Si l'art du "
bonzai" vient d'Asie, pas seulement du Japon, mais aussi cultivé et admiré en Chine, en Corée, au Vietnam, c'est parce qu'il y évoque tout un symbole.
Le jardin chinois, par extension le jardin japonais (zen ou pas!), coréen voir vietnamien, se doit de représenter par essence même la pureté de la Nature Parfaite. C'est une idéalisation du Macrocosme (l'Univer en grand) dans sa forme réduite, un microcosme.
Ce qui fait que les professeurs d'Histoire de l'art et d'Archéologie ont fait de cette phrase, "
un microcosme dans le macrocosme", leur lievmotif à propos de l'art chinois. Ceci était un clin d'oeil virtuel à mes camarades de banc d'université!
Par extension, quand les chinois se sont mis à peindre la nature, la peinture du paysage, shanshui (montagne et eau), se devait de prendre les même caractéristiques.
Et à ce propos, l'idée même de la reproduction de la Nature Idéale dans un format plus petit, qu'importe ça taille, a été repris dans un ouvrage légendaire en Chine, et de par le monde pour tout passionné de peinture chinoise : le
Jieziyuan Huapu (
芥子園畫譜), ou "
les enseignements de la Peinture du Jardin grand comme un grain de moutarde". Pour ceux qui seraient interessés, le livre, traduit en français par Paphael Petrucci, est publié en France et au Quebec par les éditions
You Feng.
Inventé en Chine, sous la dynastie Han (aux alentours du début de notre ère donc) sous le nom de
penjing (
盆景), ou paysage en coupe, le
bonzai a depuis lors souvent dépassé le petit pot dans lequel nous l'imaginons, nous pauvres européens au regard limité au restaurant chinois du quartier et aux pseudo-bonzai vendus par la jardinerie la plus proche.
Ce que nous appelons souvent bonzai, se devrait être nommé "
penzai", du mot chinois d'origine. Car si l'art de l'arbre miniature fut connu au pays du soleil levant dès l'époque Heian (794-1191), que l'on pense que des l'an 800 les moines bouddhistes venus de Corée (royame de Sylla) et de Chine l'avaient emportés dans leurs bagages, il faut pour autant attendre le 17eme siècle pour cela devienne un art apprécié au Japon.
C'est effectivement avec la chute de l'empire Ming (1644), qu'un des ministres de l'empereur pris la fuite. Il ne partit pas seul, emportant avec lui son impressionnante collection de "
penzai".
Pour autant, la reconnaissance arrivant toujours bien tardivement, ce n'est que depuis 1934 que le "
bonzai"(prononciation japonaise des caractères chinois
盆栽 penzai) est un art à part entière au Japon...
Arbre de la cour du Temple de Confucius, Pékin.
Planté sous la dynastie Yuan, au 14eme siècle!
Si le
penzai (
盆栽) se doit d'être en pot, la nature n'offre pas moins parfois, avec l'aide des hommes, des formes surprenantes aux plantes... Et les chinois se plaisent à nommer "
penzai" tout arbre assez âgé et torturé, limité dans sa taille par un milieu naturel incommode à son développement.
Source de l'historique du "penzai" : Wikipédia Have Fun!!