Ce soir, par cette douce chaleur d'été qui nous entour enfin, je vous offre un énième poème de Li Bai, grand poète chinois des Tang.
Mais ce n'est pas n'importe quel poème que voila, celui-ci est destiné à un autre poète, contemporain et ami de maître Li : Meng Hao-ran. Et oui, par un étrange hasard, il semble que la poésie Tang me séduise plus que tout autre, mais qu'en plus les auteurs que j'apprécie aient été amis de leur temps... Il faut croire que leur âme autant que leur pinceau étaient de connivences!
Voici sans tarder la version originale :
黃鶴樓送孟浩然之廣陵
故人西辭黃鶴樓,
煙花三月下揚州。
孤帆遠影碧山盡,
唯見長江天際流。
Le pinyin :
huang he lou song meng hao ran zhi guang ling
gu ren xi ci huang he lou
yan hua san yue xia yangzhou
gu fan yuan ying bi kong jin
wei jian chang jiang tian ji liu.
Une première traduction par Tchang Fou-jouei (éditions Gallimard,
Anthologie de la poésie chinoise classique sous la direction de Paul Demiéville) :
Viel ami, me laissant à l'Ouest, au Pavillon de la Grue Jaune,
Dans les fleurs vaporeuses d'Avril, vous descendez à Yangzhou.
La voile solitaire, lointaine silhouette, se perd dans l'espace azuré,
Je ne vois plus que le Grand Fleuve qui coule à la rencontre du ciel.
Et comme ce poème séduisit un autre poète, Paul Claudel, je vous propose sa traduction poétique :
Mon ami s'en est allé sur sa barque et la distance entre moi et lui ne cesse de s'élargir, Dans le léger brouillard sur l'eau mêlé de fleurs il s'est évanoui. La voile peu à peu s'éteind à l'horizon blanc sur blanc, Il n'y a plus que le fleuve vers le ciel qui s'allonge indéfiniment.
Have Fun et bon 14 juillet! ^___^