Ce soir, l'heure faisant peut-être, je me décide à ouvrir cette catégorie dédiée à la poésie classique chinoise.
Pour commencer, je vous propose un vieux poème de la dynastie Han, plus exactement du règne de l'empereur Wu des Han (140-87 avant JC), de
Li Yannian, musicien à la cour et frère de la favorite de l'empereur. Ces quelques vers sont dédiés à sa soeur, célèbre dans la Chine entière pour sa légendaire beauté, nommée
Qingcheng.
Ces vers ont été bien entendus mis en musique déjà à l'époque de leur écriture, la chanson est connue en Chine mais aussi de part le monde grace à un film qui l'a rendue immortelle, chantée par Zhang Ziyi :
le Secret des Poignards Volants.
Je vous laisse savourer les paroles...
Pinyin :
Beifang you jiaren
Jueshi er duli
Yigu qing ren cheng
Zaigu qing ren guo
Ning bu zhi qingcheng yu qingguo
Jiaren nan zai de
Chinois :
北方有家人
绝世而独立
一顾倾人城
再顾倾人国
宁不知倾城与倾国
佳人难再得.
Traduction française sous la direction de Paul Demiéville (Gallimard, Anthologie de la poésie chinoise classique) :
Au nord il est une belle si belle
Que nulle ne reste belle près d'elle.
D'un regard elle jette les remparts à terre,
D'un second regard le royaume est abattu.
Qui ne sait que, les murs et le royaume à terre,
La belle à nouveau sera fière?
Accessoirement, Chen Kaige, le réalisateur d'"Adieu ma Concubine", a récemment réalisé "Wu Ji, la légende des cavaliers du vents" ("The promise", en anglais)dont l'un des personnages principaux se trouve être la jeune et belle Qingcheng. Pour les chinois, l'histoire de Qingcheng est l'équivalant de celle de notre Cendrillon en occident.