
Dans la famille très vaste des
Shojo manga, ces manga destinées plus souvent à un public féminin et assez jeune (bien que les garçons ne se détournent pas tous de ce type d'oeuvre en Asie comme en Europe...), il existe de nombreuses sous-familles.
Basara, par l'histoire d'amour qu'elle raconte, dépend bien du
Shojo manga, mais par la trame de fond épique qu'elle nous narre aussi s'inspire énormément des manga plus adultes à base historique qu'on trouve au Japon.
Alors,
Basara serait un shojo manga historique? Et bien... non! Pas vraiment encore, même si la grande partie de l'histoire nous relate les batailles de la conquête pour un Japon libre. Le gros soucis, c'est que l'histoire se passe... dans le futur!!
Dons cette fois,
Basara peut aussi entrer dans la catégorie "
post-apocalyptique" qu'aiment tant les auteurs japonais. Mais le seul point commun avec
Akira ou
Gunm est que Basara nous emmène dans un monde dévasté, car loin des robots et de la technologie nous plongeons dans un Japon retourné à l'âge des samourais et progressivement envahit par le désert galopant.
Résumé de l'histoire : XXXIII eme siècle, Japon.
Sarasa vit dans un petit village nommé Byakko, en plein désert. Son grand soucis est qu'elle aimerait voir la verdure, la mer et qu'elle se trouve toujours dans l'ombre de son frère jumeau. Amer, envieuse, elle n'est pour son malheur qu'une fille, un paquet surprise offert à ses parents avec la naissance de Tatara, celui qu'on a désigné comme l'enfant élu qui changera ce monde injuste dans lequel ils vivent.
Car la triste réalité n'est pas seulement ce désert au sable envahissant, c'est aussi le royaume du Japon qui maltraite son peuple à la gloire d'une famille royale sur le déclin. Byakko est situé au Sud de l'ile de Honshu et sous la direction du roi rouge, dernier fils du souverain suprême qui règne à Kyoto. Mais le roi rouge ne vaut pas mieux que son père. Enfant tyranique, il laisse planer une odeur de sang et de cendre derrière les pas de son armée toute vêtue de rouge.
Lors qu'un jour le général du roi rouge assassine l'enfant élu, le petit monde de Sarasa l'aigrie s'éffondre. Pour se venger, Sarasa reprend le nom de son frère et se fait passer pour lui, prétextant que celui qui a été assassiné n'était qu'une doublure, la soeur du héros. Mais alors que la légende de l'inssaisissable Tatara nait, Sarasa tombe sous le charme déroutant du mystérieux Shuri, étrange personnage charismatique qu'elle ne rencontre que dans les sources chaudes qui jalonnent son périple à travers le Japon. Qui est donc Shuri? Basara développe une incroyable histoire sur 27 tomes, rondement menée par un scénario en béton. Le seul soucis que l'on peut percevoir pour
Basara est le style graphique de son auteur
Yumi Tamura. Effectivement, dès le premier tome, on peut facilement voir que
Tamura sama n'était pas la plus douée des mangaka. Seulement, en 27 tomes, sa main devient plus sûre et si on peut critiquer le style, le fond reste si passionnant, si bien construit, si bien mené, avec mystères, rouages politiques et diplomatiques se mellant aux malheurs de Sarasa, qu'on ne peut qu'oublié le dessin malheureux. Dans l'ensemble
Yumi Tamura n'est pas si peu douée, je dirais surtout que le dessin des pages est parfois, et même souvent, baclé, les couvertures se trouvant être bien plus belles. Mais il y a derrière les bulles et les intrigues une preuve de ses recherches et documentations pour l'écriture de ce scénario qui renversent tout et font de
Basara une oeuvre à ne pas oublier, à ne pas louper et à savourer!!

Comme beaucoup de manga ou de romans au Japon,
Basara est porteur d'un message. Mais si certains shonen manga (manga pour public masculin) ou seinen (jeune adulte) développe plus un message en faveur de l'honneur, de l'amour fraternel, de la justice...
Basara ici développe un message assez révolutionnaire dans un monde comme le Japon traditionnel qui subsiste encore de nos jours.
Basara est en effet un manga féministe.
Pas étonnant me direz-vous pour un manga pour fille. Mais justement, détrompez-vous, beaucoup de manga montrent des jeunes filles sages, dévouées, soumises, travailleuses, même si parfois un peu rêveuses, rencontrant l'amour fou de leur vie... (les héroines de
Shinjo Mayu)
Sarasa n'est pas sage, toute petite déjà elle rêve de voir ce qu'il y a derrière le désert et s'enfuit du village pour voir la mer. Sarasa n'est pas soumise, elle prend les armes et va provoquer le soulèvement de tout le Japon contre les derniers membres de la famille royale. Sarasa n'est pas parfaite non plus, douée en stratégie, elle est surtout un peu trop gentille et laisse sans mal ces ennemis infiltrer le cercle vaste de ses amis. Elle ne fait pas totalement confiance, puis qu'elle cache sa féminité, préférant garder l'apparence de son frère défunt devant tout le monde et partager son secret avec quelques rares personnes.
Mais c'est dans ce personnage que tout se trouve!! Dans un Japon moderne où les femmes mariées sont souvent obligées d'arrêter de travailler après la naissance de leur premier enfant (en 2000 seulement 40% des femmes étaient actives),
Basara et le destin de Sarasa sont comme un slogan révolutionnaire pronnant à la liberté de penser de chacun et surtout de chacune. Dans un pays ou pour exister en tant que femme il faut être soumise, Sarasa montre la voie contraire. Ce manga dirigé à un public jeune est une ode à la femme japonaise du futur, un chant d'espoir et un exemple à suivre...
Sans oublié les autres messages, habituels des manga, comme l'amitié, l'amour et la démoratie,
Basara est un manga révolutionnaire parlant des aventures d'une jeune femme révolté dans un pays à feu et à sang. Une fresque nous faisant aussi découvrir l'archipel nippon du nord au sud en passant par le centre. Un chef d'oeuvre à ne pas louper!!
Carte d'identité du manga :
Titre : Basara Auteur : Yumi Tamura Editeur japonais : Shogakukan
Editeur français : Kana Années de publication : 1990-1998
Publication française : 2001-2006
Nombre de tomes : 27 (série terminée au Japon et en France)
Prix indicatif : 5,25€
Pour votre information il existe aussi une mini-série animée tirée du manga, "
La Légende de Basara", réalisée en 1998 sur treize épisodes.
Je tiens à préciser que les images présentes sur cet article sont la propriété exclusive de leur auteur, Yumi Tamura, de ses ayants droits, Shogakukan et Kana, et sont présentes dans cet article à titre de présentation et d'illustration de l'oeuvre de madame Tamura. Je n'en possède en rien les droits et vous remercie de ne pas les copier. Bonne lecture et Have Fun!