzhen alias empereur Yongzheng), puis remodelé par son fils Qianlong, ce jardin se voulait être le Versailles d'Extrême-Orient, une étoile parmis les perles.

Tout commence sous le règne du grand Kangxi. Ce dernier a de nombreux fils et hésite avant de choisir son héritier. Par chance son règne est long et prospère, cependant Kangxi veut s'assurer que ses successeurs seront de bons empereurs aussi. Lors que dans les dernières années de sa vie il découvre les talents précoces de son petit-fils Hongli, fils de son quatrième enfant Yinzhen. Il décide alors de favoriser Yinzhen, de le nommer héritier, pour que plus tard Hongli devienne à son tour un grand empereur. Il faut croire que Kangxi avait un don de double vue... Son petit-fils deviendra le plus grand empereur de la dynastie Qing avec lui-même.

En 1709, Kangxi offre à son fils Yinzhen un palais au Nord-Ouest de la Cité Interdite (à 10 km environs), son propre jardin Changchunyuan (Jardin du joyeux printemps). Durant ces 13 années de régne, Yongzheng modifia son jardin, assisté des conseils avisés des pères jésuites, et le rebaptisa Yuan Ming Yuan.
Mais les grands changements et la merveille sortirent de terre sous l'incroyable imagination de Qianlong, Giuseppe Castiglione (italien) et Michel Benoist (français).
Le jardin devient alors un méandre de pavillons, kiosques et théâtres édifiés au fil des lacs, cours d'eau, fontaines et labyrinthes. Pour la première fois au Monde, le jardin de la Clarté Parfaite fut le point de rencontre des idées chinoises et occidentales en matière d'architecture, tout en restant le plus pur exemple de jardin à la chinoise : un microcosme dans lequel l'empereur avait reproduit l'Etat parfait sous le Ciel.



Chronique d'un massacre artistique :

Malheureusement, tout grand empereur qu'il soit, Qianlong restait un homme et un asiatique (pour ne pas dire un chinois... et oui, il n'était pas chinois souvenez-vous)!
Si l'entente entre lui et les pères jésuites était un modèle de diplomatie internationale, ce ne fut pas le cas avec les ambassadeurs de tous les autres états occidentaux. Et le premier problème diplomatique entre Chine et Occident (comme quoi ça ne date pas d'aujourd'hui...) vit le jour entre Qianlong et George Macartney, ambassadeur britannique, en 1793.  Macartney en se présentant devant le Fils du Ciel (dans son palais de Chengde) se sentit humilié quand on voulu lui imposé le Koutou (salue traditionnel en Chine du à l'empereur). Après semaines de tractations, il obtint de lui faire une révérence comme à son propre roi.

Cependant la différence culturelle et l'incompréhension furent responsables en grande partie de la suite des relations entre Empire chinois et monde occidental.

Il y eu sans doute de la vanité de la part des succésseurs du grand empereur, ainsi que du côté des Occidentaux qui se sentaient toujours supérieurs. Mais le climat surchauffé, provoqua quelques 60 années plus tard, des actes irrémédiables qui emflammèrent la Chine.

En 1851 commence un mouvement d'insurection en Chine, c'est la rebellion des Taiping. Guerre civile soulevée par une causalité entre une mauvaise gestion de l'état et des années de récoltes catastrophiques, selon les histoiriens elle provoqua la mort de plus de la moitié de la population chinoise de l'époque (entre famine et massacres).
Les Taiping fut un mouvement théocratique mené par un certain Hong Xiuquan (de minorité Hakka) qui se prit pour le frère du Christ et nouveau Messie. Le nom de Taiping fut le nom qu'il donna à son pseudo royaume (le Taiping Tianguo : Royaume céleste de la Paix transcendante) qu'il obtint en provoquant le soulèvement des paysans du Sud de la Chine.

Profitant de la confusion générale, les occidents virent là l'occasion d'enfin s'assujétir l'Empire du Milieu. La seconde guerre de l'Opium éclate.
Malheureusement, au milieu de ce grand bazard qui durera plus de dix ans, l'année 1860 sera très sombre.
Le 21 septembre, les troupes franco-britanniques du général Cousin-Montauban anéantirent les 50 000 chinois qui leur barraient la voie sur la capitale. Le 6 octobre, Pékin tomba aux mains de la l'alliance franco-britannique. Le 18 octobre, en représailles contre des atrocités commises par les mandchous sur des pisonniers occidentaux, le palais d'été fut mis à sac par les troupes du général Cousin-Montauban et de Lord Elgin.

Et si Versailles ne fut pas détruit par la Révolution, mais son mobilier démantelé, Yuan Ming Yuan fut tout simplement pillé et incendié par les troupes Anglaises et Françaises. Son voisin, Yiheyuan, celui que l'on nomme le Palais d'été aujourd'hui, subit le même sort. Pourtant, il fut relevé par Cixi quelques années plus tard (en 1861 elle devint impératrice douairière), car aimait tellement y séjourné...

A travers le monde, un vent de contestation se lèva... En France, l'indignation gagna Victor Hugo dans sa célèbre "Lettre au Capitaine Butler".



Ruines romantiques?

Depuis 1860, Yuan Ming Yuan est un jardin sauvage envahis d'arbres et de lotus, où ici et là quelques vieilles ruines en marbre blanc effleurent le sol et attirent l'oeil du visiteur. Retiré, oublié, il est le lieu idéal (350 hectares) pour fuir la chaleur pesante du centre ville en été et aprécier la fraîcheur de l'ombre des arbres qui ont ici repris leurs droits sur la nature. Les pékinois en ont fait un lieu privilégié de picnic et pêche, loin des touristes.

C'est en 2001 que j'eu la chance (à force de bassiner mon amie chinoise) d'y mettre les pieds par un beau dimanche matin. Pour mes amis chinois, j'étais folle.
Et bien oui quoi... Pourquoi aller voir un terrain vague avec trois pierres branlantes, quand Yiheyuan est tellement plus beau à côté?!
Je suis de nature curieuse, j'ai grandi non loin de Versailles, j'ai étudié l'art, l'architecture, alors il fallait forcément que j'aille poser mes yeux sur les rares ruines de Chine! Mais quelles ruines!



Pourquoi est-ce resté en ruines :

Comme je l'ai déjà dit ici, en Chine on ne trouve que très rarement des ruines. Pour la simple et bonne raison que lorsque c'est vétuste, on rase et on reconstruit. Il se peut qu'on reconstruise... à l'identique!
C'est d'ailleurs ce qui se passe aujourd'hui à Pékin dans les quartiers historiques, certains hutong qui sont rasés sont reconstruits avec les matériaux modernes mais dans le style traditionnel.

De plus, lorsqu'une dynastie périclitait, son palais était abandonné jusqu'à s'écrouler, puis on rasait définitivement les lieux quelques 30 ans plus tard. Il n'y a que la dynastie Qing à Pékin qui ne fit pas de même avec le palais des Ming. Le trouvant certainement tout à leur goût, ils s'y sentirent comme dans leurs propres yourtes!
L'abandon du palais des prédécesseurs devait avoir une raison exemplaire : le peuple voyait ainsi que le précédent fils du Ciel avait perdu son mandat et que la grâce de l'Empereur d'en Haut l'avait totalement délaissée, au point de détruire son palais...

Yuan Ming Yuan fut construit pour un empereur de la dernière dynastie... Doit-on voir dans ses ruines abandonnées et jamais relevées que tous les gouvernements chinois depuis lors n'ont voulu qu'effacer de la mémoire collective cet homme qui fut certainement le plus grand empereur de Chine, de par son érudition, sa protection accordée aux religions chinoises comme étrangères ou son empire qui resta prospère malgré une grâve crise économique?

Pour autant, il est impossible d'effacer Qianlong. En occident il est connu comme le Louis XIV de Chine. Contemporain de Louis XV et Louis XVI, il naquit avant la mort de Louis XIV et mourru bien après XVI, imaginez un peu : 1711 - 1799!
Homme peut-être parfois obtu, il reste un exemple de piété filiale (vertu de grande valeur dans la Chine traditionnelle), puisqu'il abdiqua en 1797 (cédant le trône à son fils) pour ne pas avoir un règne plus long que celui de son grand-père Kangxi...

La réalité est donc toute autre. Imaginez, en 1860 les caisses de la coure impériale sont vides ou presque, le pays est en pleine guerre civile. Cixi ravagera l'économie quelques années plus tard pour reconstruire son précieux Yiheyuan. Alors pour Yuanming yuan, il ne reste rien.
En 1912, l'Empire est un souvenir du passé et la Chine sombre dans une période chaotique, entre intérets coloniaux des occidentaux et guerres intestines locales. La période n'est pas propice aux restaurations, si ce n'est en 1916 celle d'un pseudo Empire avec le général Yuan Chi-Kai.

Lorsqu'enfin la Chine touche à une période de paix en 1949-1950 avec la victoire de Mao sur les troupes de Jiang Jie-Shi (Tchang Kai-Chek), la guerre sino-japonaise est passée par là et l'argent fait défaut. La Chine mettra du temps à se redresser.
Finalement c'est depuis l'ouverture de l'économie de marché que le pays aurait peut-être les moyens de relever les ruines... Mais plus de 100 ans sont passés dessus, il ne reste pas grand chose et le temps a fait son oeuvre. Le chantier serait colosal et l'argent gaspillé.

C'est ainsi qu'une merveille retourna à la terre.


Si vous désirez admirer quelques trésors "rescapés" (ou bien "volés") des somptueux pavillons du Jardin de la Clarté Parfaite, visitez le Musée chinois de l'Impératrice Eugénie à Fontainebleau.

La Bibliothèque de France possède aussi un trésor sans prix :  les "40 Vues du Jardin de la Clarté Parfaite", une série de peintures de l'époque de Qianlong illustrant les travaux de l'empereur Qing.


Informations complémentaires :
Nom du jardin : Yuan ming yuan (圆明园)
Nom français : Jardin de la Clareté Parfaite/ ancien palais d'été
Adresse : Qinghua Xilu (route ouest de Qinghua), quartier Haidian.
Horraires : 7h - 19h.
Prix d'entrée : 10 yuan le parc - 15 yuan les ruines.

Pour s'y rendre :
De façon générale les bus en direction du Palais d'été (Yiheyuan) + un bus faisant la navette (ou à pied... ce n'est pas très loin).
Ligne 375 depuis Xizhimen.


Bonne promenade et Have Fun!
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20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 13:00
Qui est venu à Pékin et ne connaît pas Wangfujing?
Un touriste qui aurait oublié de suivre le groupe? Un touriste qui n'aurait pas lu son guide de voyage?!

Et oui, vous l'aurez compris, s'il existe à Pékin un lieu semblable aux Champs-Élysées parisiens, aux Ramblas de Barcelone, ou à Oxford Street à Londres... il s'agit de Wangfujing, "l'avenue de Pékin qui dort le moins" selon l'expression  (bien qu'aujourd'hui l'avenue de Xidan n'est pas mal placée non plus...).

Wangfujing est une charmante rue, souvent noire de monde, en plein coeur du Quartier Dongcheng. Située à une dizaine de minutes à pied de la place Tian'anmen, de la Cité Interdite et à quelques mètres seulement des plus beaux palaces de la capitale chinoise, elle se trouve en plein centre du vieux Pékin.
Si son nom en chinois signifie "le puits des résidences princières", aujourd'hui Wangfujing n'a plus rien de princière et se trouve être un des temples pékinois de la consommation.

Pour la petite histoire, à l'époque Ming le quartier était déjà connu pour son commerce de tout. Mais à l'époque des Qing on découvrit une source et un puits fut formé dessus, plusieurs princes et grandes familles mandchoues s'installèrent à la place du marché pour la commodité de l'eau à proximité, donnant son nom actuel à l'avenue.
C'est en 1903 que le marché Dong'an (paix de l'Est, une contraction entre Dongcheng le quartier et Chang'an l'avenue) fut créé et l'avenue retrouva sa fonction commerçante.
De 1913 à 1949, elle fut rebaptisée Morrison Street, époque de forte présence occidentale bien entendu. L'arrivée du communiste lui rendit son nom d'origine... Et il faut avouer que Wangfujing est bien plus joli que Morrison, même si les occidentaux n'arrivent pas à le prononcer correctement!


Aujourd'hui, vous trouverez tout à Wangfujing, ça ne fait aucun doute. Mais on y trouve surtout des prix défiants tout... bon sens!
Un conseil, venez à Wangfujing pour le plaisir des yeux... Et pour la survie de votre porte-feuille, oubliez le à l'hôtel!

En dehors de la librairie de Wangfujing, située au croisement avec Chang'an avenue, qui en général vend les livres aux même prix que partout ailleurs, ici tout le reste est excessivement cher, voir excessivement faut...

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Fuyez les boutiques à touristes avec souvenirs en toc et autres babioles à 4 mao vendues ici 10 kuai (mao ou jiao: décime chinois, fen: centime chinois, et kuai ou yuan: monnaie chinoise). Ici l'intéret est de voir la vie des chinois!

Pour les livres en anglais, français, allemand, espagnol, russe... vous avez un peu plus loin au nord la librairie des langues étrangères. Elle dispose d'un choix assez sympathique de dictionnaires dans de nombreuses langues, depuis et vers le chinois, ainsi que des romans bilingues et un rayon de romans étrangers, surtout en anglais.
Attention, les livres chinois ne sont pas chers, mais les prix des livres importés par contre peuvent vites flamber.

Vous noterez le contraste saisissant qu'il peut aussi y avoir... entre Wangfujing, la proprette, la rue modèle... et ses contre-allées, ses ruelles qui partent vers l'est, vers l'ouest, avec des boutiques, des restaurants et leurs devantures parfois bien moins propres.
C'est aussi ça la Chine. L'explication est souvent bien simple: charbon et cuisine grasse. Et oui, Mac Do a beau avoir sa place partout dans la capitale comme sur l'avenue commerçante principale de Pékin, il reste énormément de restaurants chinois dans la ville et toujours autant de clients dedans!!

L'activité principale des chinois... n'est pas le travail quoi qu'on en dise. C'est manger!!
Les chinois adorent manger... et oui, un point commun avec les latins je pense (peut-être pas avec les anglais par contre). De ce fait l'avenue de Wangfujing possède bon nombre de restaurants en tout genre, de la gargote huileuse au restaurant de grand hotel 5 étoiles luxe!
Mais aussi... une boutique de baguettes!! C'est la première que je vois, et j'avoue qu'en fait ça ne me surprend pas (malheureusement la photo était floue, il faudra attendre un autre passage sur la dite avenue!).

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Vue sur une contre-allée de l'avenue Chang'An, l'avenue qui passe devant la Cité Interdite et sa porte de la paix céleste... et devant la place du même nom. Wangfujing, quand on débouche de l'avenue Chang'An, au sud de Wangjufing (avenue orientée nord-sud, contrairement à Chang'An orientée est-ouest). Sur la droite la grande librairie de Wangfujing... 6 étages de livres, de cd, de dvd...Un magasin sur l'avenue... et toujours des passants!! Même Mac Do est installé... il faut de tout pour faire un monde!Un "mall" à la chinoise.

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Baihuodalou, reconnaissable de loin par son énorme tour d'horloge rouge, est ce que je qualifierai de "Printemps" ou "Galleries Lafayettes" version chinoise.
Il s'agit d'un grand magasin présent sur l'avenue depuis de nombreuse décennie. Déjà à l'époque de Mao, il figurait le temple de la consommation à l'occidentale, les prix y étaient rédhibitoires pour 99% de la population, mais Madame Mao pouvait s'y fournir en bas de soie... Aujourd'hui bien plus de chinois peuvent s'y faire plaisir et les publicités pour Chanel, Lancôme et Dior sont bien mises en avant!

undefinedLa déco de saison.. fleurs en plastique et tissu... Je ne veux pas imaginer leurs couleurs dans quelques jours avec la pollution locale... (et une belle impression de smog par la même occasion, on ne voit même pas le bout de l'avenue... ).

undefinedEt un "mall" à la chinoise, avec Mac Do et toutes les marques occidentales qu'on puisse imaginer. Certaines sont même souvent devenues ringardes ou oubliées chez nous depuis des années, alors qu'elles sont hyper branchées en Chine. N'allez pas croire que les chinois n'ont pas de goût ou vivent à la mode rétro, loin de là. Certaines grandes marques sont tout simplement passées de l'autre côté de la planète devant le marché appétissant qu'est la Chine.

Le luxe est un secteur qui se porte très bien en Chine, des marques comme "Esprit" ou "An'ge" font un tabac dans le nouvel Empire du Milieu, malgré des prix très élevés. Si les paysans s'appauvrissent en Chine, une partie de la population citadine n'est pas la plus à plaindre... paradoxe capitaliste.

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Andy Lau s'affiche, et une pub de plus pour monsieur Lau (star de HK pour ceux qui ne connaîtraient pas, acteur et chanteur). Je vous précise qu'à l'époque je ne comptais plus le nombre de fois où je le "croisais" dans la rue à Pékin, entre ses films, ses albums, ses téléfilms et les pubs de marques hongkongaises...

undefinedWangfujing est aussi connue pour son église, l'une des plus ancienne de Pékin. La Cathédrale St Joseph, d'un style hispano-portugais, propose des messes en chinois mais aussi en anglais.
Elle se trouve sur le côté Est de l'avenue, au Nord des grands centres commerciaux.

Voila! J'espère que la visite vous à plu. Les photos sont malheureusement marquées du smog pékinois très, voir trop, présent à l'époque de mon passage, un certain mercredi de novembre 2005.


Pour vous y rendre :
Rien de plus simple, la ligne 1 du Métro pékinois possède un arrêt "Wangfujing" qui vous déposera au sud de l'avenue, face à la grande librairie.
Les lignes 102 et 103 du Trolley Bus passent aussi par Wangfujing dans un sens, et dans une rue à proximité dans l'autre sens. Plusieurs arrêts déservent toute la longueur de l'avenue (mais une partie est uniquement piétonne!).



Bonne visite et Have Fun!
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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 17:00
/! Première publication : Vendredi 07 Octobre 2005.
Mise à jour le 09 Octobre 2005.
Revu le 13 Mars 2008.

Bonsoir,晚上好

Pour finir mes courtes vacances d'octobre (vacances nationales chinoises du 1er octobre), j'ai décidé de profiter de mon dernier vendredi sans cours et de sortir. Par chance le beau temps était au rendez-vous, fini le smog des jours précédents. Le seul bémol était le petit vent frais qui annonçait l'automne...
Mes pas, et surtout le bus, me portèrent au Musée des cloches anciennes de Pékin. Il se situe au nord-ouest de la Capitale, donc logiquement assez proche de ma fac, à peine 3-4 km (très peu de chose pour Pékin).

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En bus cela donne un trajet de 1 yuan et d'à peine 25 minutes sur une ligne rapide comme la 8 ou le 323 rapide ( et oui, il y a la 323 lente, avec plus d'arrêts!^^).

A l'aller j'ai pris un superbe bus à double étage de la ligne 8, avec un voisin de place qui trifouillait son tout nouveau portable (un des nouveaux sports nationaux chinois : le portable!! -__-' ), pendant que je me réfrigérais au vent de la fenêtre totalement ouverte à côté de lui. La ligne 8 a l'avantage d'avoir son terminus à...大钟寺Dazhongsi!
Arrivée, je me retrouve sur le parking des bus, terminus de la ligne, en plein centre du périph numéro 3, avec aucun passage piéton pour traverser en face. Pourquoi faire simple quand on peut faire chinois!

Enfin, grâce à mon sens de l'orientation et mon assez bonne mémoire des lieux (j'étais déjà venue 4 ans auparavant avec une amie), je trouve vite la direction, et au bout de 2 minutes grâce à un blanc dans la circulation, sans bus, sans voiture, sans cycliste, sans triporteur (miracle!!), je traverse et découvre le musée à 50 m.


Le musée :
Le musée des cloches anciennes a pris place dans un ancien temple désaffecté. Il n'y a donc plus de bonze ni de culte, mais l'architecture a été conservée, même si elle aurait bien besoin d'une restauration. Le temple se nommait... Dazhongsi!
En chinois les noms de temples se terminent souvent avec "si" à la fin... signifiant le temple (bouddhiste). Da et Zhong signifient respectivement grand(e) et cloche.

Dazhongsi était donc le temple de la Grande Cloche, abritant un monstre de bronze fondu sous le règne de Yongle. La cloche a perdue son ancienne fonction il a de nombreuses années et maintenant ne sert qu'occasionnellement pour des enregistrements surtout.
Mais le temple est devenu un musée, abritant une collection assez époustouflante de cloches de bronze et de fer, jusqu'à une réplique du fameux carillon de Zeng, pièce datant des royaumes combattants et trouvé dans la tombe du marquis de Zeng, petit seigneur visiblement très mélomane.

undefined Malheureusement... je suis mal arrivée cette fois. La semaine précédent ma visite se terminait, après trois mois,  une exposition sur l'art campanaire français... et donc cette fois-là le musée était un peu sans dessus-dessous, les cloches logeant dehors pour les plus grosses, et les salles en travaux. Cela ne m'a gêné en rien pour prendre tout de même une soixantaine de photos!

Il a de très beaux modèles, plus ou moins anciens. Le plus amusant est de découvrir que nombreuses de ses cloches sont originaires de la plus part des temples de Pékin, voir de Chine. Les originales sont ainsi en lieu sûr à Pékin, et il est probable que des copies soient en lieu et place pour d'occasionnelles utilisations.


undefined Petite Histoire du Temple :
Fondé sous Qianlong (dynastie Qing), vers 1733, il fut nommé dans un premier temps "Jueshengsi" (le temple du véritable Eveil). Mais en 1743 on y transferra la grosse cloche de Yongle (dynastie Ming), originalement au Temple de la Longévité (Wanshousi).


undefinedLa grosse cloche de Yongle :
Heureusement, le clou du spectacle, la grosse cloche de Yongle (dynastie Ming), fondue en 1406, était toujours dans son écrin.
Le dit écrin est un pavillon spécialement élevé pour la belle au Nord du Temple. Haut de 16 mètres, il est construit sur un plan carré au sol avec un toit circulaire. Ses quatres côtés sont percés d'ouvertures laissant passer la lumière mais difficilement les regards des visiteurs.

Pour déplacer ce monstre de 46,5 tonnes, sous le règne de Qianlong (si vous avez suivi) en 1743, on dut attendre l'hiver et le faire glisser sur l'eau gelée du canal. La cloche n'a pas bougée depuis ce temps, et il faudrait être fou pour y penser!

La bête, qui porte le doux nom de "Huayan zhong", mesure 7 m de haut pour 3,30m de diamètre.



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undefinedSon nom vient du fait que son corps couvert, intérieur et extérieur, de plus de 230 000 caractères chinois (plus quelques lettres sanskrites sur le haut et l'articulation qui la fixe aux montants en bois) évoquant le canon de l'école Huayan (courant bouddhiste du VIIeme siècle, opposé au tantrisme, très répandu en Chine et au Japon).

Ce canon enseigne que toute créature, que toute chose est une manifestation du principe cosmique (appelé Dharma dans la philosophie Bouddhiste). Ainsi le plus petit grain de poussière de notre univers contient tout la quintessence de l'esprit du Bouddha. La vérité transparaissant ainsi en tout lieu, tout moment et toute chose, il suffit d'observer les choses et les être pour saisir et s'imprégner de leur beauté, de leur essence.
Cette façon de voir le Dharma s'oppose à l'idée du bouddhisme tantrique (tibétain) qui use de pratiques magiques. Autant le dire, cette vision des choses et le courant Huayan furent très suivis en Chine, en Corée, au Japon, et leur vision du Cosmos inspirèrent beaucoup d'artistes. La peinture chinoise, qui se fait que retranscrire sur le papier ce qu'est la Nature, découle entre autre de ce courant bouddhiste.


undefined Lorsque la belle Huayan zhong sonnait tous les jours, on pouvait l'entendre à 50 Km à la ronde (il n'y avait certainement pas le bruit qu'il y a aujourd'hui dans Pékin!!). Bien sûr, aujourd'hui à défaut d'entendre la vraie cloche sonnée devant nous, on nous passe un enregistrement sur cassette, que l'on peut acheté.
15 yuan le CD, et il existe même le VCD (les chinois sont des fous de ce support introuvable en France en général) pour la voir en image...

Je vous avoue que j'ai déboursé les 15 yuan juste pour le plaisir, mais surtout 286 yuan pour le catalogue du Musée, un autre monstre édité par les éditions des langues étrangères de Pékin et qui monte tout de même à plus de 60 € en France, quand on le trouve... Bien sûr, à Pékin il était en anglais.
Heureuse de sa journée, la vendeuse m'a offert gracieusement l'accès au sommet du monstre qui en temps normal coûte 3 yuan à chaque visiteur.

undefined Les escaliers pour y accéder sont un peu casse-cou, en plus d'être faiblement éclairé par endroit (c'est à dire qu'ailleurs ils sont dans le noir...) ils ont un bon dénivelé, comme très souvent en Chine, entre chaque marche.

Le haut du bâtiment atteste du poids de la Cloche qui le fait souffrir depuis des siècles, mais aussi du climat et de l'absence de joint d'étanchéité aux "fenêtres" en papier! ^__^
En redescendant je fais attention a ne pas m'assommé aux poutres de soutènement de la cloche qui prennent une place terrible dans les marches... et je ressort.

undefined Vous remarquerez sur les photos, le haut de la cloche est couvert de pièces de monnaie car les chinois les jette dans l'espoir de taper sur l'anse en bronze, puis de faire tomber la pièce dans le trou central de la cloche... et ainsi de pouvoir faire un vœux qui se réalisera.
Personnellement j'ai gardé ma mitraille pour autre chose! Il n'y a pas de petites économies, surtout en Chine (les pièces de 1 Yuan et les billets sont très utiles pour prendre le bus).


Enfin la publicité du musée le place comme 6eme haut lieu touristique de Pékin.
Pourtant si je dois m'en tenir aux nombre de visiteurs croisés en cette période de vacances nationales, rien à voir avec le nombre qui se presse devant la Cité Interdite, le Palais d'été (Yiheyuan), les Xiangshan, le Temple du Ciel ou même devant Yonghegong (le temple des Lama).
Mais au contraire, ainsi le lieu est un endroit paisible et calme, même idéal pour venir lire si on aime pas les cloches!


De l'importance des cloches dans la Chine Ancienne :
Comme en Europe, les cloches rythmaient la vie. Principalement la vie diurne, mais certaines cloches concervées au musée atteste d'une recherche dans l'art de la fonderie pour obtenir certains spécimens au bruit grave et profond pour les sonner de nuit.
On trouvait des cloches monumentales comme celles de la Tour de la Cloche de Pékin pour la vie séculaire. Mais chaque temple, et surtout monastère, atant organisé comme un micro cosmos, possédait aussi sa tour de la cloche pour rythmer la vie des moines ou nones.

Si l'on remonte plus loin encore, on peut comprendre que la cloche avait une importance musicale. Il suffit de voir le nombre de cloches retrouvées dans les tombes de seigneurs datées de la période des Royaumes Combattants. L'exemple le plus flagrant est le magnifique carillon du marquis Yi de Zeng, voir le dossier de la Cité de la MusiqueCarillon du Marquis de Zeng.
Le musée abrite aussi un carillon de 16 cloches en or, venu de la Cité Interdite, datant du règne de Qianlong... Un pur joyaux!

Enfin, il me vient l'idée d'associer la cloche, au son bénéfique, au tambour (d'ailleurs de la tour du tambour on rythmait les veilles des nuits). Dans les deux cas ce sont des instruments bruyants. Hors en Chine le bruit est sencé faire peur aux mauvais esprits, aux fantomes, aux âmes errantes... Voici certainement l'autre raison de l'importance qu'attachait la Chine Ancienne aux cloches, leur son avait un effet purificateur.
D'ailleurs à cet effet le musée conserve une sublime collection de clochettes (ling en chinois) "vajra" en bronze, issu des objets litturgiques du bouddhisme tantrique.


undefinedInformations complémentaires :
Nom du musée : Dazhongsi
Adresse : Quartier Haidian, section Ouest du 3eme périphérique nord (au numéro 31)
Prix d'entrée : 10 Yuan pour la visite, 3 Yuan sur présentation de carte d'étudiant chinois.
Horraires de visite : 8h30 - 16h30

Pour s'y rendre :
Le bus est le plus simple, arrêt "Dazhongsi".
Les lignes : n°8, 300, 302, 367, 718...

Exemple : depuis Tian'anmen, prendre le métro jusqu'à Gongzhufen (ligne 1, direction Pingguoyuan), puis sortir et prendre le bus 300. Demander au contrôleur de vous indiquer l'arrêt "Dazhongsi".

Le métro de Pékin change d'année en année, il s'agrandit. Vous pouvez donc prendre maintenant la ligne 2 (circulaire) jusqu'à Xizhimen (dans l'angle Nord-Oue, c'est l'arrêt suivant!


Bonne visite et Have Fun!
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11 mars 2008 2 11 /03 /mars /2008 20:45

Tiantan1-S.jpgPékin est vaste, comme vous l'avez certainement remarqué, le centre historique (si on peut parler de centre historique) occupe déjà une place importante avec le plus grand palais au monde (la Cité Interdite), mais il faut y ajouter le vaste espace vert, situé au Sud-Est de Tian'anmen, qu'est le Temple du Ciel.

Pour les pékinois le Temple du Ciel, Tiantan de son vrai nom, est avant tout un parc, un lieu de détente en plein coeur du quartier de Chongwen. Rien que 270 hectares plantés d'arbres, percé d'allées et idéale aujourd'hui pour la gymnastique matinale des citadins à la retraite.

Pour le touriste ce lieu renferme l'histoire ancienne du gouvernement impérial mais aussi la vie moderne de la Chine actuelle, deux raisons d'y passer du temps!
Attention, vous plongez dans le bleu... ^__-


Historique :
Sa construction débute en 1406, sous la férule de Yongle le grand empereur batisseur de Pékin de la dynastie Ming, et ne s'achève qu'en 1420, approximativement en même temps que les travaux de la Cité Interdite.

Mais certains éléments furent ajoutés, complétés plus tard. C'est le cas du petit temple rond de la Voûte Céleste Impériale, érigé vers 1530 et restauré sous les Qing.

Si le magnifique temple de la Prière pour les Bonnes Moissons s'élève vers le ciel pas toujours bleu de Pékin depuis 1420, n'espérez pas avoir devant vous un batiment qui a cotoyé les grands empereurs de Chine.
Il se trouve que de par sa taille il attira la foudre un triste jour de 1889 et fut incendié. Par chance, la bureaucratie impériale chinoise étant ce qu'elle fut, concervatrice en tout, retrouva les plans d'origine et la merveille fut réédifiée l'année suivante.

Le magnifique tertre de l'Autel cu Ciel fut construit en 1530. Mais la vision actuelle date d'un remaniement de l'époque de Qianlong (dynastie Qing) vers 1749.


Le rôle du Temple du Ciel :

Qu'importera les dynasties, Ming ou Qing, les fils du Ciel y viendront deux fois par an, à l'équinoxe de Printemps et au solstice d'Hiver, prier Shangdi (l'empereur céleste dont ils ont reçu le mandat céleste pour diriger l'Empire du Milieu).

A l'équinoxe de Printemps, l'empereur en place venait soliciter les faveurs de Shangdi (littéralement : le Seigneur d'en Haut) pour lui accorder sa confiance ainsi que de bonnes récoltes au peuple. Après une nuit passée au Palais de l'Abstinence (Zhaigong), la cérémonie se passait essentiellement au temple de la Prière pour de Bonnes Moissons.

Au solstice d'Hiver, l'empereur venait faire son rapport à Shangdi, comme un membre de l'administration céleste en charge du Terre.  La veille, il quittait la Cité Interdite en compagnie des hauts dignitaires et princes de sang.
Il arrivait enfin au Palais de l'Abstinence, à l'Ouest du complexe du Temple du Ciel, et y passait seul la nuit à se préparer spirituellement.
Le jour venu, il passait d'abord prier au temple de la Voûte Celeste Impériale (Huangqiongyu), puis à l'autel du Ciel il venait informer Shangdi des faits marquants de l'année écoulée. Accompagnant ces rites d'un sacrifice (préparés aux cuisines sacrées à l'Est du complexe), il implorait la clémence de l'empereur céleste.


Ce qu'il ne faut pas rater au Temple du Ciel

Qu'importe par où l'on entre, Nord, Est, Sud ou Ouest, tout est possible. Mais il ne faut pas oublier un élément à voir, chaque avait sa place importante dans la litturgie de la religion impériale.

undefinedPlan du site du Temple du Ciel, © Lonely Planet Guides.

Tiantan2-S.jpgTemple de la Prière pour les Bonnes Moissons :
Si comme moi vous entrez par le Nord alors, après voir payez votre billet, vos pas pour méneront vers le temple de la Prière pour les Bonnes Moissons. Il s'agit de ce célèbre batiment, que nous voyons tous comme icone de Pékin, avec trois toits de tuiles vernissées bleues. Il est le plus haut batiment du complexe et souvent la raison de votre venue en ce lieu!

Il mesure 40 m de haut pour 30m de diamètre et ne comporte aucun clou. Totalement fait de bois, de tuiles vernissées bleue et de kilos de peintures, il est soutenu par 28 colonnes.

Les quatres piliers centraux, nommés "longjingzhou", du haut de leurs 20 mètres, symbolisent les 4 saisons et soutiennent la première et plus haute toiture. Un second cercle de 12 colonnes, soutenant la deuxième toiture, symbolise les 12 mois de l'année, quand aux 12 derniers, ils évoquent les 12 veilles de la journée selon le rythme traditionnel du temps dans la Chine ancienne. Ces 12 veilles faisaient chacune l'équivalent de 2 heures modernes.

Enfin, en son centre, la dalle de marbre veiné est nommée pierre du Dragon et du Phénix, autrement dit de l'Empereur et de l'Impératrice.

undefinedLe Pont aux Marches Vermillon :
Un pont? Où ça? Il n'y a pas de rivière sur le plan!
Non, en fait de pont, il s'agit d'une longue et large chaussée légèrement courbe. Les chinois aimant parler par image, et du fait que cette chaussée relie la salle des bonnes récoltes (autre nom du temple de la Prière pour les Bonnes Moissons) au temple de la Voûte celeste Impériale, elle forme comme un pont au milieu du parc entre les deux éléments architecturaux.

Large de 30m et longue de 440, elle est pavée de briques. Ce n'est pas un monument remarquable si l'on est pas au courant de ce que foulent nos pieds. Par beau temps et hors période de ravalement de façade, c'est l'endroit idéale pour prendre la salle des bonnes récoltes en photo.

undefinedLe mur des échos :
Il s'agit de l'enceinte entourant le temple de la Voûte Céleste Impériale, faite de pierre grise, coiffée de tuiles vernissées bleues, elle forme un cercle de 65 mètres de diamètre.
Si vous voulez tester la véracité de la légende, il faut être deux. Placez vous chacun diamètralement opposé, face au mur. Puis l'un mumure ce qu'il désire aux pierres, l'autre doit l'avoir entendu.
Seulement quand il y a foule, c'est moins évident d'entendre!! :0036:

Le temple de la Voûte Céleste Impériale :

Quelques mètres à peine et il est là...
Loin d'être aussi impréssionant que le son grand frère des Bonnes Moissons, ce pavillon rond était pourtant très important. Il renfermait les tablettes portant les noms de Shangdi, des autres divinités célestes solicitées par l'Empereur lors de ses prières, et surtout les tablettes des ancêtres impériaux.
De part et d'autres de la coure qui fait face au temple, deux pavillons servaient de remises aux instruments sacrificatoires.
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Là deux voies s'offrent à vous, continuer au Sud, je vous propose de voir plutôt à l'Est...

Tiantan5-S.jpgLes cuisines sacrées :

Voila ce qui se place à l'Est, il s'agit des lieux de préparations des sacrifices, puits, batiments et explications en anglais sur la sélection de bêtes, la manière de les purifier puis de les offrir aux Dieux.
L'ouverture de ce lieu est assez récent, j'avoue ne l'avoir visité qu'une fois, avec les pieds gelés et une faim de loup. Pas de chance les cuisines étaient vides!!

En revenant vers le temple de la Voûte Céleste Impériale, on bifurque au Sud. Et là devant vous se dresse un tertre de marbre blanc, non ce n'est pas une piste d'aterrissage pour secoupe volante!

L'Autel du Ciel :
Vaste plateforme, Yuanqiutan est entouré d'une petite enceinte, tout comme les autres tertres des temples impériaux de Pékin (voir l'autel du Dieu du sol dans le Parc Zhongshan). Il s'agit d'un double mur bas, coiffé de tuiles bleues, vous l'avez compris, c'est la couleur du Temple du Ciel!!
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On accède à l'intérieur de l'enclos par 4 portes, percées au 4 points cardinaux. Ici on entre par la porte Nord. L'enclos est carré, comme la Terre selon la tradition chinoise. Mais le tertre au centre est rond, comme le Ciel.
L'autel est constitué de trois terrasses successives, en gradin, aux quelles on accède par des escaliers orientés. Sous la neige et le verglas, le marbre se révèle être une vraie patinoire, mais la vue qu'on obtient depuis ce petit promontoir vaut largement le risque. On domine ainsi la mer de toits bleus du complexe.

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L'autel était un lieu important pour le culte que dirigeait l'Empereur. De ce fait, il a été élevé selon le chiffre impérial, le 9! Selon la tradition chinoise, les chiffres pairs sont Yin, les chiffres impairs sont Yang, et le Yang c'est aussi le Ciel. Hors des chiffres impairs (1, 3, 5, 7 et 9), le 9 est le plus haut. De ce fait il fut réservé à l'empereur et uniquement à ce qui avait valeur impériale. Nul autre ne pouvait utiliser symboliquement ce chiffre.

undefined Par exemple la totalité des balustes de marbre blanc se compte au nombre de 360, aussi un multiple de 9, et symbolise les 360 jours de l'année lunaire.
On peut aussi remarqué que le dernier étage du tertre est constitué de 9 cercles concentriques, autour de la dalle centrale. Le premier compte 9 pavés, le suivant 18 et ainsi de suite en multiples de 9.

Si l'on se place sur la dalle centrale, légèrement  concave, que l'on s'accroupit et parle normalement, le son sera amplifié. En effet, les architectes chinois maîtres en leur domaine avaient tout prévu pour que les officiants entendent les paroles de l'Empereur agenouillé sur l'autel, le cercle de balustres font office de caisse de résonance.

En redescendant de l'autel, ne manquez pas les immenses braseros de bronze dans l'angle Sud-Est de l'enclos. Ils servaient aux sacrifices...


Mais attention, si vous entrez par le nord, n'oubliez pas de ne pas sortir sans avoir été au kiosque de la longévité.
Il s'agit d'un pavillon double de forme circulaire. Il est exceptionnel car unique en Chine.
Les chinois traditionnellement aiment ce qui est en double. Pour le chinois, ce qui est bon va par paire. Alors il existe deux pavillons doubles dans le parc. Ils sont proches l'un de l'autre et se trouvent dans le Nord-Ouest du Parc. Le plus simple est de se diriger vers la porte Ouest puis de remonter une petite allée longeant l'enceinte du jardin. Au bout vous déboucherez sur une merveille!

temple-du-ciel-17ptS.jpg Temple-du-ciel-18ptS.jpg



Tiantan.gifInformations complémentaires :

Nom du site en chinois : Tiantan Gongyuan (parc de Tiantan) 天坛公元.
Nom du site en français/anglais : Temple du Ciel/Temple of Heaven
Adresse : Tiantan donglu, Chongwen district.
Horraires d'ouverture du parc : 6h - 21h
Horraire d'ouverture du temple : 8h-18h
Prix d'entrée du parc : 10 Yuan (5 Yuan pour les étudiants)
Prix d'entrée au temple : 20 à 35 Yuan selon la saison.

Comment s'y rendre :

En métro : station Chongwenmen + bus 120 (ou continuer à pied)
En bus : la ligne 106 vous laisse à la porte Nord, les lignes 120 et 203 à la porte Ouest.

Conseils :
La bonne période : l'hiver ou l'automne.
Période déconseillée : le week end et les vacances nationales, les pékinois envahissent le parc. C'est une bonne découverte pour l'occidental curieux, moins agréable pour le touriste qui vient là pour faire de belles photos.


Bonne visite et Have Fun!!

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