Aujourd'hui, je vous propose un petit tour en montagne et en poésie...
Des montagnes, la Chine en est pleine! Certaines sont célèbres, d'autres moins... Certaines sont arpentées chaque année par des milliers de touristes (dont surtout des chinois!!) et d'autres oubliées...
C'est un peu le cas des Long Shan, les collines du Dragon, que je ne saurais placer avec exactitude tellement il m'a été presque impossible de les trouver sur internet sur des sites francophones ou anglophones...
Une chose est certaine, ce ne sont pas les Longshan de Taiwan, ni de Hong Kong ou du Jilin (au Nord de la Corée) dont je veux vous parler, mais celles qui se situeraient vers le Shaanxi ou le Shanxi, voir le Gansu...
Pendant longtemps, ces montagnes ont été considérées comme se trouvant aux confins de l'Empire chinois... Ce que chez nous, nous aurions appeler les Marches!
Célèbres chez certains poètes pour leur beauté et en particulier pour un fleuve qui serpente là et dont le son très étrange évoque une voix humaine...
Le Poème qui suit est uniquement en français, dans la version traduite par le collège de traducteurs réunis par Demieville, pour les éditions Gallimard. Il date du 18eme siècle, sous la dernière dynastie au pouvoir : les Qing et son auteur m'est inconnu... Un certain Tcheou Long-tsao
Je ne connais en pinyin que son titre : "
Long shan shui"
Le titre français est : Les eaux du Long t'eou (certainement "Longtou", la tête du dragon, la gueule du dragon...)
Au loin, sur les flancs du Long-t’eou, s’allongent neuf lacets
Je hâte ma voiture et m’apprête à passer, le cœur noyé de rêves.
Soudain j’entends des eaux qui pleurent, à côté du chemin ;
On prétend que ces eaux murmures des adieux.
Ce sont des flots de sang, jaillis des yeux des voyageurs,
Et pour l’éternité chargés de leurs sanglots,
D’un bruit de sanglots
Qui coulent sans cesse
D’un bruit de poulies
Qui tournent sans fin.
Lorsque sonne à minuit le pipeau frissonnant,
Que de partout le vent des frontières se lève,
Nulle tristesse n’est plus triste
Que les eaux du Long-t’eou.
Petites précisions que j'ai oublié dans ma précipitation ce midi :
Le pipeau, dont parle l'auteur, est un instrument "barbare" fait une feuille de roseau roulée et utilisé par les peuples "non-Han", ces barbares des frontières nord et ouest de l'Empire chinois d'alors, les peuples des steppes. Il est célèbre chez les chinois pour la tristesse de sa mélodie... il est ici donc comparé au son triste de cette cascade.
Je fais aussi un appel, à mes visiteurs sinisants, si vous connaissez l'auteur, son nom en chinois (en caractères!, en pinyin...), que vous avez sous la main la version originale en chinois de ce poème... s'il vous plait, envoyez la moi!!! T___T
Have Fun tout de même ^__-