
Pékin, si vous l'imaginez comme une vaste et immense ville à perte de vue, vous n'avez pas tord mais pas totalement raison non plus.
Pékin, Beijing pour être exacte, est un vaste territoire autonome d'une surface approximativement équivalente à la Belgique. Sur ce vaste territoire, on trouve la ville elle-même, capitale qui n'en finit de grossir et s'étendre. Puis il y a des villes proches, des villages, des lieux dit, des montagnes, des vallées, des sites magnifiques, d'autres largement polués, des centrales électriques, des mines de charbon, des usines... Pékin est comme un énorme iceberg dont souvent les touristes ne voyent que le sommet, la ville!
Pourtant, bien au delà du 7eme périphérique, Pékin est aussi la nature. On trouve de très nombreux parcs, comme celui des Xiangshan à moins de deux heures de bus du centre ville, puis des temples perdus en montagne, si l'on continue encore plus loin, quelques passes de la muraille de Chine, et même une forêt de stupas!!
Dans le district de Changping, au nord-ouest de la ville, on trouve le magnifique site naturel de Yinshan. Yinshan, en chinois 银山, signifie montagne d'argent! Mais ici l'argent prend la teinte des arbres tellement le vert domine. Loin des collines arrides de Badaling (passe de la muraille de Chine), la nature s'est instituée maîtresse des lieux.
Pourtant, à proximité du village de Haizi, à 30 kilomètres de Changping même, on croise un site construit par l'homme au milieu de cet écrin de verdure : une forêt de stupas. C'est ainsi que les chinois nomment ces regroupement de petites pagodes funéraires, souvent faites de pierre ou de briques. Elles sont seulement 7, vieilles de plus de 800 ans, mais leur majesté rayonne dans cette vallée éloignée des bruits de circulation de la grande ville.

Cinq d'entre elles, celles de la photo ci-dessus, sont datées de l'époque de la dynastie des Liao (907 - 1125) et des Kin (ou Jin postérieur : 1115 - 1234).
Comme les pagodes
Tianning et
Cishou de Pékin, elles sont de type multi-avant-toits, avec un énorme sous-bassement "Suméru" (chaque sous-bassement porte les restes de magnifiques sculptures aujourd'hui disparues), construites en briques, tuiles et bois. Comme la plus part des pagodes d'époque Liao, elles sont fermées et scellées.
Les cinq pagodes mesurent entre 20 et 30 mètres de haut et se trouvent aujourd'hui à l'emplacement d'un vieux temple, le temple Yanshou (aussi nommé Fahua), construit en 1125. Les pagodes sont les monuments funéraires de moines célèbres du temple et renferment en leur centre les cendres des défunts.

Les récits d'époque Liao racontent que la région de Yinshan était riche de monastères et en aurait abrité jusqu'à 72. La réputation de Yinshan continua quelques siècles, jusqu'à la dynastie Yuan (1271 - 1368) période à laquelle deux nouvelles pagodes furent édifiées.
Différentes et plus petites que les précédentes, elles se situent au nord du site, abritées par le versant sud de la montagne. La première de ces 2 pagodes a été réalisée dans le style à avant-toits rapporchés, sur une console de briques sculptées, avec une base suméru totalement concave. Cela donne un ensemble agréable et sobre se rapprochant des stupas tibétains. La seconde lui ressemble en jouant sur le style dit du "bol renversé", avec une originale association d'avant-toits rapprochés. Ce sont les deux toutes petites padodes situées à droite de la photo ci-dessus, celles du fond.
L'ensemble de cette forêt est d'un style très différente d'une autre bien plus célèbre, la forêt de stuppa du temple Shaolin à Dengfeng (au Henan), mais n'est pas moins importantes pour les historiens et d'autant plus étrange aux visiteurs car elle se situe à l'écart de tout temple aujourd'hui, à seulement deux heures de route du centre de Pékin.


Pour vos yeux, voici encore quelques détails :
A gauche :
L'entassement des multi-avant-toits en bois et tuiles d'une des cinq pagodes d'époque Liao-Kin.
A droite :
Les scultures délicates d'une fausse ouverture (celle de la porte Sud) d'une des cinq pagodes Liao-Kin.
Have Fun!!