Il y a un an, à l'occasion de la journée Internationale de la Femme, je vous avais déjà parlé très birèvement de ce roman, petit joyaux rendu immortel à l'écran par la caméra de Zhang Yimou et le jeu de Gong Li.
Il s'agit bien entendu d'"
Epouses et Concubines".
Résumé de l'éditeur :
Songlian a dix-neuf ans, elle est étudiante, elle est belle... Mais la ruine de sa famille l'oblige à devenir la quatrième épouse du riche Chen Zuoqian. Dans le huis clos de sa nouvelle vie, elle va découvrir la seule loi qui compte : celle de la séduction. Car la favorite de la nuit est la maîtresse de la maison. Jalousie, possession, haine, pouvoir : quatre femmes se livrent une lutte à mort pour le plaisir du maître, dans la Chine des années 20 encore féodale, incroyablement archaïque... Mon résumé :
Songlian, jeune étudiante, voit sa vie changer le jour où pour complaire à sa famille, elle est obligée d'épouser le riche et vieux Chen Zuoqian. La pauvreté de sa position ne lui vaut alors que la place de 4ème épouse dans cette Chine d'un autre temps, encore si traditionnaliste. Et son nouveau quotidien ne devient que survivre dans un monde ou les femmes se battent pour règner sur la couche d'un seul homme.
La supprématie de la mère d'un fils, l'importance de la favorite des sens, la place inaltérable de la première épouse, tout cela présente la Chine d'avant le premier octobre 1949 sous l'oeil pur et pourtant tout la pudeur chinoise de Su Tong.
Court, on ne peut dire autrement des 125 pages que comporte ce petit livre. Mais comme on le sait tous, les meilleures choses sont les plus courtes. Comme tous les textes de Su Tong, l'histoire est sobre, parfaitement décrite dans son cadre historique respecté et le style facile de compréhension.
Seulement, derrière le masque de la sobriété, de la sincérité, tout chinois ne dit jamais totalement tout et le reste est laissé au lecteur, à sa culture personnelle, sa curiosité, son imagination... Les descriptions ne forment des pages d'une longueur étouffante, absence aussi de toute métaphore philosophique. Su Tong c'est le peuple chinois dans sa nudité qui l'interesse, mais reste toujours le fard de la pudeur.
Ce livre se parcours comme une nouvelle, d'une traite, sans hésitation, à peine le temps pour une tasse de thé. Tout bon lecteur l'aura lu en une journée. Intrigué par la vie de Songlian, qui découvre en même temps que nous son nouveau milieu, le lecteur aura plaisir a retrouver la culture chinoise qu'il a certainement déjà découvert en ses pages ^__- .
Aussi simple soit-il à lire, il laisse pour autant une marque indélibile, une trace qui ne peut que faire méditer sur la place de la femme dans notre monde, la place qu'elle a eu, celle qu'elle a aujourd'hui, et celle de demain. Ce n'est pas un roman engagé, c'est un descriptif de ce qui fut, et peut-être de ce qui reste parfois...
L'auteur : Su Tong(
苏童), de son vrai nom Tong Zhonggui (童中贵), est un auteur chinois né en 1963 à Suzhou (Jiangsu, Nord-Ouest de Shanghai). Après des études littéraires à l'Ecole Normale de Pékin, il devient journaliste. Aujourd'hui il est rédacteur pour la revue Zhongshan et basé à Nanjing (Nankin, Sud de Shanghai).
Il est célèbre pour ces romans et récits, mettant souvent des héroïnes au centre d'un sujet historique, entre autre "
Epouses et Concubines", "
Visages Fardés", "
Riz", "
Fantômes de papier", "
La maison des Pavots" ou "
Je suis l'empereur de Chine".
Carte d'Identité du Livre : Titre original :
Qiqie Chengqun Titre français :
Epouses et Concubines Auteur : Su Tong
Traductrices : Annie Au Yeung et Françoise Lemoine
Editeur : Flammarion
Année d'édition en Chine : 1990
Année de traduction en France : 1992
Dernière publication : 2004
Nombre de pages : 125
Prix indicatif : 15€ en grand format (existe en poche)
Bonne lecture et Have Fun!